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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

  • AR.NO.SI
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

26 juillet 2025 6 26 /07 /juillet /2025 02:53

Au moins, je n’ai pas à me demander si je la mets au milieu ou sur le côté, la raie. Une question de moins.

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25 juillet 2025 5 25 /07 /juillet /2025 03:54

Imitant ceux qui ferment les yeux et pointent leur doigt sur une carte pour savoir où ils iront, je ferme les miens et tape sur mon clavier pour trouver un début de phrase : “kozf;;q kez jl”.

Bon, finalement, je vais fermer les yeux et faire une sieste.

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24 juillet 2025 4 24 /07 /juillet /2025 03:17

« … Dexter but d’un trait son whisky, posa la lettre sur le bureau, ouvrit la fenêtre et sauta. Au même moment, à l’autre bout du pays, Douglas… »

Toc, toc, toc.

Tiens, c’est curieux, quelqu’un frappe à la vitre, dis-je à haute voix !

« Non, non, c’est derrière l’écran ».

Mais, j’entends des voix ou quoi ?

« C’est moi, c’est Dexter, je suis derrière l’écran de l’ordinateur »

Non, mais qu’est-ce qui se passe, je suis en train de délirer. C’est mon personnage qui boit et c’est moi qui suis soûl.

« Tu n’es pas soûl. Je suis bien là. Je sais que ça ne se fait pas, mais voilà, j’aimerais bien, avec ton accord bien sûr, ne pas me suicider. Alors si tu pouvais… »

N’importe quoi ! Et la liberté d’expression ! Zut, comment s’appelle ce logiciel qui nettoie l'intérieur des écrans déjà, Screenglass, Cleanscreen, Netglass… ?

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23 juillet 2025 3 23 /07 /juillet /2025 08:50

Les téléphones portables grandissent ; les poches arrière des jeans rétrécissent. Pendant ce temps, je surveille mon poids, il est plutôt stable.

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22 juillet 2025 2 22 /07 /juillet /2025 02:07

– Allo ? Salut, c’est Nov.

– Eh ! Salut mon chou, cria Olga. Quelle surprise ! Tu es déjà en Serbie…

– Je t’entends très mal. Non, pas encore, on arrive demain à Paris. Regarde, c’est la Seine…

– Ah, encore en vélo. Parle plus fort ! Attends, je m’écarte.

– Dis donc Olga, c’est quoi tout ce raffut autour de toi ? Vous fêtez quelque chose ?

– Et voilà, évidemment vous n’êtes pas au courant. On est quatre cent mille à manifester dans la rue et vous n’êtes pas au courant. Huit mois de manifestations contre Vucic et ça ne vous intéresse pas. Ici, on se bat pour la liberté et chez vous, personne n’en parle, personne n’est au courant.

– Zut ! Désolé Olga, je n’ai pas suivi et c’est vrai que les journaux en parlent peu.

– On verra ça en détail quand tu seras là. On a réussi à faire tomber le Premier ministre mi-avril, maintenant on veut que Vucic organise des élections. Et si d’ailleurs, il veut partir, c'est OK pour nous. Regarde, tu arrives à lire ce qui est écrit sur les banderoles ?

– Non.

– “Korupcija ubija”, ça veut dire “la corruption tue”. Référence au drame de Novi Sad, tu te souviens, 1er novembre 2024, l’effondrement de l’auvent de la gare qui venait d’être inaugurée. Seize jeunes tués par l’incompétence, la négligence et la malhonnêteté qui minent ce pays depuis trop longtemps. Tu te rends compte que Vucic était déjà ministre de Milosevic. Et ton Macron, qu’est-ce qu’il fait, hein, dis-moi un peu ? Eh bien, il fait du business avec Vucic. C’est insupportable. Et tu entends ce que la foule crie ?

– Non.

– “Pumpaj”, ça veut dire “pompez!” C’est un mot qui vient de la musique techno, à l’origine, et qui signifie “fais chauffer, mets de l’ambiance, balance les basses”. On a repris le mot mais le sens a changé, ça veut dire plusieurs choses. D’abord que le gouvernement nous pompe, il pompe le peuple, il pompe son argent et son énergie. Ça veut dire aussi que le gouvernement gonfle les statistiques et bourre les urnes, il nous entube ; il annonce une augmentation du PBI et en même une augmentation de l’inflation. Il nous prend pour des demeurés.

– Et le dessin rouge sur les banderoles, ça a un sens ?

– Oui c’est une main ensanglantée, tu comprends pourquoi. Mais on est trop gentils. À ces voyous qui pillent et qui tuent, on répond par des marches pacifiques et des coups de sifflet. Ils bradent le pays et ses ressources naturelles et nous, on leur demande poliment d’organiser des élections. Il nous pompe avec leur propagande et nous, on ne sait que leur casser les oreilles avec nos sifflets. Je te le dis, il faudrait changer de méthode. On est trop gentils. Autre chose, regarde bien, qu’est-ce que tu vois d’autre ?

– Beaucoup de gens…

– Non. Regarde les drapeaux. Qu’est-ce que tu vois ?

– Je vois des drapeaux serbes. Il y en a sûrement d’autres, mais il faudrait que tu zoomes, c’est tout ce que je vois.

– Regarde mieux. Est-ce que tu vois des drapeaux français ?

– Non.

– Et Européen ?

– Non, je ne les vois pas.

– Regarde bien. Toujours rien ? Eh bien c’est normal, parce qu’il n’y en a pas. Dis-lui à ton Macron, qu’on ne veut plus de Vucic et de sa clique de vieux fachos, mais on ne veut pas non plus de lui et de ses Rafale. Vous vous imaginez qu’on a remplacé l’American dream par le French dream ou l’European dream… Pas du tout, on veut d’abord être Serbe, librement Serbe. Après, on verra. Tu comprends que je ne parle pas des Français ou des Italiens ou des Allemands, je parle de Macron et d’Ursula.

– Je comprends et je suis d’accord. Je serai à Belgrade dans une dizaine de jours, j’aimerais bien aller manifester avec toi. Remarque, peut-être que Vucic sera tombé…

– Si seulement ! Malheureusement, il a encore de solides appuis. Bon OK pour les manifs. Et encore désolée, c’est toi qui as pris, comme d’habitude, mais tu me connais. Allez, je t’entends de plus en plus mal, je suis tellement contente de te revoir. Peut-être que je monterai à Zagreb pour faire un peu de route avec toi. Tiens-moi au courant. Allez, salut beau Mexicain !

– Salut Olga, à bientôt, et Pumpaj ! Pumpaj ! Pumpaj !

*****

– Bon les filles, voilà ma proposition, dit Manon. Comme on est partis tard de Poses ce matin et qu’on a traîné à Vernon à midi, je propose que l’on continue jusqu’à Mantes-la-Jolie sans s’arrêter. C’est dommage pour les Nymphéas de Monet, mais on n’a pas réservé, en plus, moi j’ai déjà visité le jardin trois fois et notre vélo-balai est accroché à son téléphone. Qu’est-ce que vous en pensez ?

– Écoute, rigola Magali, moi j’ai bien transpiré à essayer de te suivre alors, niveau effluve, je risque de ne pas être raccord avec les capucines et les pivoines, donc OK pour continuer directement jusqu’à Mantes. Qu’est-ce que tu en dis Laurence ?

– Je vous suis. En revanche, demain, j’aimerais bien prendre un peu de temps pour faire un tour au musée de la Batellerie à Conflans.

– Bien sûr. Tu as raison de te documenter, on ne sait jamais, tu te reconvertiras peut-être en pilote de bac sur tes vieux jours.

– Tu rigoles Magali, mais remonter la Seine jusqu’à Rouen, ce n’est pas donné à tout le monde, entre les marées et le trafic, on est loin de la promenade en pédalo.

*****

– Allo ? Dad, tu m’entends bien ?

– Oui, oui, bonjour mon chéri. Content d'avoir de tes nouvelles. Ton périple se passe bien ?

– Ça va, j’ai eu un peu le mal de terre, les premiers kilomètres, ça va mieux maintenant. Comme tu vois, c’est tranquille en vélo électrique. Pendant que les filles pédalent, moi je téléphone. C’est incroyable toutes ces rencontres que je fais. Je t’ai déjà parlé de Moby, Sam et Olga, maintenant, je suis avec trois femmes. Il y a Manon, qui est une scientifique, Laurence, qui est la mécanicienne du porte-conteneur et Magali… qui est Magali !

– Je suis content pour toi, ce voyage, tu ne l’oublieras jamais. À mon avis, ça vaut les meilleures écoles de commerce. Quel est ton programme ? Demain je serai à Paris, je passe la journée au ministère et ensuite je file à Genève où je resterai une semaine, mais ça risque d’être intense, je n’aurai pas beaucoup de temps pour flâner. Ensuite, direction Ljubljana où ce sera plus tranquille.

– OK, c’est noté. Je pense qu’on se retrouvera en Slovénie. Là on a passé Vernon, ça veut dire qu’on sera à Paris demain soir. Ensuite, je vais rejoindre Ljubljana par l’Italie, je n’ai pas très envie de passer une semaine tout seul en Suisse.

– Oui, je comprends. Je suis votre périple grâce au traceur de Sam, c’est très commode. Tu as raison, pour l’Italie. Peut-être que je viendrai te rejoindre à Trieste. Après, si j’ai bien compris, tu rejoins la Turquie en passant par la Serbie. Tu as vu que c’est tendu en ce moment à Belgrade ?

– Oui, Olga m’en a parlé. Qu’est-ce que tu penses de la situation ? Est-ce que tu crois que Vucic va tomber ?

– Tu sais, tout est toujours possible, personne n’imaginait la chute de Bachar aussi rapidement et sans résistance et à l’inverse, beaucoup pensait que Khamenei allait tomber. La géopolitique n’est pas une science exacte, en plus, beaucoup de choses nous échappent. Pour la Serbie, tu as compris aussi que le régime actuel est un gage de stabilité dans la région pour l’Europe, c’est une région tellement instable. La situation est compliquée et je ne te cache pas qu’il y a débat au ministère, et en Europe aussi d’ailleurs. C’est évident que personne ne veut d’un nouveau front et certains considèrent le régime serbe comme une “stabilocratie”. De l’autre côté – et je dois avouer que c’est mon avis – on fait remarquer qu’à une époque où les virages populistes se multiplient, une époque où les valeurs réactionnaires s’affichent sans complexe, il faudrait soutenir toutes les demandes de justice et de progrès social, mais soutien et ingérence sont proches. Bref, c’est compliqué, il y a un entrelacs d’alliances économiques et de proximité idéologique pas toujours facile à démêler.

– De là où je suis, je vois surtout beaucoup d’opportunisme. Et en France, quel clan parle le plus fort ?

– Pour le moment, c’est l’Élysée, et ils soutiennent Vucic, mais les lignes sont en train de bouger. Malheureusement, je ne vois pas la situation aller dans le bon sens dans un avenir proche. J’espère me tromper. Il faudra que tu sois prudent quand même, essaie de te tenir à l’écart des manifestations. On aura l’occasion d’en reparler.

– C’est drôle ce mot stabilocratie. J’imagine plutôt un pays dont on a surligné le nom en fluo sur la carte et qu’on surveille de près et pourtant, personne n’en parle. Soit on ignore la situation, soit on fait semblant de ne pas savoir. C’est comme les femmes en Iran ou les Ouïghours. Je trouve que notre époque manque de Robin des Bois et de Zorro.

– Je suis d’accord avec toi, à la nuance près que les Robin des Bois n’existent que dans les livres et les films.

– Quel dommage. OK, Dad. Je te rappellerai d’Italie. Kissou…

*****

– Et voilà. Mantes-la-Jolie et sa collégiale. J’ai réservé à l’hôtel du Val de Seine, on n’a même pas besoin de quitter la voie de Berge. Et demain, on dort à Paris. Ouh là, ça va Magali ? Tu en fais une tête.

– Ça va, c’est juste que je suis une vraie conne, ça se confirme.

– Allez, raconte et soigne ton langage.

– C’était prévisible, j’imagine, mais voilà, j’ai vu sur le groupe Facebook du cours de tango, une photo très explicite qui montre Paco en train d’enlacer les deux nouvelles. Avec un petit commentaire pour ceux qui auraient encore des doutes, “it takes three to tango”.

– Magali, comme tu dis, c’était un peu prévisible. Mais explique-nous, vous étiez en couple, Paco et toi ?

– Oui. Enfin non. Enfin, pour moi, oui. Mais lui, il était en couple avec mon cul, c’est tout. Seulement niveau cul, je ne peux pas rivaliser avec les deux nouvelles ; à elles deux, elles doivent avoir à peine mon âge. Je suis foutue.

Elle éclata en sanglots.

– Le pire, c’est que j’emmerde tout le monde avec mes histoires pourries. Je ne pense qu’à ma gueule, le monde pourrait s’écrouler sans que ça ne me fasse rien. Je suis vieille, moche, cocue pour la deuxième fois et égocentrique. Et en plus, Manon, tu as un trou mal placé dans ton cuissard que je suis depuis cinquante kilomètres, conclut-elle, ne sachant plus si elle riait ou pleurait.

– Justement, dit Nov, j’ai une question pour se décentrer un peu. Vous êtes au courant de la situation en Serbie ?

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 02:41

On se connaît peu soi-même et on connaît mal autrui, sans compter le mensonge, la manipulation, la surdité et la sénilité, alors, que parfois l’on s’entende, cela relève du miracle.

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20 juillet 2025 7 20 /07 /juillet /2025 03:35

– Oh le naze, tu sais ce qu’il fait avec son tél ?

– Non ?

– Il téléphone…

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19 juillet 2025 6 19 /07 /juillet /2025 03:08

Quand il dort, le corps cesse de mentir.

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18 juillet 2025 5 18 /07 /juillet /2025 03:27

Le mot mot est un modèle d’économie : trois lettres pour tout dire.

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17 juillet 2025 4 17 /07 /juillet /2025 20:23

Au mitan de sa vie, mais encore en forme, fortuné, mais un peu désœuvré, Martin Ollé-Laprune cherchait une mission qui le tiendrait jusqu’à la fin de ses jours. Il y avait bien l’aquariophilie (et ses poissons exotiques) et la production de tableurs Excel (et ses fonctions complexes) qui l’occupaient déjà, mais il voulait un défi d’une autre envergure, une aventure qui l’obsède et le transcende. Il pensa d’abord acheter et lire tous les livres disponibles sur le marché. Réalisant vite la démesure de la tâche, il réduisit la voilure et opta pour l’achat et la lecture de la collection complète de la Bibliothèque de la Pléiade. 1043 ouvrages, moins les Commentaires de Blaise de Monluc, aujourd'hui indisponible, mais qu’il finirait bien par trouver chez un bouquiniste.

En plus des livres, il acquit deux grandes bibliothèques en chêne massif. Il disposa la collection dans celle de gauche et prévit de transférer chaque volume lu – oui, mais dans quel ordre ? – dans celle de droite.

Il commença par établir un tableur complexe. Après avoir saisi le nombre de livres et le nombre de pages de chacun, il élabora une formule qui lui donnait en temps réel, au fur et à mesure du progrès de ses lectures, la date de l’accomplissement de sa mission. Il suffisait, après chaque lecture, de saisir le nombre de pages lues et le temps passé ; alors, le tableur, en extrapolant sa vitesse de lecture, lui indiquait la date de l’heureux événement.

Donc. Dans quel ordre progresser ? Logiquement, il rangea les livres selon l'ordre numérique. Il prit le numéro 1. Il s’agissait du volume 1 des Œuvres complètes de Baudelaire, un auteur qu’il avait déjà rencontré au collège. Il ouvrit l’ouvrage et tomba sur ses vers latins de jeunesse, ce qui le rebuta. Il décida alors d’opter pour l’ordre alphabétique et rangea à nouveau sa bibliothèque. Épuisé par cette tâche dénuée d’intérêt et désireux de tester son tableur, il ouvrit l’Histoire de mes pensées d’Alain. Il déclencha son chronomètre et commença la lecture. « J’ai dit que je passerais sur les souvenirs intimes. Je ne dirai rien de ma vie familiale… » Flûte, c’est pourtant intéressant, pensa-t-il. Il continua, surveillant d’un œil son chronomètre. « Dans les prés humides nos chevaux prennent une maladie du pied… J’ai vécu par mon métier dans le monde des réfutateurs, détestable espèce… À regret je laisse sur mon chemin cette ombre aux larges épaules, qui doit errer aux Champs-Élysées avec son fusil et son chien dans des ombres de bois, si les dieux sont justes… » Enfin, sans raison, en bas d’une page et au milieu d’une phrase, il cessa sa lecture et arrêta son chronomètre. Il remplit son tableur : nombre de pages lues, temps passé. Le résultat l’horrifia : 3 avril 2680, à raison de quatre heures de lecture par jour, trois jours par semaine. Il modifia son tableur et indiqua sept heures de lecture quotidienne, cinq jours sur sept. Nouveau résultat : 17 octobre 2476. Terriblement frustré, il réfléchit. Se souvenant de la petite phrase écrite au-dessus du comptoir du bar où il prenait son café, « Fais de tes échecs des défis… mais avec modération », il décida de transformer son échec solitaire en un défi collectif. Il fit passer une annonce pour embaucher trois cents lecteurs.

En plus, ça libérerait du temps pour s’occuper des poissons et composer quelques tableurs.

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16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 03:43

Penser, tout penser, jusqu’au plus insignifiant, au plus dérisoire. Aristote dit quelque chose comme ça, me semble-t-il.

Alors j’essaie de penser le gobelet en plastique cabossé ou bien le morceau de ruban de chantier qui flotte ou bien les cris du bébé dans le magasin ou bien… Non, je renonce. C’est difficile. Est-ce même possible ? Aristote aurait-il tort ? Alors j’essaie de penser l’amour ou bien la béance ou bien l’alternative ou bien l’opacité… et je renonce encore. C’est sans doute possible, mais c’est très difficile.

À ce moment précis, on me demande “à quoi tu penses ?” Et là, je sursaute, je panique et je bafouille comme un nigaud “hein ? euh, à rien”.

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15 juillet 2025 2 15 /07 /juillet /2025 03:16

Il faut que je travaille la patience.

Tiens, à partir de maintenant, je vais aller faire mes courses dans une grande surface le samedi après-midi et je choisirai à chaque fois la queue la plus longue à la caisse.

Déveinard comme je suis, je vais tomber sur la file qui avance le plus vite.

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14 juillet 2025 1 14 /07 /juillet /2025 02:34

Les humains, et ceci les éloigne un peu des animaux, ont élevé la satisfaction des besoins naturels au rang d’art : gastronomie, œnologie, pranayama, Kama sutra. Je m’étonne que l’on n’ait rien trouvé qui se rapporte au besoin de déféquer. Quant aux sculptures fécales du petit Oscar, elles cherchent toujours leur public.

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13 juillet 2025 7 13 /07 /juillet /2025 03:08

En hommage à Paul Géraldy peut-être, ou par prudence, elle s’était fait tatouer Toi & Moi au bas du dos.

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12 juillet 2025 6 12 /07 /juillet /2025 05:18

L’imagination est la seule chose qui nous sépare encore des intelligences artificielles, dit-on pour se rassurer. Soit. J’imagine alors qu’on la garde dans un endroit secret et qu’on la réserve pour les grands moments.

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11 juillet 2025 5 11 /07 /juillet /2025 03:06

C’était mieux avant ! c’était mieux avant ! répète ad nauseam une bande de crétins décrépits. Ah oui ? Et avant, est-ce que vous pouviez goûter aux quatre saisons en une semaine ?

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10 juillet 2025 4 10 /07 /juillet /2025 03:35

Arbres, je vous aime !

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9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 02:31

La vengeance est une preuve d’intelligence, peut-être, mais un manque d’ambition assurement.

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8 juillet 2025 2 08 /07 /juillet /2025 03:01

Découverte extraordinaire des architectes et urbanistes pressés de réfléchir après les épisodes caniculaires. « Mettons des volets aux fenêtres. » « Oui, et plantons des arbres dans les rues. »

La révolution est en marche…

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7 juillet 2025 1 07 /07 /juillet /2025 03:26

– Mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec le moche, maintenant, râla une vieille pomme de terre à la peau fripée et vilainement tachée ?

– C’est vrai ça, reprit une carotte tordue et poilue, avant ils nous foutaient la paix, il leur fallait du brillant, bien rond ou bien droit et toujours de la même taille.

– Oui, c’est tout eux, ça ! Le moche d’hier est tendance aujourd’hui et le beau d’aujourd’hui sera ringard demain. Cela dit, nous, on ne va pas s’en plaindre, conclurent une paire de croc et ses chaussettes.

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6 juillet 2025 7 06 /07 /juillet /2025 03:52

L’oubli est cette faculté qui distingue le vivant de la machine. La machine n’oublie pas ; d'ailleurs, elle ne se souvient pas non plus, elle fige. Éventuellement, elle perd tout.

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5 juillet 2025 6 05 /07 /juillet /2025 02:51

– Bonjour tout le monde, vous avez bien dormi ? Pas de cauchemar, Laurence ?

– Non, merci Manon. J’ai mal aux fesses, mais je dois ça à ma selle et pas à la visite nocturne d’un petit crabe. Mais quand même, quelque chose m’a turlupiné pendant une bonne partie de la nuit. Le cloaque des holothuries, comme tu dis, donc, il fait chambre d’hôtes, garde-manger et ventilateur, OK. Il n’aurait pas aussi une fonction sexuelle, par hasard ?

– Tu m’amuses avec tes questions. Non, je te rassure, pas de reproduction par pénétration anale, tout se fait à l’extérieur. Les holothuries libèrent leurs gamètes (spermatozoïdes pour messieurs et ovules pour mesdames) et la fécondation se fait dans l’eau, au gré des rencontres, ce qui complique les recherches de paternité.

– En tous les cas, c’est sympa d’accueillir comme ça des pèlerins fatigués ou des bébés attaqués, même si j’imagine que rien n’est gratuit.

– Disons que les relations sont diverses. Il y en a qui ne font que passer, d’autres qui s’installent, parfois en couple, pour se reproduire à l’abri des regards et des prédateurs, il y en a qui font le ménage et puis il y en a même qui leur croquent un bout d’intestin. Bon, ce n’est pas non plus une auberge espagnole ouverte à tout vent, enfin à tout courant. Parce qu’il y a une autre bizarrerie. Je peux t’en parler puisque tu dors bien. Curieusement, d'un côté, leur bouche est bordée de tentacules qui les aident à trouver leur nourriture et qui pourraient ressembler à un bouquet d’hémorroïdes bien fleuri et de l’autre côté, leur anus est parfois garni de dents. Pas pour mastiquer, évidemment, mais pour se défendre.

– Oh non, c’est pas vrai, mais qui a pu inventer un monstre pareil ! Mais quelle horreur ! J’ai bien l’image, là, et je ne peux pas m’empêcher de faire un transfert. J’espère juste que je ne penserai pas à ça la prochaine fois que Paco… enfin. Ces boudins sont diaboliques. Je ne sais pas si ça ressemble plus à un énorme pénis ou à un étron de géant.

– Oui, peut-être, tu n’es pas la seule à penser ça. Il paraît qu’en Érythrée on les appelle zubb al bahr ; en arabe, bahr, c’est la mer, zubb, je te laisse deviner. D’ailleurs, Magali, ces concombres ont une autre particularité qui va t’étonner, c’est le durcissement. Ces mollassons peuvent devenir durs comme la pierre, mais ce n’est pas ce que tu penses, c’est encore un moyen de défense.

– Ah, ah, oui c’est troublant ! Mais quand même, ne me dis pas que tu trouves ça beau ou séduisant.

– Pour les qualités esthétiques, c’est drôle, j’en parlais avec ma mère il y a peu et elle m’a rappelé que quand j’étais toute petite, à la garderie ou à la maternelle, je tombais toujours amoureuse du plus moche. Le loser, harcelé, souvent malade et maladroit, myope ou asthmatique, en retard sur les apprentissages, c’était pour moi. Et je le défendais.

– Oui alors ça, c’était avant. Avant que tu rencontres Clèm, si je puis me permettre, parce que là, on est plutôt dans la catégorie élite. Premier de classe et en plus, super BG !

– Ah, tu trouves ? Alors, sincèrement, je vais t’avouer un truc, je ne vois pas ces choses-là. Vraiment. Comment t'expliquer ? Je ne pourrais pas te dire si Nov est mignon ou pas, si Paco est beau ou pas. Pour revenir aux holothuries, jamais je ne dirai qu’elles sont moches, ni belles d’ailleurs. Ce qui me sidère, ce sont les solutions qu’elles ont “inventées” pour résoudre les problèmes de nutrition, de reproduction, de défense et de relation avec les voisins. C’est ça qui me frappe avant tout, cette incroyable diversité du vivant. Elle est là la beauté pour moi, dans cette imagination délirante qui a conduit à des formes et des processus impensables. Bon, revenons à nos moutons.

– Oui, quel est le programme du jour, Manon ?

– Alors, on finit tranquillement le petit déjeuner, je vois d’ailleurs que la vie des concombres ne vous a pas coupé l’appétit. Tranquillement, mais sans traîner quand même, c’est l’étape la plus longue, avec pause déjeuner à Rouen et coucher à Poses, charmant village de bateliers, il y a d’ailleurs un petit musée de la batellerie qui pourrait t’intéresser Laurence. On aura aussi un bac à prendre pour changer de rive, décidément, c’est ta journée, Laurence.

– Un bac, chouette, s’illumina Laurence. Je sais que c’est mal de penser ça, mais je rêverais qu’il tombe en panne et que je puisse aller mettre les mains dans le cambouis.

– Désolé, mais ce n’est pas une transat, cinquante mètres de traversée au maximum, ça devrait bien se passer.

– Manon, sur Google Maps, ils indiquent aussi un zoo, tu en penses quoi, demanda Nov ?

– Oui, c’est Biotropica, je connais. Alors, d’abord, on ne dit plus zoo, on dit jardin animalier. En général, quand on change les mots, ça cache quelque chose. Bon, c’est vrai que c’est l’occasion de voir des preuves de cette imagination délirante dont je parlais, des zorilles, des tamanoirs, le dragon de Komodo et l’inévitable panda. Je comprends le succès de ces lieux et heureusement, les choses ont changé, les animaux ne sont plus en cage, ils sont bien traités, ils sont suivis par des vétos et souvent, le parc soutient et accompagnent des programmes de recherche. Il reste que ce sont des exilés, et même des exilés climatiques. Je veux dire que ces déplacements, c’est pour les protéger de la déforestation, des trafics divers ou de l’exploitation commerciale.

– Tu veux dire que dans un monde parfait, il n’y aura pas de zoos, dit Laurence. OK, mais il y a un truc qui me gêne dans ta vision. Je sais que tu vas trouver l’argument pour me contredire, comme d’habitude, mais j’essaie quand même. Dans ton monde parfait, il y a les scientifiques qui vont nager avec les baleines, danser avec les loups et taper la causette avec les Bonobos. Et de l’autre côté, il y a le peuple, qui reste dans l’ignorance et doit se contenter de ce que les savants ont la grande amabilité de leur raconter.

– Non, ce n’est pas ce que je veux dire. C’est compliqué et je pense que, compte tenu de la situation dégradée, ces lieux deviennent des sanctuaires nécessaires. Et je ne te cache pas que j’emmènerai Lucas dès que j’en aurai l’occasion. Mais dans ce brouillard, il reste une chose à laquelle je tiens et François Sarano le répète souvent. C'est bien que ce soit lui qui dise ça, d'ailleurs, lui qui se rapproche tellement des animaux. Il dit qu’une frontière infranchissable nous sépare du monde sauvage. C’est difficile à poser pour un scientifique et pourtant, ça me paraît fondamental. Il faut accepter que quelque chose nous échappe. Un cachalot, ce n’est pas un moteur qu’on peut démonter, une holothurie, ce n’est pas une machine qu’on peut réparer.

– ... et une Manon, ce n’est pas une Laurence, enchaîna Magali.

– ... oui mais nous, on a la chance d’avoir les deux dans l’équipe. Au fait, Laurence, glissa Nov innocemment, tu ne nous as pas beaucoup parlé de toi.

– Entièrement d’accord, confirma Magali. Tiens par exemple, pour changer de niveau, une question idiote comme je les aime. Si tu devais choisir entre ton gros moteur et ton petit mari, tu garderais qui, demanda Magali, très fière d’elle ?

– Ouh là, je suis un bipède et j’ai besoin des deux pour garder l’équilibre. En fait, plus j’écoute Manon et plus je comprends que je ne suis pas une scientifique. Je suis une technicienne et pour moi, dans les histoires humaines, les relations politiques, les corps, les esprits, etc., il y a deux états possibles, ça marche ou ça ne marche pas. Ça peut manquer de nuances, mais ça ne veut pas dire que c’est toujours simple. Avec un moteur, quand ça marche, je surveille, j’écoute, je vérifie, j’anticipe, et quand ça ne marche pas, j’observe, je réfléchis, je diagnostique et, si je peux, je répare. Eh bien, dans la vie, je fais pareil. C’est pour ça aussi que je parle moins que vous, quand ça va bien, j’observe et j’écoute, après je m’arrête là, je ne fais pas de diagnostic et je ne traite pas, parce que je ne suis ni psychologue ni médecin. Mais dans ma vie, quand ça ne marche pas, quand il y a un problème, je cherche les causes du dysfonctionnement ou de la panne. J’ai une vision assez mécaniste de la vie et des rapports humains, j’imagine des courroies, des durites, des pistons, des signaux envoyés et reçus ou pas reçus. Quand ça ne marche pas dans ma vie, je cherche la cause, ce qui est cassé ou usé, et j’essaie de réparer.

– Je confirme, c’est tout toi ça. Je me demande même si tu ne cherches pas les problèmes parfois, juste pour les régler.

– Je ne dirais pas que je cherche les problèmes, mais, c'est vrai, ils m’attirent en un sens. En fait, j’adore les pannes. Au début de notre relation avec Marc, on faisait beaucoup de sorties motos, nous sommes deux motards. Évidemment, une virée de trois jours avec dix motos, statistiquement, tu as au moins un problème mécanique. C’était mon moment préféré.

– J’ai l’impression que tu sors de moins en moins ta moto et de plus en plus ton vélo. Non ?

– Exactement. Et j’ai l’explication. Avec le temps, on a eu plus d’argent, on avait des motos plus neuves, on partait moins longtemps, moins loin. Bref, les pannes ont commencé à se faire rares et les sorties à m’ennuyer.

– Et c’est pour ça que tu as préféré faire des virées vélo avec moi, pour essayer de régler ma panne conjugale !

– Ah ah, non, non, non. Je crois que tu es une excellente mécanicienne du cœur et que tu as fait de l’autoréparation, Magali. Et avec succès je dois dire. Bon, tu t’es un peu perdue au début, en soulevant le capot, mais tu as expérimenté plein de trucs et voilà le résultat. Tu es belle, tu es drôle et tu es puissante. Je te le dis sincèrement, je t’admire.

– Oh les filles, arrêtez, je vais pleurer. Je vous aime tellement.

– Je crois aussi que Paco a su réparer quelques durites et analyser les signaux, ajouta Nov en riant. En tous les cas, je suis content d’être là, avec vous et de vivre ces moments d’amitié. J’aime bien l’idée aussi que vous soyez si différentes et pourtant si proches. C'est exactement comme moi avec Vera.

– Ah, ça faisait longtemps, le retour de Vera bella !

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4 juillet 2025 5 04 /07 /juillet /2025 02:11

« Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. »

C’est Pascal qui a écrit cela il y a presque cinq cents ans. C’est promis, je n’y suis pour rien, mais manifestement, il avait des contacts bien informés parmi mes contemporains.

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3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 02:35

Merci étranger pour ton beau rire franc ce matin quand on s’est surpris à sursauter en même temps au bruit d’un pétard. J’ai ri aussi, avec aussi peu de raisons que toi.

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2 juillet 2025 3 02 /07 /juillet /2025 02:21

V. C. 1 (consterné) : Tu as vu les deux gamins, rivés sur leur téléphone, ils n’ont même pas dix ans.

V. C. 2 (affligé) : C’est consternant ! Et là, regarde l’ancien, quel âge peut-il avoir, soixante-quinze ans, et il est plongé dans la lecture du catalogue des promotions de Leclerc.

– V. C. 1 (accablé) : C’est affligeant, Homo sapiens sapiens est en voie d’extinction !

Les deux gamins et l’ancien (en chœur, in petto et sans même lever le nez) : Tiens deux vieux cons, ça, tu peux être sûr que c’est une espèce protégée.

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