À faire retour au-dedans pour écrire, au mieux on ment, au pire on fait du bruit.
À faire retour au-dedans pour écrire, au mieux on ment, au pire on fait du bruit.
Dresse-toi
Au dessus de l’horizon
Et prononce le nom
De tous les chemins
Les bateaux les voisins
Mais ne dépasse pas
Le faîte des filaos
Des benjoins des oliviers
Au pays des dieux
On ne rêve jamais
D’abord, haut dans l’aigu, tu as crié
Bien vite, seul dans les ruines, tu vas mourir
Alors, prends le temps d’un haïku et ris
Un couple qui marche, c’est comme une partition de piano : deux portées différentes pour une seule composition.
(Mais que sont encore, dans cette musicale métaphore, les deux pédales qui, par dessous, mettent en sourdine parfois ou parfois font durer ?)
La démocratie a d’abord été le pouvoir de la place, elle est vite devenue le pouvoir en place. À quand le pouvoir du déplacement ?
Un soleil ocre et fluide encore
Dans un étang lunaire et frétillant
Il est prêt mon œuf
Ensemble, quand on parle, on est seul souvent ; et seul, quand on écrit, on se retrouve parfois.
Les boulangers se plaignent encore et annoncent qu’ils vont augmenter le prix de la baguette. Manifestement, s’enfermer toute la nuit dans un fournil assèche l’imagination. Je leur suggère plutôt de se diversifier et de vendre, en plus du pain, un peu d’essence.
où es-tu où es-tu toi que je ne cherche pas que je cherche où es-tu où es-tu mon homme es-tu parti es-tu venu j’oublie ça va ça va je ne pleure pas et ne va pas imaginer que je t’attends je t’attends où es-tu es-tu seulement as-tu jamais été je ne sais plus j’oublie mon homme mon fantôme mon homme mon fou ça va ça va j’oublie si fier je flotte mais je ne flanche pas mon feu ma fin c’est fini tu fuis tu as toujours fui fui de partout une fuite je prends l’eau moi aussi mais je ne coulerai pas où es-tu mon homme ça va ça va une fuite sans suite mon ciel mon rêve homme j’oublie tu étais mienne homme vienne l’oubli viens ne viens pas va va où tu veux homme que j’oublie homme qui va homme qui part avec l’été va va j’ai toujours préféré l’automne ses matins surpris ses nuages à portée de main ça va ça va j’oublierai avec l’hiver lentement blanc homme et les naissances du nouvel an
Le monde ne veut rien dire mais c’est un acteur généreux et inventif. Sois un dialoguiste inspiré.
L’écriture est une course épuisante, technique et vaine, genre 3000 steeple plus que 400 m. Il faut savoir changer de rythme, tomber et se relever sans regarder ses genoux, accepter de suivre, se faire dépasser, être envié, oublié ou admiré, tourner en rond, accélérer, gagner ou rentrer seul, recommencer souvent et ne finir jamais, pleurer, inspirer fort, jouir, regarder loin devant et toujours prendre soin du sol.
Tout cela (entre autre et plus encore) n’en déplaise aux jeunes cons qui conchient les leçons, suintent le vécu et s’excitent à croire que vivre fait un livre.
N’en déplaise surtout aux vieux cons, clos et presbytes, qui se reconnaissent dans ces présumées leçons et s’énervent à répéter que vivre fausse un livre.
Enfin, je vous prie de bien vouloir, lectrice intriguée, lecteur indigné, excuser la malveillante fatuité et méprisante suffisance de cette saillie dogmatique et musculeuse, mais comprenez-moi bien, n’en déplaise aux théoriciens de l’écriture spontanée, ceci est un échauffement.
Je cours demain.
Parle moins, écoute mieux et jamais ne cesse, jamais, de construire des cabanes.
Trois carnets Moleskine pour le prix de deux. Mauvais signe. C’était plutôt deux pour le prix de trois jusqu’à maintenant. Le pire est à craindre : dépôt de bilan, plan social, délocalisation…
Mais qu’y puis-je moi, minimaliste décroissant, qui ne fais jamais de listes de courses ?
Bricole et voyage, joue et protège, pleure tes colères et offre tes couleurs, marche et chante, demeure aussi, écoute, invente, refuse, mais surtout, assieds-toi souvent, seul à l’ombre du silence.
Je parle d’écriture.
– Bonjour. (À quoi rêves-tu jolie caissière ambrée ? ma princesse estivale, tu es le vent et le soleil, évadons-nous...).
– Bonjour. (Y va le taper son code, ce gros con !).
Écrire court et vivre lentement.
Il y a ceux qui écrivent et ne sont pas lus, ceux qui n’écrivent pas et ne sont pas lus non plus, ceux qui ne lisent pas, n’écrivent pas et ne sont pas là ou ne sont plus, il y a ceux qui lisent, sont là mais ne crient pas, ceux qui créent, hélas, mais ne plaisent pas, ceux qui plient, s’empalent, s’empilent et s’épilent mais n’élisent plus, ne répondent pas et ne pondent plus, ne sondent plus, n’abondent pas, émondent peu et vagabondent, il y a ceux qui grondent ou glandent, il y a ceux qui disent please, ceux qui desease, qui tease, qui lease, qui lead, ceux qui dealent, ceux qui biglent, ceux qui bisent ce qui frise et visent ce qui ride, il y a ceux qui gisent à l’aise et baisent en l’air, ceux qui gîtent avides et vite, ceux qui grisent du haut, qui givrent du bas et bavent et bandent, envient aussi, enragent, engendrent, aggravent et entrent en gare, il y a ceux qui palment mais ne crèment pas, ceux qui se pâment et se crament, ceux qui s’épousent pour du beurre et se plument le cœur, ceux qui se bourrent le mou, se fourrent le cou, se curent le groin, se grattent les coins, il y a ceux qui s’aiment au soleil, s’évadent et s’éveillent, ceux qui crèvent et râlent, ceux qui calent sur le tard, ceux qui se laquent le dard, il y a ceux qui câlinent ou calcinent ou culminent ou fulminent ou ruminent ou burinent, il y a ceux qui riment et rament en prime, ceux qui briment les mâles et ruinent les femmes, ceux qui rendent l’âme mais dament le pion aux dames bâtées, aux ânes ratés, aux nazes blâmés, aux blêmes à terme, aux ternes en berne, aux Marthe, aux Berthe, aux Béninois, aux Balinais, aux Berlinoises, Bâlois, Bernoises, Brêmois, il y a ceux qui bêlent mais sans rature, il y a ceux qui vêlent sans troncature, il y a ceux qui font des crasses, ceux qui tracent les cons, ceux qui glacent les saints, ceux qui cassent et rouillent, ceux qui paissent, passent, poussent, pansent, pressent, posent, pèsent, pestent, ceux qui pèlent du bout, ceux qui peinent debout, ceux qui neuf d’atout, ceux qui doutent, qui boudent, qui broutent, qui floutent, ceux qui percent des trous, ceux qui perlent des pieds, qui parlent du nez, ceux qui pompent du blé, trompent, tractent, crampent, craquent, troquent, calquent, talquent et traquent les Turcs, les bus, l’Étrusque, les Bruce et tous les trucs en -ruce, il y a ceux qui crissent quand ils rient, ceux qui prient quand ils pissent, ceux qui bissent quand il pleut, qui pleurent quand il meuh et puis, il y a toi.
Abats les murs du silence mais crains les flots du bruit.
Vif et sans apprêt
Sans peur ni regret
Mais beau comme un trait
Rien n’est définitif s’entête à répéter le philosophe.
Lente et solitaire comme une aube
Dense et frénétique comme un fol
Tourne le jour et la vie court
Il est des promesses qui mentent et volent à jamais ; il en est d’autres qui donnent et donnent interminablement.
Un jour demain, je serai grand comme une échelle de grand, dit l’enfant
Un jour demain, j’irai voler une caresse au creux de ta paume, dit l’amant
Un jour demain, je trouverai les sentes de ton Himalaya secret, dit le pèlerin
Un jour demain, je révélerai les archives des temps usés, dit le magicien
Un jour demain, je dessinerai des rivages ridés d’envie, dit la vendeuse
Un jour demain, j’épouserai le vent et ses frères aussi, dit la rêveuse.
C’est malin, il s’est pris pour un philharmonique à lui tout seul pendant trois mois, jamais fatigué, toujours mélodieux, prolixe et inspiré ; et voilà, il est aphone maintenant, mon téléphone.
Comme il est emprunté, démuni et exigeant ; voilà bien un début inquiétant. Je ne veux pas savoir ce qu’il a fait pendant neuf mois, mais à l’évidence il aurait pu mettre à profit ce temps libre et protégé pour s’assurer une arrivée plus digne et responsable.