Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
  • Contact

Et Moi

  • ARNO S.
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 02:54

Comme dans le train, il y a dans la vie un sens de la marche.

Partager cet article

Repost0
17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 02:02

Partager cet article

Repost0
16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 07:02

 L’émotion est bruyante et n’a rien à dire pourtant.

Partager cet article

Repost0
15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 02:53

On se lève toujours trop tard et toujours trop tôt sonne le réveil.

Partager cet article

Repost0
14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 02:38

Au jardin du Carrousel, elle fit un tour complet sur elle-même, le bras tendu.

« Musée Aristide Maillol à ciel ouvert, bienvenu. Dix-huit statues de bronze. Tu connais Renaud ? À quoi elle ressemble ta gonzesse ? Moi, c’est La Rivière. » Nora et ses fulgurances. Il fallait que je m’habitue, moi qui étais plutôt coutumier de la lecture lente dans l’ambiance feutrée des bibliothèques et des promenades en rêveur solitaire, je devais apprendre le bouillonnement d’idées, le mélange des genres, la pensée proliférante et l’hyperactivité.

« La Rivière, ça lui va bien comme titre à cette sculpture. C’est drôle, regarde-la bien, à la fois elle est complètement rentrée, elle est seule avec elle-même et n’a besoin de personne et en même temps, elle est ouverte, offerte. »

« C’est vrai, elle s’abandonne sans se perdre. » J’étais assez content de mon petit mot à moi. Nora me sourit et continua la visite guidée.

« La Rivière, en fait, c’est Dina, le dernier modèle de Maillol. C’était une juive russe immigrée ; Maillol l’a choisie comme modèle parce qu’elle ressemblait déjà à ses sculptures ! Trop fort, c’est le modèle qui ressemble aux sculptures, avant de poser ! Là, elle a vingt ans quand elle pose. Mais attends, ce ne sera pas seulement un modèle, pendant la guerre elle sera une résistante active ; elle fera passer des Juifs et des antifascistes en Espagne à partir de Banyuls où Maillol avait une maison. La robe rouge. C’est comme ça qu’on la reconnaissait : les clandestins arrivaient à la gare de Banyuls et devaient suivre une robe rouge qui leur faisait traverser la frontière en passant par un sentier de contrebandiers, le tout à distance et sans se parler. J’aime beaucoup cette femme. C’est beau une robe rouge, et ça peut te faire franchir des montagnes. Si tu veux, un jour, on ira à Banyuls, je ne connais pas, et on passera en Espagne par le sentier de Dina. » Nora venait d’ouvrir la liste de ce que l’on aurait à faire.

« Rouge, c’est ma couleur, je suis toujours habillée en rouge. » Nora portait un pantalon noir, un manteau noir, des bottes noires et un bonnet jaune. Elle ouvrit son manteau pour laisser apparaître un pull rouge. « En fait, j’ai trois couleurs. Je te dis ça au cas où tu aurais envie de m’offrir une voiture, ne te trompe pas de coloris. Le rouge, le jaune et le noir. Et presque toujours, je les marie deux par deux. Le noir, c’est pour "ni dieu ni maître", évidemment. Tu connais Blanqui ? Tiens, viens voir ! »

« Elle, c’est L’Action enchaînée, Maillol ne connaissait pas encore Dina quand il l’a sculptée, dommage, j’aime trop ses fesses. Maillol l’a sculptée en hommage à Auguste Blanqui, Blanqui l’enfermé. Je ne sais pas qui il avait comme modèle à l’époque, mais j’aime l’idée de rendre hommage à un révolutionnaire en sculptant une femme nue, prête à se libérer de ses chaînes. Je crois vraiment que c’est comme ça que toute révolution commence, en libérant une femme. Cette sculpture a une drôle d’histoire. Là, c’est une réplique, le bronze original a d’abord été exposé dans le village natal de Blanqui, près de Nice, devant l’église. Alors très vite, ça a scandalisé les bons chrétiens ; les curés faisaient un détour pour ne pas la voir, certains l’ont même rhabillée. Puis elle a finalement été déplacée et remplacée par un monument aux morts qui devait plaire davantage aux puritains du coin, elle a fini sur une petite place du village, je ne sais où. »

« Si tu veux, on passera par Nice quand on ira à Banyuls, à la recherche de L’Action enchaînée. » Déjà, je nous imaginais faisant le tour de France.

« D’accord, alors ce sera toi le guide, je suis nulle en géographie et en plus je ne sais pas conduire. » Nora ne regardait pas le monde passivement, elle le redessinait. En caressant la sculpture de bronze, elle se mit à chantonner. « "Ma gonzesse, celle que j’suis avec, ma princesse, celle que j’suis son mec", c’est dans son troisième 33 tours, mais ce n’est pas ma préférée, "et puis elle est balancée un peu comme un Maillol, tu sais bien les statues du jardin des Tuileries qui, hiver comme été, exhibent leurs guibolles et se gèlent le cul, et le reste aussi." Tu aimes Renaud ? Je te ferai écouter, Ravachol et Hexagone : "Être né sous l’signe de l’hexagone, c’est vraiment pas une sinécure, et le roi des cons, sur son trône, il est français, ça j’en suis sûr." Tu vas voyager loin avec Renaud. »

Partager cet article

Repost0
13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 02:56

La pensée en cadence : signe de décadence avancée.

Partager cet article

Repost0
12 juillet 2018 4 12 /07 /juillet /2018 02:26

Voir c’est bien mais être vu voyant c’est mieux.

Partager cet article

Repost0
11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 02:13

« Ils partent trop vite », se lamentent en cœur le mâle de l’éphémère et la femme du précoce.

Partager cet article

Repost0
10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 02:36

Hasard, mon ami, que j’aime ton audace !

Partager cet article

Repost0
9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 02:31

Pire encore que les trafiquants de bonheur, il y a les prêtres du malheur.

Partager cet article

Repost0
8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 10:17

Hier soir, c’était vernissage ; exposition collective.

Certaines pépites profitent de l’environnement trouble de croutes bavardes sans pour autant, les ingrates, leur rendre un peu de leur silence lumineux.

Partager cet article

Repost0
7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 02:34

Troisième partie

Nora et moi

 

En 1991, j’ai reçu un coup de téléphone de Nora.

 

Nora, je l’avais rencontrée à la fac de Nanterre, elle était en anthropologie et moi, en lettres. Nous avions fait connaissance peu après la rentrée en octobre ou novembre, c’était en 1980. Nous avions eu une aventure, enfin, une histoire assez sérieuse, disons, une histoire d’amour. C’est à la bibliothèque que je l’avais vue, la première fois ; il est vrai que je fréquentais plus la B.U. que la cafétéria.

« Alors quand tu cherches du René Girard, tu vois, ça peut être en sociologie, en anthropologie, en histoire ou en philosophie, j’ai l’impression que le type il ne pense vraiment pas aux bibliothèques quand il écrit ses livres ; ça fait trop désordre. »

J’étais là par hasard, d’abord étonné et amusé. J’allais vite tomber sous le charme : son humour, sa voix éraillée, son assurance, sa culture, sa beauté. Je ne pense pas qu’elle s’adressait à moi, elle ne m’avait même probablement pas remarqué. J’avais une idée très vague de ce que Girard écrivait en revanche, j’avais une envie très claire de communiquer.

« En effet quel désordre, d’ailleurs, je serais prêt à l’adopter en littérature, le bon René. » Surprise, elle s’était tournée vers moi et m’avait fixé sévèrement de ses yeux noirs. Cela m’avait semblé durer une éternité, comme si je passais un oral, mais un oral muet devant un jury silencieux. Puis, sans transition, elle avait souri. Je crois qu’elle avait aimé ma réplique. Finalement, c’est moi qu’elle adoptait.

« Décidément, on trouve de tout dans les bibliothèques, des jeunes des vieux, des mâles des femelles et même des enfants perdus. » Elle se moquera souvent de ma tête d’adolescent de bonne famille. J’ai toujours fait dix ans de moins que mon âge.

Je ne vais pas beaucoup vous surprendre, Nora me fascinait. C’était une extravertie solitaire, comme un soleil sans planète. Je devenais son satellite unique.

 

Nous nous étions revus le samedi suivant au jardin des Tuileries.

« Tiens, cadeau, j’ai trouvé que le titre t’allait bien. » Elle m’offrait Mensonge romantique et vérité romanesque de René Girard. « Bien sûr qu’il faut se battre contre toute forme d’aliénation, c’est insupportable d’être réduit à l’état de pion interchangeable, nul n’est remplaçable, mais si c’est pour tomber dans l’illusion romantique de l’autonomie et laisser nos petits moi-moi-moi ferrailler pour voler la part du voisin et parler plus fort, alors on n’aura pas avancé d’un pouce. »

Nora parlait beaucoup, vite et bien. Au début, je devais me concentrer pour la suivre, parfois je décrochais et me contentais de l’observer danser avec les mots et les idées ; elle passait toujours par les mêmes étapes et j’aimais cette dramaturgie. D’abord, elle partait loin et vite sans se soucier de vérifier si on la suivait, le regard perdu et les sourcils froncés, en marchant souvent, puis elle s’arrêtait, vous fixait de son regard noir et sévère pendant d’interminables secondes et se détendait ensuite pour finir par sourire, parfois elle penchait la tête en arrière et riait aux éclats. Je l’écoutais, subjugué ; je la regardais, émerveillé.

« On a tous un modèle, un idéal, un dieu même ; ce n’est pas grave, l’important c’est de le savoir et de laisser les portes du temple ouvertes. C’est ce que m’a appris l’anthropologie, le moi n’est pas haïssable, il est introuvable, il est creux, il est vide ou plutôt, il est plein de tout sauf de moi ; c’est ça le grand mensonge romantique, le moi profond, et la morale qui l’accompagne, être soi-même. » Voilà, je découvrais Nora et ses formules percutantes ; elle n’avait pas fini de m’étonner. « Au plus profond de toi, il y a du monde, beaucoup de monde, mais ce n’est pas là que tu te trouveras. »

Il était 16 h, il faisait froid déjà, j’avais faim, je crois, j’étais en train de tomber amoureux.

Partager cet article

Repost0
6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 02:50

Depuis la disparition des cahiers, nous ne savons plus tourner la page et nos histoires n’en finissent pas de finir.

Partager cet article

Repost0
5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 02:52

Quelquefois les malentendus sont compatibles, alors on se comprend.

Partager cet article

Repost0
4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 02:45

D’abord tu sais, puis, tu le dis et le montres avec fierté, ensuite tu doutes et t’en inquiètes, enfin, tu comprends que tu ne sais rien et tu t’en fous.

Partager cet article

Repost0
3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 02:10

Là où l’attente sait vouloir, là où le geste veut patienter, se tenir.

Partager cet article

Repost0
2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 09:01

Dans le silence sans manque

De l’aube à peine encrée

Montent le mensonge du monde

Et les signes d’une lumière pleine

Partager cet article

Repost0
1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 02:05

Le pédicure est devenu podologue et depuis, il n’a plus cure de votre pédi mais il conçoit des orthonyxies et des onychoplasties pour votre podo. Logique !

On attend l’arrivée des manologues.

Partager cet article

Repost0
30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 02:16

Novembre 1989. Odette a gagné. J’ai longtemps cru pouvoir y arriver, mais je dois me rendre à l’évidence, je n’écrirai pas l’histoire vraie d’Odette.

Voilà, j’ai pris ma décision. J’ai un ancien ami qui écrit bien ; il donne parfois dans la romance sirupeuse et touche surtout les jeunes femmes trentenaires (celles qui ont « l’impression de passer à côté de leur vie »). Peu importe, j’aime vraiment comme il prend soin de ses personnages ; il saura prendre soin de nous. Je vais lui remettre mon manuscrit et lui demander d’en faire un livre. Bien sûr il écrit des romans, mais cette histoire est tellement romanesque et tragique qu’il lui suffira de dire ce qui s’est vraiment passé sans rien inventer pour avoir son livre, ses lectrices le suivront même peut-être.

Odette nous a présenté sa version, tellement différente de la mienne. Je continue à penser qu’elle a adouci et flouté le tout ; il n’y avait sans doute pas volonté de tromper, mais elle a fait le jeu de ses fantômes. Quant à moi, peut-être ai-je durci le trait comme par réaction, peut-être ai-je été dominée par mes démons personnels. Le vrai doit se trouver quelque part entre les deux.

(Après les fantômes d’Odette et les démons de Nora, il serait bien présomptueux de vous annoncer enfin la vraie vie des personnes réelles. Odette, je n’en sais rien de plus que ce j’ai lu, comme vous, en revanche, j’ai connu Nora et je peux vous apprendre deux ou trois petites choses la concernant. Ah au fait, je suis l’écrivain qui donne parfois dans la romance sirupeuse ! C’est moi qui ai récupéré le manuscrit de Nora et vous êtes en train de lire le livre que j’en ai tiré.)

Partager cet article

Repost0
29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 02:19

Il a les feux de l’aurore et la légèreté de l’air du soir, l’imprévu. C’est beau.

Partager cet article

Repost0
28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 02:23

Quand on « passe à côté de sa vie », elle va où sans nous ?

Partager cet article

Repost0
27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 02:40

Alors oui, triomphal et sublime, inondé de lumière et d'amour, l’artiste fait hurler ses fans, mais ce n’est pas lui qui, dans l’obscurité anonyme du dernier rang, emballe sa voisine.

Partager cet article

Repost0
26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 02:00

L’écriture ne remplace pas la vie mais elle lui tient la tête hors de l’eau, le temps d’un chapitre ou deux.

Partager cet article

Repost0
25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 02:32

Il y a au fond de tout savoir une ignorance espiègle et rieuse.

Partager cet article

Repost0
24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 02:34

Parfois, par effraction, la présence se donne, implacablement.

Le crayon s’en souvient et brode un peu aussi.

Partager cet article

Repost0