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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

  • ARNO SABATIER
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 13:16

Caresse l’animal qui t’habite, nourris ton enfant intérieur, accueille l’étranger qui chemine en toi, prends soin de ton ange blanc et n’oublie pas de sortir les poubelles.

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 02:23

Les mystères nous écrasent, les énigmes nous agacent, les problèmes nous tracassent, seules les questions nous animent.

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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 01:54

Je ne suis pas loin de penser qu’Il est en train de nous tester, le Grand Administrateur. Il teste notre patience, notre résistance à l’absurde, notre aptitude à privilégier l’essentiel et les exercices imaginés par Épictète, Taisen Deshimaru ou Émile Coué sont de la gnognotte à côté de son épreuve du « tapez dièse ».

Mais si, vous savez bien, « je n’ai pas compris votre choix, essayez de taper avec le majeur, en équilibre sur le pied gauche », ou bien « en raison du nombre important de candidats en train de passer l’épreuve, rappelez demain », ou encore « vous pouvez demander que cette conversation ne soit pas enregistrée, vous pouvez également demander que l’on ne revende pas vos données personnelles, en ce cas vous gagnerez, pour votre sens de l’humour, notre carte premium privilège qui vous donnera le droit de vous faire voler beaucoup plus de données personnelles que les autres », etc.

Jusqu’à présent, j’ai toujours échoué, le plus souvent très près du but, mais je sens que je progresse. Allez, j’y retourne… « troisième et dernier essai pour taper votre mot de passe, une erreur de plus et votre carte sera définitivement avalée ».

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 01:10

Le ciel est à la bonne hauteur.

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 02:08

Je ne comprends pas cet acharnement ; plusieurs fois par jour il refoule tous les messages envoyés par Amourette (Ludmilla l’avait laissé indifférent, elle n’a d’ailleurs pas insisté). Mais avec Amourette (qui est assez prolixe, il faut bien le reconnaître), l’administrateur de mon filtre anti-spam est sans pitié et sa rigidité excessive me semble suspecte, je ne serais pas surpris d’apprendre l’existence d’une histoire passée malheureuse entre Amourette et lui.

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 00:51

M

Le M est une montagne.

Un massif peut-être même. C’est le Mont-Blanc ou l’Himalaya ; une montagne en Mongolie, au Maroc ou au Monténégro. Renversez-le, le M, eh bien c’est toujours une montagne, mais russe cette fois. La hauteur augmente puis elle diminue, on monte, on monte, on culmine au sommet – avec un panorama dégagé sur tous les mots de la page – et on retombe. Quelquefois, on en met deux à la suite, MM., quand on parle de Messieurs en costume avec mallette, des ministres ou des managers, mais alors, avec ces Ms jumeaux, il y a beaucoup de montées et de descentes, ça peut donner mal au cœur et faire vommmir.

Manon (c’est mon amie, elle n’est pas mariée, mais a beaucoup d’imagination) voit un monstre maléfique qui marche vers elle, comme une immense fourmi mécanique avec des mandibules mortelles ou une mygale menaçante qui ne mange que les enfants de huit ans et demi.

Dans mon monde à moi – je n’en démords pas – le M est une montagne, ni magique ni maléfique, seulement… montagneuse.

Ce que je trouve amusant, c’est que mer commence par M aussi. Je m’interroge ? En Méditerranée, la mer est calme, mais dans le détroit de Malacca, je ne sais pas, il doit y avoir des vagues démesurées, hautes comme des murs et dures comme des montagnes. Alors on monte et on descend et on monte, on a le mal de mer et on vommmit là aussi.

Aujourd’hui, le niveau de la mer monte et la hauteur des montagnes diminue. C’est dramatique. Le monde est malade et les humains sont de mauvais médecins.

M, évidemment, c’est le mot des amoureux, ceux qui sèment des mots tendres et intimes comme des poèmes. Mais l’amoureux n’est pas toujours un bon marin, et comme en mer, dans la tourmente, il lui arrive d’avoir mal au cœur.

Le M est une montagne, mauvaise ou sublime, on l’aime malgré tout.

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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 00:24

On se trouve unique ; on se perd multiple.

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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 06:43

D

Pour le D, c’est un peu plus difficile à voir, parce qu’il s’agit d’une idée : disons-le d’emblée, le D est un défi. Ce n’est pas évident, je le concède, on dirait plutôt une voiture couchée qu’il faudrait redresser. C’est déroutant ! Bon, une idée, d’accord, mais idée de quoi ?

Regardez bien, la lettre est dynamique, le D va doucement vers la droite, on dirait une flèche à la pointe arrondie ou un index – disons le bout du doigt – qui donne la direction.

Pourtant, il bedonne un peu le D, comme un directeur ; on peut même se demander s’il n’était pas destiné à dominer, tel un commandant qui reste derrière, mais donne les ordres. D comme directeur, mais D comme dictateur ou despote. Si on la redresse (la voiture couchée), si on dégonfle les pneus et réduit l’arrondi du toit, le D redevient alors à un Δ, son ancêtre grec. Ce delta est un triangle indétrônable, solidement posé et dirigé vers quelque divinité d’en haut dans une posture idéale et définitive. Le Δ est un D indestructible et taillé comme un diamant, mais il est sans devenir.

En se renversant, le D a perdu cette perfection euclidienne, il a pris des rondeurs, il n’est plus obsédé par le monde des idées, il indique la droite, c’est-à-dire le mot d’après ou le déroulement de l’histoire, bref ce qui ne dure qu’un temps. Le Δ pointu intimidait et nous rendait dociles ou modestes, le D nous désempare, mais nous rend audacieux et indépendants.

Le D est un défi, un appel à découvrir ce qui viendra, une invite à désirer plus qu’à espérer. Il tourne le dos au passé, reste indifférent aux espaces idéels, il donne congé au divin et dirige vers des lendemains d’homme, des lendemains à dessiner.

Bien sûr il faut aller au bout de la ligne, et on ne peut pas sauter les pages, il faut attendre parfois. Il y a des règles de grammaire et d’orthographe, mais on peut décider de son texte.

On ne défie pas l’ordre de la nature et il est des choses qui doivent être, mais on peut dire non au destin, non à une distribution des places et des rôles, non au dogmatisme.

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 02:31

Difficile d’imaginer un monde sans météo. Sans ce sujet qui occupe 95% de nos conversations, les hommes seraient muets ; ou peut-être deviendraient-ils tous philosophes et poètes, l’esprit et la langue disponibles pour l’essentiel.

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28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 20:19

La protection de la nature est une idée, et une idée qui n’a rien de naturel.

Ceci ne justifie pas la culture de l’agression.

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 20:13

C’est donc la mode des jeans taille haute, cette année. C’est dommage de s’être arrêté en route, à quelques centimètres près, ça faisait aussi masque.

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25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 18:50

Difficile d’éviter les stéréotypes dans les jugements ordinaires. Très difficile d’éviter les stéréotypes dans la critique des jugements ordinaires.

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 03:16

On sera probablement fort déçu quand on découvrira le processus de fabrication d’une idée, un peu de chimie, un peu d’électricité, un peu glucide, un peu de protéine…

Profitons encore de notre ignorance et laissons-nous bercer par l’illusion du moi créateur de l’écrivain.

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 03:19

La pensée n’est pas un sport collectif.

Il me semble – je ne suis pas spécialiste – que les grandes idées naissent dans la solitude du banc de touche, pas dans la cohésion du terrain.

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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 02:23

« Ôte-toi de mon soleil, tu me fais de l’ombre », aurait dit Diogène de Sinope à Alexandre le Grand.

Oui mais s’il avait été malin, en plus d’être cynique, il lui aurait dit plutôt, « Ne bouge pas d’un poil, tu me fais de l’ombre ». Ou peut-être était-ce avant le dérèglement climatique et les canicules estivales.

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 02:39

Balourdise et rutilance du rut à sec : l’erratique galipette des flibustiers de la polenta ; les simagrées obsidionales d’un orpailleur patibulaire ; la fragrance safranée de l’inénarrable Olivine de La Valette… Des mots, des mots, des mots ! L’hybris lexicologique n’a rien d’une ratatouille de plouc, quant à la cataracte immarcescible des bateliers en goguette, elle flatte la trompe d’Eustache sans ambages ni régurgitation. Ah ! les mots ! Liserée, bât, mouclade, asticot des marais salants. Des mots, des mots, des mots ! La sidération du râle, les affabulations du pomologue, le foutriquet au paratonnerre. Le ru, les ifs et ton zob. La lie, l’orée et Manon. Je te turlupine, tu me ravigotes, il lambine, elle badine, nous avalisons, vous clapotez, ils démystifient, elles récapitulent. Rodomontade, hypoténuse et caténaire encore. Et boulodrome, même.

Bon, les histoires parfois nous distraient, nous amusent, nous intéressent, mais les mots. Les mots, les mots !

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 02:53

G

Cette lettre étrange me gêne. Je la trouve gauche, voire grotesque. Peut-être même dangereuse.

Ça partait pourtant d’un bon geste, un C clair, généreux et grand ouvert ; mais alors pourquoi cet ergot qui gâche tout ? Un joli galbe à gauche, et l’on aurait bien imaginé une fin en escargot pour une lettre élégante et distinguée ; mais non, le G s’achève en guerrier cagoulé, ganté, gainé, ou pire encore en géronte dérangé et goitreux. Certains verront un général galonné, d’autres un gendarme aguerri (certains même, avec un peu d’imagination, pourraient voir un gendre agile et galant), je vois, moi, un grossier personnage au visage ambigu.

Je n’aime pas le G. J’ai une image dégradée du G. Je pense à une grotte de troglodytes, une guérite trop bien gardée qui ‟protège” des voyages, un gouffre aveugle et sans paysage, un ghetto.

Et puis cette lettre est d’un autre âge, je la regarde et surgit un Gaulois grivois, un gavroche, galoches aux pieds, un danseur de gavotte dans une vague gargote, un grammairien dégénéré, un ivrogne graveleux, un bigot gâteux, un démagogue enragé, un sale gosse, un geôlier angoissant, un grabataire, un gueulard, un gros lard. Cette lettre est disgracieuse et vraiment pas rigolote. Je n’aime pas le G, l’aurais-je déjà dit ?

Quand même, pensé-je ? Ces jugements ne sont-ils pas exagérés ? Le G n’est-il pas victime d’un délit de sale gueule. Ce serait très grave ? Comment exiger d’une gutturale qu’elle inspire gaité et magie ! Il n’est pas besoin d’être docteur en laryngologie pour comprendre que G obéit à une géographie glandulaire et invaginée, le son vient des tréfonds de la gorge, derrière la glotte : ça gronde, ça gratte, ça grinche, ça grince, ça grommèle, ça grrr. Rien qui ne saurait engendrer un gazouillis angélique, non, seulement des borborygmes rugueux et inélégants.

Ou peut-être le G est-il un jeu ? Il serait une gangue cachant quelque gemme à découvrir, une graine à faire germer, une génération future à héberger. Le G aurait son génie, caché, fragile, à venir. Lettre gravide, grosse de ce que l’on ignore encore, le G ouvrirait une nouvelle genèse, non pas une théogonie fantasmagorique, non pas un big bang, mais l’histoire d’un engendrement, celui d’un être engourdi.

Voici donc un abrégé rudimentaire et hypothétique quoique logique. Je laisse les usagers du G réagir et engager le dialogue.

(Un mot encore – pardonnez la longueur du monologue quelque peu dogmatique, mais je me régale – sur ce que donne à entendre le G ; parlons phonologie, pour le dire simplement. Je le dis sans agressivité mais avec énergie, le G est un piège, le piège de l’ego mal déguisé puisque l’ego est un ‟je” en langue étrangère. Le G est un ‟j’ai” fatigant qui geint beaucoup et agit peu ; le G appelle au bavardage égocentré ; le G fait ombrage à la parole sage et à l’agir partagé. Décidément, non, je n’aime pas ce G peu intègre et envisage de le gommer.)

 

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 08:44

On ne peut pas mener tous les combats, lança-t-il.

Courageusement et armé de son matériel de nettoyage sophistiqué, il retourna traquer la moindre salissure qui attaquerait lâchement sa voiture.

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18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 12:31

Caché derrière mon masque, j’adore épier les étrangers que je croise. J’oublie seulement que mes yeux dépassent un peu.

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 02:01

« Tu sais que tu as fait une vraie rencontre – je veux dire un truc vraiment important – quand plus rien ne tourne comme avant ». L’astéroïde (1) Cérès rêvait secrètement d’une belle collision romantique avec Mars (plutôt que Jupiter).

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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 02:59

Dans ces Restes du Banquet, j’ai écrit 734 fois le mot écrit, 429 fois le mot mot, 56 fois bernique, 28 fois marteau-piqueur, mais une fois seulement zinzolin, comédon, vésanie et jamais frisolette ni balbifiant.

Il n’est pas impossible que cette maîtrise lexicale, si je puis me permettre, ait un rapport avec le nombre de lecteurs, modeste certes, mais stable et plus qu’honorable.

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 02:59

Tout ce temps perdu à en gagner.

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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 02:53

Je serais curieux de voir ce que ça donnerait un Andy Warhol écrivain qui demanderait à ses assistants de photocopier des pages de poètes ou romanciers célèbres.

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 02:14

Les mots, c’est un peu comme les mets, certains vont vraiment bien ensemble. Par exemple, florilèges et sarabandes, ou fil de fer et salsifis, ou encore musc, zélote et infarctus. Bon, parfois, il faut ajouter un liant. Et puis d’autres se marient mal, prenez vilipender et robe de chambre, berk ! ou bien carnet de bord et tour de contrôle, non, ça ne colle pas, ou boîte de quatorze et saphir.

L’écriture est une cuisine, il faut avoir du palais.

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11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 09:08

C

Faut-il aussi qu’une lettre soit ouverte ou fermée ? En voici un cas de conscience.

À l’écoute déjà, le C balance entre le S de ‘cesse’ et le K de ‘casse’, c’est comme ça, une occlusive qui sait siffler aussi (sans parler de ce chuintement comique quand il est au contact d’un H). À l’écrit encore, c’est un cas particulier, ni clos comme un O, ni ouvert comme un I – serait-il indécis ? On imagine une enfance compliquée : cercle claustrophobe, le C aurait fracassé une cloison pour clamer son existence et accueillir des clandestins, ou au contraire, arc quasi rectiligne, sans cachette aucune, il aurait recourbé ses extrémités, pour se construire un coin à soi. Incertain, le C se cherche.

Si on le bouscule, le C basculera à gauche, ensuite, tel un culbuto moqueur et farceur, il reviendra toujours à sa nouvelle place et sera aquarium ou casserole ou pot à incontinence, bref un contenant très commode, mais pas un C. S’il se casse la figure à droite, il fera un tunnel court et sans mystère ou un coussin confortable ou un serre-tête pour écolière classique, mais pas un C non plus. Au contraire, dans sa condition initiale, le C est en équilibre instable, il tient on ne sait comment sur le côté. Incertain, le C se cherche.

Pourtant, vu d’ici, c’est clair, le C est une courbure, celle d’un corps – c’est la courbure de votre cul ou le creux de votre cou. Couchez-le, dupliquez-le et vous obtenez un corsage échancré qui invite à la caresse.

Voilà c’est ça, le C est la trace d’une caresse. Et le geste d’une alliance. Quand la main passe et repasse mais ne reste pas, quand elle court sur le corps et circule en surface, quelque part au-dessus du cœur. Caresse lexicale encore, quand le mot console ou cajole, quand il berce et consonne, sans vouloir convaincre. Doucement chorégraphié, sincèrement calligraphié, le C jamais ne passe en force, il ne s’impose pas, il épouse la chair des corps et le contour des courbes.

Le C n’est pas une chose, c’est une trace, c’est un geste. La trace d’une caresse qui connaît la bonne distance. Le geste d’une alliance qui renonce à conquérir.

Le C est délicat et câlin, il ne proclame rien, ne combat pas, ne capture pas, ne confisque pas, il sait même céder. Toujours en quête, il écoute mais ne conclut pas. Incertain, le C se cherche.

Mais ce n’est pas un casse-tête, le C ne cache aucun secret, ce n’est pas une crypte, ni un caveau, ni un coffre cadenassé, on aperçoit simplement un petit recoin discret, en contrebas, pour se recueillir et ne pas être sans cesse exposé.   

Le C inspire confiance, comme un confident qui comprend sans cerner, un complice qui explicite et incite sans excès, un compagnon qui accompagne sans s’accrocher, sans s’incruster, qui contente sans contenir.

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