Lui (gourmand mais nostalgique, tout excité pourtant) : Dis donc, en attendant minuit, on pourrait se faire une soirée diapo.
Elle (naïve mais déconcertée, voire franchement agitée) : Hein ? Diapo ? C’est quoi ce truc ?
Lui (gourmand mais nostalgique, tout excité pourtant) : Dis donc, en attendant minuit, on pourrait se faire une soirée diapo.
Elle (naïve mais déconcertée, voire franchement agitée) : Hein ? Diapo ? C’est quoi ce truc ?
Autre hypothèse (plus complexe à appréhender) : quoique nous déclinions résolument, c’était encore pire avant.
Moi aussi, je peux ne pas être d’accord et j’imagine le carnage si j’avais dans mon réfrigérateur un petit stock de Novitchok prêt à l’emploi.
Ça va, j’ai dit « j’imagine… ».
Nous ne sommes faits que d’imitations et de citations – approximatives, le plus souvent.
Les experts m’exaspèrent.
Je l’ai déjà dit récemment ? Eh bien ça veut dire qu’ils m’exaspèrent encore et beaucoup.
Régler un conflit, dit-on justement. Je résiste contre cette idée froide et rigide qui pourtant s’impose : la paix n’a que faire de la rondeur des émotions et du galbe des sentiments, il lui faut d’abord un cadre juridique, des règles de droit, un plan aux traits nets et aux mots précis.
Le boudin blanc passe bien avec un Costières de Nîmes. On dit aussi qu’il serait plus petit que celui d’un Noir. Alors là, je demande à voir… enfin, c’est une formule.
… et bonne dégustation !
Bon, demain c’est Noël et je cherche. Il me faut trouver quelque chose de joli à dire, qui soit comme un cadeau de mots offert à mes lecteurs. Une petite phrase belle, courte et joyeuse. Je cherche. C’est bête, j’aurais pu prévoir ça, parce que Noël, c’est toujours le 25 décembre et feindre la surprise serait malhonnête. Pour le moment, je ne vois pas. Je cherche mais ne vois pas. Il me reste quelques minutes, ça suffira peut-être. Alors évidemment, il ne faut pas s’attendre au cadeau du siècle, la petite phrase géniale qui vous vient une fois dans votre existence. Là, je cherche encore et on en est loin. Remarquez, je me contenterais de la petite phrase de l’année parce que la petite phrase du siècle, c’est très rare qu’elle vienne surtout quand on la cherche. C’est un peu comme vos lunettes ou vos clés, vous ne les trouvez – c’est ballot – que quand vous ne les cherchez pas. Oui je sais, la comparaison est ridicule, mais je n’ai pas dit que c’était ma phrase de l’année. Ou peut-être la phrase du mois. Oui ce serait déjà bien, vous offrir la phrase du mois. Seulement voilà, ça ne vient toujours pas et l’heure tourne. Je devrais commencer par délimiter un champ et chercher une phrase sur la paix ou le football ou Annie Ernaux ou Petit Ours Brun ou la Transnistrie ou le revenge porn ou les marrons glacés ou le CBD ou la Clio V ou, je ne sais pas moi, le cancer du côlon ou le gaslighting (ah bon ! vous ne connaissez pas ?) ou Céline Quatennens… les sujets ne manquent pas, non ce qui manque, c’est autre chose. En plus, je vous connais, vous vous dites, comme d’habitude il va nous trouver une chute remarquable. Mais non, je n’ai pas de chute, pas de petite phrase du mois - ou de la semaine, ça irait aussi - et c’est maintenant l’heure de mettre en ligne mon texte. Je pourrais tricher et taper sur mon moteur de recherche « petite phrase du jour ». Mais non, ce serait manquer d’ambition et ce n’est pas mon genre. Aïe c’est l’heure…
Chouette, j’ai trouvé !
« La phrase est en toi et nulle part ailleurs. »
(On dirait du Christophe André, vous ne trouvez pas ? Promis je n’ai pas copié.)
Chez moi, la première réaction est toujours mauvaise. Ce qui ne signifie pas que la seconde soit meilleure.
Dorment en nous tous un héros ou une crapule. Si la guerre les réveille, la paix entretient leur somnolence.
On parle peu du « délit de contexte ». Qu’un abruti patenté émette une vérité profonde et originale, on trouvera cela plat et rebattu ; qu’un intellectuel reconnu professe des âneries et l’on imaginera un sens caché et sublime.
Il colle à la peau, le contexte et farde les discours.
– M6.
– Touché.
– C8.
– Coulé.
– Mais non !
– Messi !
Alors là, le Buy French Act, je vote pour. D’ailleurs, dans la foulée, je proposerais bien un Speak French Act.
Je ne sais que penser de cette association que font les psychanalystes entre la défécation et la domination voire le sadisme. Pour ma part, j’y vois une activité plutôt solitaire et paisible et si la présence d’autrui ne me gêne pas, je ne manque jamais de gratter un peu la terre pour recouvrir mes excréments et n’importuner personne.
– Honnêtement, Dieu, ça ne t’arrive jamais de t’ennuyer un peu, depuis le temps ?
– Jamais, mon bon Pierre, chaque jour livre son lot d’imprévisibles nouveautés, je n’arrive même pas à tout regarder. Tiens, passe-moi la télécommande.
Pouah ! Le cas Quatennes sent mauvais. La mère de toutes les vertus est la gentillesse.
Je ne me remets pas des fins tragiques de Blanquette et d’Agneau. Cela dit, on n’épargne guère les loups, on les méprise quand on ne les chasse pas ; il eût été juste que Daudet et La Fontaine leur accordassent quelques garanties de sécurité.
Allez, ça me redonne confiance de voir tant de gens s’extasier devant un coucher de soleil qui, somme toute, revient souvent. Un coucher de soleil, tout simplement.
Marie-Jeanne Laméline se désolait de la timidité de son voisin qui la saluait poliment chaque jour depuis des années sans jamais l’aborder.
– Non mais quoi, il veut peut-être aussi des garanties de sécurité !
– Et si on fuguait, se prit à rêver Petit boomerang, parmi l’écume inconnue et les cieux.
– Euh…, hésita sa copine Balle de tennis, tentée mais mal armée pour les départs sans retour.
– Qu’est-ce ça veut dire ces cris, demanda la jeune maman émue et déjà amoureuse ?
La sage-femme consulta son téléphone.
– Alors selon Google Traduction, votre bébé dit “il faut me donner des garanties de sécurité”.
Il faut être deux pour danser le tango, dit-on justement. Il faut être trois, je crois, pour apprendre à le danser.
Ils avaient déjà longuement échangé dans l’atelier de Rodin. Il avait bien senti qu’il ne la laissait pas indifférente. Il voulait avancer encore un peu dans la relation et envisageait de lui envoyer un nude, à la Femme accroupie. Puis le Penseur s'était ravisé.
Ces experts m'exaspèrent et me désexpèrent.