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C'est Peu Dire

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  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

18 novembre 2022 5 18 /11 /novembre /2022 00:34

– Gros Lulu : Tiens revoilà notre auteur. Monsieur l’auteur, bonjour !

– Monsieur Lhoteur : Je ne suis pas l’auteur, je suis Lhoteur.

– G. L. : Ah oui c’est vrai et moi je suis Lulu, pas Lulu. Bon autrement, ça va ?

– M. L. : Oui.

– G. L. : Cool. La famille, la digestion, le P.E.L… ça va aussi ?

– M. L. : Oui.

– G. L. : Top. Au fait, ça fait une paye qu’on n’a pas eu des trucs à se dire. Vous étiez en vacances ?

– M. L. : Non.

– G. L. : D’ailleurs, je me demandais, parce que vous savez sûrement vous, c’est difficile à écrire un dialogue ?

– M. L. : Non.

– G. L. : Du coup, vous pourriez en écrire un, enfin un truc sympa, genre drôle et intelligent ?

– M. L. : Oui.

– G. L. : Parce là, quand même, vous ne vous foulez pas, oui, non, non, oui… Je pense plutôt à des phrases plus longues avec des mots plus compliqués.

– M. L. : …

– G. L. : En fait ce que je voudrais, c’est un texte beau, fort et intelligent, comme dans les vrais livres, mais il faut qu’on voie quand même que c’est Gros Lulu qui parle. C’est possible ?

– M. L. : Non. Il faut choisir.

– G. L. : Vous êtes vraiment méchant.

– M. L. : …

– G. L. : Évidemment, vous la fermez.

– M. L. : …

– G. L. : C’est vraiment nul de se taire. En fait, vous savez pas quoi dire.

– M. L. : …

– G. L. : Mais dites-moi, pensez-vous que votre silence cynique longtemps masquera votre impuissance textuelle.

– M. L. : Le silence, vois-tu, est ma façon d’honorer la langue que les jacasses de ton engeance tourmentent et dépouillent.

– G. L. : Je vois surtout que votre misanthropie vous enchaîne à ceux-là mêmes que vous voudriez ignorer. Votre détestation se perd à se taire.

– M. L. : Te détester serait t’accorder plus d’importance que tu n’en mérites.

– G. L. :  Votre arrogance est le signe même de votre dépendance. Pour dauber un public, il vous faut une scène, et je suis cette scène.

– M. L. : Alors ?

– G. L. : Alors ça va pas du tout, ça se voit bien que c’est pas Gros Lulu qui parle.

– M. L. : C’est ce que je disais. Il faut choisir.

– G. L. : Vous êtes vraiment méchant. Ben moi, je vais chercher un autre auteur, un qui écrit des vrais dialogues.

(L’auteur, qui surveillait ses personnages tout en terminant sa moussaka végétarienne : C’est vrai qu’il est agaçant ce Gros Lulu à ne rien comprendre au processus narratologique, mais quand même, Monsieur Lhoteur est odieux, je me demande quel cerveau endommagé a pu l’engendrer.)

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 00:18

Gros Lulu : J’aimerais bien, comme ça, ouvrir la bouche et bim, je balance un truc de ouf, voilà, et que tous les lecteurs, et ben, y soyent scotchés, vous voyez ?

Monsieur Lhoteur : Je vois surtout qu’il y a encore du travail.

G. L. : Oui je sais, mais si je n’arrive pas à être un bon personnage, c’est à cause de vous, c’est vous l’auteur des dialogues. On dirait que vous n’avez plus d’inspiration.

M. L. : Non, moi je suis Lhoteur, avec un ‘o’. Et sache aussi qu’il n’existe rien de tel que l’inspiration.

G. L. : … avec un haut et surtout des bas, je dirais. Hé ! c’est pas mal trouvé ça !

M. L. : Tout à fait, de la grande littérature. L’auteur se surpasse.

G. L. : Ah oui, c’est vrai, c’est l’auteur qui écrit. Justement, comment ça vous vient les idées Monsieur l’Auteur, quand vous en avez ?

– M. L. : Grande et mystérieuse question. L’écriture, c’est un peu comme l’amour, tu peux t’inscrire sur des sites de rencontres ou faire des stages d’écriture, mais je crois plutôt à la disponibilité. Tu me suis ?

– G. L. : Non.

– M. L. : Comme d’habitude. Bon, disons que ta tête est comme une maison ; la disponibilité, c’est laisser les portes et fenêtres ouvertes, ne pas avoir une radio allumée toute la journée et avoir toujours une assiette et une chaise vides.

– G. L. : D’accord, mais parfois il doit y a des visiteurs qui squattent et vous dérangent.

– M. L. : Bien, tu vois quand tu veux. En effet, et ceux-là, idées noires, idées bêtes, poncifs ou préjugés, tu ne peux pas les chasser, tu dois juste ne pas les retenir parce qu’ils prennent vite toute la place.

– G. L. : Et si on ne s’en occupe pas, ils ne restent pas ?

– M. L. : Exactement. Mais à l’inverse, si tu as un visiteur intéressant, tu ne le lâches pas. Tu l’écoutes, le relances, le bouscules un peu, tu l’accompagnes, parfois tu le contredis, bref, tu es disponible.  Tu peux même le laisser se reposer dans ta chambre, mais tu t’arranges pour qu’il ne puisse pas s’échapper en douce sans avoir laissé son téléphone. Bon, c’est métaphorique, tu comprends ?

– G. L. : Un peu, mais pas pour le téléphone.

(L’auteur, bien obligé de surveiller un peu ses personnages : Oui, pour la disponibilité il n’a pas complètement tort, enfin, c’est quand même beaucoup plus compliqué qu'il se l'imagine. Ce Lhoteur n’est pas un auteur, ça se voit bien.)

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14 août 2022 7 14 /08 /août /2022 00:58

Gros Loulou : Pfff, il n’y a vraiment rien à faire ici, en plus je suis tout seul.

Monsieur Lhodeur : Désolé, mais tu n’es pas seul, Gros Loulou.

Gros Loulou : Non mais vous c’est pas pareil, Monsieur l’Auteur, vous comptez pas vraiment. Autrement, je préfère mon vrai nom, Gros Lulu.

Monsieur Lhodeur : Pardon mais c’est écrit Gros Loulou, et moi c’est Lhodeur.

Gros Loulou : L’odeur de quoi ?

Monsieur Lhodeur : Non, L H O D. Monsieur Lhodeur.

Gros Loulou : C’est vrai ça. On a changé de nom. Mais alors, on est des autres !

M. L. : Calme-toi. On est les mêmes, c’est juste que l’auteur s’amuse. Et moi, je suis mort de rire. C’est un grand comique, l’auteur.

G. L. : Bof, c’est pas très drôle. Au fait, il paraît que dans la vraie vie, les personnes elles peuvent avoir plusieurs personnalités. Alors peut-être que Gros Lulu il est un peu bête mais que Gros Loulou il est super intelligent, beau, gentil, riche et… intelligent vraiment.

M. L. : Je vois, une version de Docteur Lu et Mister Lou. Si tu veux mon avis, bien que je ne sois pas l’auteur, je pense qu’il manque quelque chose à la règle des trois unités, tu comprends. 

G. L. : Non.

M. L. : Mais si, l’unité de personnalité. Tu peux grandir, évoluer, dégénérer, mourir même, mais il doit y avoir du même qui traverse cette déambulation existentielle, autrement tu perds ton lecteur qui va voir ailleurs et a bien raison. Tu suis ?

G. L. : Non. Toute façon, des lecteurs qui s’intéressent à Gros Lulu, il…

M. L. : Les mauvais auteurs, ils s’emmêlent les pinceaux et leurs personnages souffrent tous du trouble de la personnalité multiple ; les bons auteurs, ce sont les paresseux qui ont compris qu’il faut déléguer, tu vois, laisser les personnages grandir à leur guise. Là, ils la tiennent leur unité de personnalité. Oui ?

G. L. : Hein ?

(L’auteur du blog, très occupé mais qui écoute quand même : « Unité de personnalité », « déambulation existentielle », non mais pour qui il se prend ce Lhoteur. Il va peut-être m’apprendre mon métier. Je vais te lui coller un Alzheimer précoce et fulgurant et il va le chercher son même qui le traverse !)

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9 août 2022 2 09 /08 /août /2022 00:37

Gros Lulu : Qu’est-ce que j’peux faire ? J’sais pas quoi faire. Monsieur l’Auteur, j’aimerais bien qu’il m’arrive quelque chose, c’est trop tranquille ici.

Monsieur Lhoteur : Quelle génération de personnages ! Toujours malcontents, incapables de séjourner dans la présence.

G L : Moi je ne demande pas grand-chose, mais quand même, un peu d’action. Tiens par exemple, j’aimerais voyager. Vous pouvez faire ça puisque c’est vous l’auteur.

M. L. : Non, moi c’est Lhoteur, cela étant, vu ce que l’auteur nous donne à dire, n’importe qui pourrait faire le job. Allez, si tu veux, je te fais voyager.

Ce neuf août au matin, l’esprit clair, le pied alerte et le regard aiguisé, Gros Lulu décida de rejoindre la tour de Belém en trottinette électrique. Il partit de la place du Commerce et longea le Tage. Lisbonne était sa destination favorite et il y séjournait plusieurs semaines tous les ans pour deux bonnes raisons : Pessoa, son auteur préféré, et les pastéis, doucement sucrés.

M. L. : Alors ?

G. L. : Mais c’est nul ce voyage, j’ai pas bougé, je suis toujours coincé dans ce blog. En plus je ne sais pas qui c’est Pessoa et je ne dois pas manger trop de sucre, dommage.

M. L. : Qu’est-ce que je disais, la génération des râleurs incultes et dénués d’imagination. Évidemment, le « voyage immobile », ça ne te dit rien et « l’intranquillité » non plus.

G. L. : Non. Et les pastéis, ça a goût de quoi ? 

(L’auteur, toujours un œil sur ses personnages : Quel cuistre ce Lhoteur, il commence à m’agacer, je vais m’occuper de son cas. Quant à Gros Lulu, quel boulet, je ne vois toujours pas ce que je vais pouvoir faire de lui. C’est ça mon problème, je n’ai pas les personnages que je mérite.)

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20 juillet 2022 3 20 /07 /juillet /2022 00:12

Gros Lulu : Monsieur l’Auteur, c’est encore moi. Je n’aime pas mon personnage. Je n’ai rien à dire, je n’ai pas de personnalité. Je suis transparent. En fait je n’existe pas.

Monsieur Lhoteur : Arrête un peu de râler, un personnage qui existe, ce n’est plus un personnage, c’est une personne de la vraie vie. Nous, on est des caricatures. Remarque, de l’autre côté de l’écran, on voit de plus en plus de personnages.

G. L. : Du coup, monsieur l’Auteur, vous ne voudriez pas m’écrire des répliques de personnages qui ressemblent à des personnes qui sont comme des personnages.

M. L. : D’abord, tu arrêtes de dire du coup et ensuite tu te demandes si ce sont les personnages de roman qui ressemblent aux personnes de la vraie vie ou l’inverse ?

(L’auteur, in petto, qui écoutait toujours d’une oreille les improvisations hasardeuses de ses personnages : Bon dieu, mais c’est bien sûr : un grand auteur, c’est celui dont les personnages inspirent les personnes et non pas le contraire.)

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4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 03:16

Gros Lulu : C’est gentil de dialoguer avec moi, Monsieur l’Auteur.

Monsieur Lhoteur : Non, ce n’est pas gentil, c’est contractuel. J’ai un texte, je le dis.

G. L. : Allez, ne faites pas le modeste, je sais bien que vous n’êtes pas seulement un personnage. D’ailleurs, vous ne voudriez pas m’arranger un bon coup ?

M. L. : Non. Écoute Gros Lulu, je peux néanmoins te donner un conseil. Ne compte pas sur les autres et doute de toi. Tu verras que bon an mal an, ça ne se passe pas si mal, sauf accident, on arrive au bout de l’histoire.

G. L. : Oui mais c’est facile de dire ça quand on s’appelle l’Auteur. Vous avez le rôle principal, vous faites ce que vous voulez et vous décidez pour les autres.

M. L. : Tu sais Lhoteur, Robert ou de La Motte Piquet, ça ne change rien. On est tous le rôle secondaire de quelqu’un, tous. Ne cherche pas le bon coup. La seule chose que tu puisses un peu contrôler, c’est l’intonation.

G. L. : Mouais, je ne comprends pas tout, mais quelque chose me dit que je ne suis pas d’accord. En tous les cas, merci, vous êtes un bon auteur. Je commence à apprécier mon personnage.

M. L. : Je ne suis pas l’auteur.

G. L. : Bien sûr, et moi je ne suis pas Gros Lulu.

M. L. : Je suis Lhoteur. L, h, o.

G. L. : Elle a chaud ?

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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 04:02

L’Auteur : Bonjour, est-ce que quelqu’un a vu Gros Lulu ?

Les personnages, deux lecteurs du Nouvel Obs et un député sortant : Qui ça ? Gros Lulu ? Jamais entendu parler.

Personnage 1 : Dommage avec un nom pareil, ça devait être un benêt de première classe, on aurait bien rigolé.

Le député sortant : Sans vouloir préjuger, je pense qu’il aurait été bien incapable d’assurer la moindre réplique.

Personnage 2 : Lui, en plus d’être une buse, je suis sûr qu’il devait être malsain.

Les deux lecteurs : Pas très woke, ici !

Personnage 3 : Et puis, on est déjà beaucoup trop à parler dans ce blog. Plus on est de fous et moins on dit.

Personnage 4 : Après, il aurait sûrement cherché à dialoguer avec nos partenaires, déjà que c’est la misère textuelle ici.

L’Auteur : Allons, calmez-vous et n’ayez crainte. Gros Lulu est rayé, biffé, raturé définitivement. Gros Lulu est néantisé, annulé, annihilé. Gros quoi ? J'ai déjà oublié son nom.

(On n’humilie pas impunément un auteur.)

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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 05:01

L’Auteur : Quoi ! Mais c’est qui ce gros, là, sur le yacht, entourée de jolies filles, cigare aux lèvres qui me fait un vilain geste ? Hein ! mais c’est pas possible, on dirait Gros Lulu.

(On n’humilie pas un personnage impunément.)

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 02:48

– Bonjour, je m’appelle Gros-Lulu et je suis un personnage en quête de dialogues…

– …

– je ne sais pas à qui m’adresser, alors je parle comme ça, un peu au hasard…

– …

– peut-être que quelqu’un m’entend et va me répondre…

– …

– peut-être que c’est l’auteur lui-même qui va me répondre, vu qu’il n’y a que lui qui parle pour de vrai, parce que, ça tout le monde le sait, les personnages n’existent pas réellement…

– …

– peut-être qu’il va m’écrire un beau texte, parce que, ça aussi tout le monde le sait, il écrit bien l’auteur…

– Gros benêt, si tu crois pouvoir me berner en me flattant, tu te trompes, je ne te répondrai pas, un auteur doit être un peu dans tous ses personnages, mais jamais complètement dans aucun. Dialoguer avec toi, ce serait te donner trop d’importance. Tu es un personnage comme un autre, tu es même plutôt moins que beaucoup d’autres. Tu es creux, tu n’as pas de conversation, pas de passé, pas de contradicteur. Tu es hors contexte. Tu n’as pas ta place dans un dialogue. Je me demande même ce que tu fais là. Je ne te cache pas que je pense à t’effacer et tu ne manqueras à personne.

– (Qu’est-ce qu’il a l’auteur, il n’a pas besoin d’être aussi méchant, pensèrent en chœur Œuf, Poule, Lucette Jeanjean, Dieu, Pierre, la famille Boomerang, Terre, Soleil, Marcellin Labrousse, Victor Malèse, la doyenne, Tortue et Girafe, le fildefériste et sa pole danseuse, Séraphine Déroulède (de la pharmacie Legros) et quelques autres. D’ailleurs c’est inquiétant pour nos futurs dialogues, continuèrent-ils à penser en chœur, il semble bien manquer d’inspiration, l’auteur, vraiment on n’a pas l’auteur qu’on mérite).

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 02:00

– Bonjour, c’est encore moi, Gros-Lulu.

– …

– Est-ce que quelqu’un voudrait bien m’apprendre à faire un tube avec la langue ?

– …

– Je voudrais bien aussi savoir dire des choses drôles.

– …

– Ou jolies ou intéressantes.

– …

– Eh, monsieur l’Auteur ! C’est pas un dialogue, ça. Je parle tout seul et c’est vraiment pas très drôle ni intéressant. Pourquoi vous dites rien ?

– Attends que je t’explique Gros-Lulu, expliqua l’Auteur à Gros-Lulu, un personnage ne peut pas dialoguer avec son auteur, il y aurait une aberration énonciative. L’auteur doit savoir se faire discret et le personnage doit donner l’illusion d’être autonome.

– Ça je comprends bien, mais vous n’avez qu’à inventer un personnage d’auteur pour parler avec moi.

– Alors là Gros-Lulu, on ne comprendrait plus rien, déjà que l’auteur est un drôle de personnage. Et puis qui écrirait le texte de ce « personnage d’auteur ». Il ne t’a pas échappé que tu es dans un blog littéraire. Sois patient, tu vas prendre de la consistance avec le temps. Tu comprends, un personnage ne vieillit pas, il murit, il mature.

– D’accord, vous devez avoir raison. Au fait, vous voudriez pas changer mon nom. GL, par exemple ça serait bien.

– …

– Ça y est, il recommence à se faire discret. On n’imagine pas la solitude d’un personnage de blog !

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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 02:06

– Bonjour, c’est encore moi, Gros-Lulu.

– Et ?

– Ben, voilà, je pense que je ne ferais pas un bon personnage, en plus je suis seul, je n’ai pas beaucoup d’idées et c’est pas vrai, je ne sais pas faire un tube avec ma langue. Alors, je me suis dit que…

– Que ?

– … que je pourrais faire auteur plutôt, non ?

– Non.

Puis, opportuniste et cynique comme à l’accoutumée, l’auteur se reprit.

– Mais tu te sous-estimes, Gros-Lulu, tu fais un très bon personnage. D’ailleurs, tu as déjà un nom, ça fait 95% du personnage. Alors, je penserai à t’écrire un petit dialogue.

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12 mai 2022 4 12 /05 /mai /2022 02:42

– C’est toi Pierre, demanda Dieu ?

– Non. Je suis Gros-Lulu. Je voudrais devenir personnage de blog littéraire et j’ai besoin d’un artist coach.

– Très bien mon garçon. Est-ce que tu as la foi ?

– Je suis polyglotte, je sais faire un tube avec ma langue et je peux réciter l’alphabet à l’envers.

– Incroyable ! Mais moi je suis dieu, pas coach. Bon, quand même, le mieux pour commencer, c’est que tu trouves ta place, je veux dire dans un dialogue. Avec Poule et Œuf, ça va faire trop, il y a déjà Panda ; avec Terre et Soleil, tu ne vas pas matcher. Avec Lucette Jeanjean, le hiatus générationnel pourrait être fécond, mais elle est sourde et oublie souvent son texte. Tu devrais peut-être t’inventer un partenaire.

– Ah bon ? Mais, je pensais que c’était l’auteur qui faisait le casting.

– L’auteur ! faire le casting ? et pourquoi pas les costumes et les dialogues, rigola Dieu ! Non, ici, chacun se débrouille. Aide-toi d’abord et l’auteur t’aidera, peut-être.

– Alors en fait, je préférerais une partenaire. Plutôt jolie, très intelligente et rigolote.

– Invente-toi aussi un passé difficile et opaque, donne-toi une mission généreuse et compliquée et avance léger et joyeux, glosa Dieu.

– D’accord, merci. En dieu, je ne sais pas, mais en coach vous assurez.

– Ah, dis-moi Gros-Lulu, tu n’aurais pas vu Pierre, par hasard ?

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 02:12

– Hé la poule, lança Dieu, tu n’aurais pas vu Pierre par hasard ?

– Cot cot codec…

– Nom d’un chien, jura Dieu, je ne comprends rien, je ne parle pas le gallinacien !

– Dis donc Poule, demanda Œuf, ce ne serait pas monsieur Dieu, le vieux qui gesticule là-haut. On dirait qu’il s’adresse à toi.

– Um wouakbar athanotos belekkhader Peter treloumzob?

– Mais oui, tu as raison Œuf, caqueta Poule. Euh, monsieur Dieu, bonjour mais on ne comprend pas ce que vous dites.

– Cot cot cot…

– Oh Marcellin, vise un peu la poule là, tu vois comme moi, elle parle aux nuages, s’amusa Victoire Malèse. (Ce que n’entendit pas son cousin Marcellin Labrousse en train de régler le gicleur du carburateur de sa mobylette.)

– Vroum, vroum, vroum…

– Que dites-vous, questionna Lucette Jeanjean, surprise que l’on s’adressât à elle.

– Bla-bla-bla.

– Alors tu es mignonne Terre, ricana Soleil, pensant qu’elle lui parlait, mais des déclarations d’amour, j’en ai reçu des centaines et si tu veux avoir quelque chance avec moi, je te conseille de broder un peu, tu m’offres du brouet quand j’espère des crèmes.

– Pfffff. Gnarf gnarf gnarf.

– Tu sais chéri, confia la pole danseuse à son joli mari de fildefériste, parfois, quand je monte trop haut, j’ai l’impression que le soleil se moque de moi, comme s’il me disait « bien, on progresse, plus que 149 597 870,6 km ».

– Ne l’écoute pas mon amour, invente ton soleil et marche vers lui sans mépriser ton ombre.

– Cot cot codec…

– Vroum vroum…

– Non mais qu’est-ce que c’est que ce bordel, s’énerva l’auteur ! Allez, vous retournez tous dans vos dialogues respectifs et fissa. Je vous rappelle que vous n’êtes que des personnages.

– Ah, ça tombe bien, s’enthousiasma Gros Lulu, je vous cherchais monsieur l’Auteur, je voudrais être personnage, vous n’auriez pas un dialogue pour moi ?

– Non.

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