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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

  • ARNO SABATIER
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 03:24

Soi

On peut se parler à soi-même, s’énerver contre soi, on peut rire de soi, on peut se mentir, s’encourager ou s’accabler, on peut se gratter, se toucher, on peut s’en vouloir, se faire plaisir, se regarder, mais il me semble, je me trompe peut-être, qu’on ne peut ni se câliner ni même se sourire.

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 03:23

Décroissant mais esthète, il utilisait les cendres de ses proches pour entretenir son jardin zen et les os de ceux qui refusaient l’incinération pour construire des mobiles.

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 03:44

X

C’est explicite, X est une croix. D’aucuns verront un envol d’oiseaux, des épéistes belliqueux croisant le fer ou les pieds d’un curieux tabouret ; d’autres décriront un casse-noix ou un gaillard vigoureux appelant les applaudissements après le récit de ses exploits (mais là, quand même c’est exagéré !). Non, un examen exhaustif serait vain, X est une croix, point.

Sans vouloir vexer quiconque, précisons qu’il ne s’agit pas de la croix du Christ ┼, pas le crucifix. Non, il s’agit de la croix de l’interdiction – interdixion faudrait-il écrire –, comme dans le Code de la route. Le X est l’expression de l’interdiction.

Cette croix a peut-être quelque chose de religieux, mais derrière tous les exemples, elle exprime en creux une prohibition exclusivement humaine. Une interdiction qui délimite les lieux en excluant ainsi les territoires extrêmes, ceux des dieux, ceux des animaux.

La croix, c’est la loi, lex disaient les Romains, mais une loi extraordinaire, la loi fondamentale, à savoir l’exigence première censée apporter la paix en régulant les excès, bref la loi qui fixe l’humanité de l’homme. Voilà pourquoi elle porte sur le sexe. La crucifixion initiale, c’est celle du sexe et toutes les autres lois ne sont que des annexes à ce codex fondateur.

Le X est sexuel et le seXe est réglementé. On parle parfois de sexualité pour rendre la chose plus savante, on la confie à des experts, docteurs en sexologie, ce qui est une autre façon de la censurer. Le lexique est souvent prétexte à l’exercice d’un pouvoir et le sexe ne fait pas exception, bien au contraire. Parfois aussi, on déguise la lettre, comme pour s’excuser ou expier quelque faute ; on en fait un double C culbuté, ƆⅭ. Il a beau se cacher, le X est seXuel. Et plus on le met à l’index, puis il excite.

Plus on l’interdit, comme un vice monstrueux, plus il exerce sa fascination. Honteux, on le cache ici, mais on l’exhibe là et l’on fait commerce d’excitation, c’est l’industrie du X et le règne des proxénètes. Ce n’est pas mieux, ça devient même hideux. C’est ainsi, l’interdiction donne du prix. Le sexe est délictueux, mais le délit est délicieux.

Dans les deux cas, condamnation par des tribunaux de faux dévots ou exploitation par d’odieux trafiquants d’organes, il y a confiscation, par excès ou par défaut. Les deux axes du X se croisent, les deux C s’accolent, les vertueux et les vicieux se confondent. Les pieux qui censurent sont souvent les libidineux qui consomment. Le seXe est à lui tout seul un oxymore.

Rien de ceci n’est faux, mais examinons plus avant ; la chose sans doute est plus complexe qu’on ne le croit. Le X pourrait bien se révéler précieux en ces temps de repli frileux et de xénophobie décomplexée.

Il est des croix qui biffent, excommunient, qui interdisent et excluent, soit, mais d’autres donnent à voir aussi et exposent des choix. Les croix peuvent être les fardeaux de portefaix, elles peuvent signer les adieux faits à la nécessité. Le fastidieux se fait exaltant et le licencieux, exigeant. La censure pour les peureux, sans devenir un appel à la luxure, se transforme en invitation pour les aventureux.

Je m’explique. La croix, c’est aussi la croisée des chemins, quand quatre, six ou dix exils nouveaux s’offrent à l’exploration. Le X dessine une cartographie luxueuse et désorientée. Le X ouvre des lieux géométriques inconnus et fabuleux. Le X convie à des expéditions textuelles.

On peut écrire des textes hétérodoxes aux élans fructueux à même la chair. Les seXes – X est aussi la marque du pluriel et le mot devrait s’écrire ainsi pour attester une stricte équité – ne sont plus réduits alors aux seuls organes génitaux, ce qui les rendrait fort ennuyeux. Ils ne visent plus exclusivement un présumé climax. Peut-être existe-t-il un centre exact, le nœud du x, point radial et radieux, mais il faut extrapoler, s’évader, expérimenter aussi bien les sentiers ténébreux que les chemins lumineux. La voix, les yeux, les cheveux sont autant d’excursions qui peuvent mêler l’exquis au mystérieux.  

Le X est un appel à l’existence des seXes. Il nous dit qu’exister, c’est excéder, c’est s’exiler, loin hors de la doxa – lieux communs et voix triviales. Non sans paradoxe, les extrêmes sont à proximité, dans le creux des reins, dans les jeux de mains, dans les aveux tendres et affectueux des amoureux.

Le X est un appel à l’expression des seXes. Tantôt silencieux, tantôt prolixe, le poète des seXes développe un lexique audacieux pour des temps nouveaux. Loin des réflexes, il invente des gestes gracieux.

Le X est un appel au voyage des seXes, sans doute faudrait-il les exfiltrer hors de la chambre exiguë des époux jaloux, là où les lits conjugaux les retiennent en otage.

Le X est excentrique, si l’on veut, mais il émeut tous les yeux et voile toutes les voix. Il brille et brûle comme les feux de la vie.

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 03:52

La possession ruine l’estime comme la disponibilité menace la considération.

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 08:52

Les hommes n’aiment rien tant que prévoir et chaque prévision qui se révèle juste leur semble être une victoire ou mieux une vengeance contre le désordre du monde.

Et de là-haut, assis sur une molécule d’eau, le hasard se tord de rire.

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 03:53

Décale ta vie.

On se comprend n’est-ce pas ? Je veux dire enlève la cale qui t’empêche d’aller.

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 07:51

Tout est vain, en effet. Et alors, pourquoi faudrait-il toujours que tout soit utile et efficace, que tout ait un but et une raison ?

Tout est vain, certes. Et cela ne nous empêchera pas d’aller jeter des galets dans l’eau avec beaucoup de concentration et de plaisir.

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 03:26

– On a tous une mission et c’est important de savoir pourquoi on est là. Moi j’ai été conçu pour rendre les gens bons.

Il sortit une botte de persil et son grand couteau.

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 03:27

Foie avec les pieds !

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 03:45

Y

D’emblée, la lettre nous semble venir d’un autre pays. Ayatollah iranien, bayadère hindoue, bey turc : que des étrangers. Même chose pour les animaux, oryx de Libye, hyène rayée du Moyen-Orient, mygale, yéti ; ou pour les végétaux, ylang-ylang de Mayotte, yuzu japonais, peyotl, yucca. Y aussi pour les créatures étranges : cyclope, cynocéphale, lycanthrope, satyre. Le Y ne serait-il pas la plus étrangère des lettres françaises, sympathique, mais pour le moins typée.

Il faut commencer par son nom. Ça peut sembler incroyable, mais il n’y a pas de y minuscule en grec. Il y a bien un i grec, c’est le ι qui s’appelle iota ; il y a aussi un u grec, le υ qu’on appelle upsilon et qui devient souvent y en français, comme dans ὑπόθεσις (hupothesis) qui donne hypothèse. Vous y êtes ? Un i oui, un u bien sûr, mais pas de y minuscule en grec. Il n’y a là rien de bien curieux, le u minuscule devient un Y majuscule (en grec, pas en français). Vous voyez ? Si on veut du Y, c’est chez les Yankees qu’il faut aller. Mais soyons prudents, ni i ni u, il s’y prononce ouaille, comme dans why, pourquoi. Et après tout, why not?

Bon, essayons d’avancer. Que voyons-nous en regardant un Y ? On peut imaginer un type les bras levés en V, mais la posture est polysémique : soit il est en train de s’apitoyer sur son sort (oh non, why me encore !), soit c’est le symbole de la victoire (Yes!, traduction : youpi ! j’ai gagné !).

Why?, c’est aussi la question que poserait la génération Y dès qu’on leur demande de faire quelque chose (des hypocrites qui maquilleraient leur paresse en volonté de comprendre). Faciles à identifier, ces hypermodernes portent tous un Y sur la poitrine, le fil de leurs écouteurs. Employés instables, demandant à être choyés, ils seraient infidèles en retour. Ces analyses aucunement étayées confondent concepts et stéréotypes. Je ne sache pas que demander why? soit un signe de dysfonctionnement. Et si Y était une lettre philosophe ? La lettre du refus des croyances, de la condamnation des mythes, du boycott des dogmes, la lettre du questionnement ? Y, la lettre est seyante ; why?, le mot est stylé (j’y reviendrai).

Parlons de la forme Y. Même si l’on n’est plus très clairvoyant, on devine un verre à cocktail (certains imagineront Hemingway buvant un Bloody Mary au Harry’s bar, d’autres penseront à Marilyn Monroe dégustant le Royal Blue Sky des champagnes Pommery et s’il y en a qui voient Sean Connery boire un whisky Suntory, c’est qu’ils n’ont jamais vu de verre à whisky).

Et puis il y a ceux qui distinguent un cygne à deux têtes, une gueule de lynx stylisée, un yack rasé de près, le lance-pierre de Tom Sawyer, un yogi psychédélique, un psychopathe voleur de tricycles… (Allez-y vous aussi, c’est distrayant.)

J’aime bien le Y, il ne paye pas de mine, mais j’y vois un rythme singulier, il est loyal sans être ankylosé, il est dynamique sans être fuyant. S’il y avait un sens à parler ainsi, je dirais que je vois une hyperbole sans cynisme et, au risque de paraître sibyllin, un lyrisme sans hybris.

Certains croient reconnaître le symbole générique de l’alternative. Pour les voyageurs, c’est une patte d’oie synonyme de choix crucial ; pour les métaphysiciens, c’est l’archétype de la liberté éthique ; pour les mystiques, c’est la dyade matricielle ; pour d’autres encore, c’est l’opposition yin et yang occidentalisée.

Tout cela est trop mystérieux à mes yeux, ce signe n’a rien d’un hiéroglyphe illisible et je me méfie de la tyrannie du binaire. Je ne crois pas au mythe du couple originel et la dualité systématique me semble effrayante. Tout commence à trois pour moi (un, deux, trois, allez-y !). Or, précisément, le Y est un triptyque. Plus que le 0 ou 1 de la cybernétique, il me rappelle le peace and love du hippy citoyen du monde.

Le Y est dynamique parce qu’il est ternaire et asymétrique, ce n’est pas un duo ni un duel. Le U, le T, le H, par exemple, sont parfaitement symétriques et deviennent vite ennuyeux, parce que le reflet engendre la noyade spéculaire ou la paralysie, c’est physique. Ces signes se reflètent, se répètent et bégayent à l’infini. Vous allez penser que je yoyotte de la touffe, mais c’est ce que je vois. Le Y est décalé, il est joyeux, il rayonne et appelle à voyager ; il ouvre et tourne comme un cycle abyssal de questions, why? why? why?, pour toujours répondre, tout aussi joyeusement, Yes! Yes! Yes! comme Molly Bloom.

Alors oui, Y a côtoyé beaucoup d’étrangers et traversé nombre de pays. Comme un Ulysse toujours sur la route, Y nous rappelle que les langues, aux paysages apparemment fixes, sont plutôt des odyssées peu prévoyables.

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 03:16

Le respect devient l’alibi de l’orgueil

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 03:37

Cet architecte m’a piégé, l’imitation était parfaite. J’ai pris ses fenêtres pour des trompe-l’œil.

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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 12:17

Le monde est comme caviardé et nous livre des bouts de choses qui se masquent mutuellement. Les mots sont là, silencieusement pourtant, pour simplifier et compléter ce texte profus et confus.

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 03:43

Make greatness great again, pourrait-on dire.

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 03:28

Hier au théâtre, c’était danse japonaise contemporaine.

La troupe revenait pour la deuxième fois. Ma mémoire, une fois encore, me lâcha et une lamentable amnésie me tourmenta pendant plus d’une heure. Impossible de me souvenir. Heureusement je pus paisiblement apprécier les dernières minutes du spectacle, je venais de retrouver le prénom de cette jeune comédienne assise trois rangées devant moi.

La danse ? Oui, c’était pas mal.

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 12:16

– Est-ce que quelqu’un a vu mon peigne ?

– Tu veux pas arrêter de faire ton intéressant, dit Poule à Œuf.

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 06:32

J

Sans vouloir vous faire injure, pour le J, j’aimerais jouer mon joker. Je n’ai aucun préjugé contre cette lettre, mais voilà, je ne vois rien. Je vous entends déjà me juger. « Espèce de rabat-joie, tu n’as aucune jugeote, le J c’est la lettre de la jeunesse, du jasmin, du jazz et des jupons et tu ne trouves rien, goujat ! » Non vraiment, au jour d’aujourd’hui (un jeudi de janvier), je ne vois toujours rien et j’envisage de passer à la lettre suivante.

 « C’est pas d’jeu », objecteront certains dans leur jargon, exigeant que le J fasse l’objet d’un traitement juste. Oui, mais justement, le J ne ressemble à rien. Ni à un maharajah, ni à un jambon, ni à un pyjama, ni à Jean Jaurès. Pas plus à un porte-jarretelle comme on en portait jadis sous les jupes, encore moins à un danseur de jerk, un fumeur de marie-jeanne ou un jacaranda en fleur.

Je pourrais toujours faire le jacques et vous dire que je vois un Don Juan en jean poursuivi par un mari jaloux, vous dire que je vois Jésus dénoncé par Judas et arrêté au jardin des Oliviers, vous dire que je vois la si jolie Jade sur sa trottinette jaune, que je vois Jupiter en pleine scène conjugale ou Djibril qui laisse traîner sa djellaba. Je pourrais continuer à me jouer de vous et dire que le J ressemble à une pousse de soja, qu’il est le faux jumeau du I ou que c’est un jars déjanté qui se prend pour un cygne.

Vais-je tricher jusqu’à la fin ? Inutile, vous m’avez percé à jour. Le sujet me dépasse. Je ne suis qu’un minuscule jongleur de mots et je jette l’éponge face à cette majuscule. C’est aussi que les mots en J sont trop rares : quelques verbes difficiles à conjuguer au subjonctif (que vous jasassiez), quelques adjectifs impossibles à placer (jaculatoire), quelques conjonctions (jusqu’à ce que), quelques noms de judokas japonais (Shōzō Fujii) et seulement un juron (jarnicoton !). C’est beaucoup moins que la majorité des lettres. Non, avec le J, je vais être franc-jeu, je n’y arriverai jamais.

Allez, je me jette à l’eau quand même. Alors voilà ce que je vois, c’est très peu, mais c’est déjà ça, un jet d’eau, un jeu d’eau et un parapluie fermé qui apporte un je-ne-sais-quoi d’absurde. Désolé, mais je n’ai rien à ajouter.

Je me trompe peut-être, mais je vous sens peu enjoué, vous attendiez une joute jubilatoire avec la langue et vous obtenez une galéjade fade, un verbiage sans véritable enjeu. Dans cette jungle alphabétique, je ne jouerai pas les jusqu’au-boutistes. Au risque de passer pour un je-m’en-foutiste, je capitule et j’en reste à cette jambe de parapluie fermé, le J aura eu raison de moi.

« C’est pas d’jeu » disiez-vous ? Alors peut-être vais-je vous rejoindre sur un point, jouons, jouons davantage. Et si le J n’était qu’une lettre à jouer, à jouer seulement ? Une lettre qui vous fait rajeunir, qui vous fait retrouver la joie de batifoler sous la pluie avec un parapluie fermé, ce qui est peu judicieux. Certains jurent quand il pleut, leurs projets tombent à l’eau ; d’autres se réjouissent et font la java. Soit, mais allons plus loin : pourquoi joue-t-on ? Sans me lancer dans des conjectures ennuyeuses, je m’interroge. Le jeu ne serait-il pas le moyen d’échapper au joug du sérieux ? Le jeu ne serait-il pas le moyen de n’être plus le jouet des ordres et des croyances ? Le jeu ne serait-il pas le moyen de déjouer les pièges d’un je qui surjoue toujours ?

Jeux de mots, jeux de mains, jeux de rôles, jeux de je. Sans doute est-il temps d’en finir avec une vision péjorative du jeu, au mieux juvénile, au pire préjudiciable, pour enfin le réhabiliter – ce ne serait que justice ! Il ne s’agit pas de séjourner dans la semaine des quatre jeudis, il s’agit de dénoncer le rejet injustifiable de l’innocence et de la joie de celui qui joue sous la pluie (avec son parapluie fermé).

N’importe quel jury objectif en conviendrait, le sérieux et le calcul n’ont pas fait leurs preuves. Alors, ne pourrait-on essayer plutôt le jeu, l’art et l’imagination ?

 

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5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 11:03

La nostalgie doit beaucoup aux relations troubles entre mémoire et imagination.

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 18:19

Le plus rapide d’entre nous, le plus habile, le plus riche, le plus savant, le plus tendre, le moins malhonnête jamais ne sera sur l’autre rive.

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 14:13

C’est touchant cette défense quasi unanime du livre qui est élevé au rang de produit essentiel à côté des pâtes et du papier toilette. Allez, rêvons un peu. Un jour viendra peut-être où tous les soirs à 20 heures on applaudira les libraires.

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 12:50

Bien sûr que l’époque est compliquée. Faut-il fermer les commerces, lesquels, partiellement ou pas… ? Et revient aussi la question de l’essentiel que l’on peine à définir. Et puis le problème de l’articulation liberté – sécurité.

Et ce n’est pas tout, il faudra encore décider, à la fin du mois, si l’on doit dire redéconfinement ou déreconfinement ?

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 19:32

– Hep !

– Trop tard. Eh quoi, tu me prends pour un taxi, s’agaça Idée ?

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 20:22

– Allez, dit Œuf, excuse-moi, je sais bien que tu étais là avant moi.

– C’est gentil, répliqua Poule, je reconnais bien là ta modestie, mais non, nous le savons bien, tu étais là le premier.

– Je finis par ne plus savoir. Mais après tout, Poule, quelle importance. Ce qui compte le plus c’est que nous soyons toujours ensemble.

– Oui, Œuf, c’est tellement vrai. Et cette belle amitié est faite pour durer.

– … !

– … ?

– Non mais j’y crois pas, c’est Panda qui s’est déguisé en Œuf.

– Oui et Pangolin, en Poule.

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 03:30

U

À première vue, le U est une urne. Oui, mais quel est son contenu ? Des cendres ? Alors c’est une urne funéraire et c’est une cause perdue, sauf résurrection. Des bulletins ? Alors c’est une urne de scrutin, pour consultation populaire au suffrage universel peut-être, et il faut attendre les résultats, sauf corruption.

Un petit futé, obsédé par les luttes armées, aurait aperçu un obusier qui attend son obus ; un gros lubrique, obnubilé par Uma Thurman, l’aurait vue nue dans son tub, juste avant qu’elle ait disparu ; enfin certains, moyennement crédules, ont reconnu une cuiller ou un club de golf tordus par Uri Geller.

On peut s’amuser un peu, mais étudions scrupuleusement le sujet. À part pour les urnes, la forme en U n’est pas judicieuse. Figurez-vous un univers en U. Plus besoin de trou noir, rien ne s’enfuirait, ni lumière ni bruit ; tout s’agglutinerait dans le culot, absolument tout : les humains, les utopies, les urubus, les URL, les usines à gaz, Uranus, les urinoirs, les cygnes adultes, les utilitaristes, les Uruguayens, l’UNEDIC, l’URSSAF, l’UGC, les USA, la culture underground, le tiret underscore, les unijambistes ubiquistes (il n’existe plus qu’un ou deux survivants), les urgentistes, les us et coutumes, les députés parachutés, les cumulo-nimbus, les agents de sécurité périurbains, tous les ustensiles de cuisine (spatules, écumoires, presse-purées, araignées à friture…) et même les pulls unisexes, tout sauf peut-être les univers parallèles (mais leur existence est discutée). Non, un univers en U, ce serait absurde.

Un pâturage en forme de U serait tout aussi ridicule. « Hue, hue », hurlerait le muletier à son mulet têtu qui refuserait de continuer, ce qui ne serait pas une surprise car un U est sans issu. Alors le muletier surexcité continuerait, « hue, hue, vas-tu t’exécuter, abruti ? ». La suite viendrait naturellement, fureur, torture, pulsion de mort, « veux-tu que je te tue, tire-au-cul ? ». La conclusion serait brutale pour le mulet acculé. Non, un pâturage en U, ce serait ubuesque.

Un U, ça peut être utile, pour une urne, on l’a vu, ou pour faire cuire sa nourriture, c’est entendu, mais pour le reste, c’est nul ; même et surtout pour un parachutiste, l’aventure serait funeste.

Soit, tout cela est burlesque et un peu puéril, mais une chose moins futile me perturbe, c’est au sujet de l’unité de la présumée universalité. Bien sûr, il faut être prudent dans ses jugements et toujours bousculer ses points de vue, mais j’aurais quelques réserves à formuler concernant l’universel. Je repense à mon urne où tout s’accumule, s’unit et finit par donner une mixture d’une parfaite platitude.

C’est le problème des purées. Une purée de légumes – hum ! – c’est succulent. Mais une purée de jugements, une purée de musiques, de coutumes, de costumes, qu’est-ce que ça produit ? Sûrement quelque chose de très ennuyeux et rebutant, régulier et sans nuances. L’urne à purée est puissante, aucun grumeau ne survit, le résultat est pur. Mais une purée d’usages, une purée de langages, de visages, de paysages, qu’est-ce que ça produit ? Sûrement quelque chose de peu séduisant, sans vertu. Faut-il pour construire l’universel, ruiner les singularités et nuire aux individualités ? N’y a-t-il pas une forte similitude entre unité et uniformité.

Alors bien sûr, l’universel vise aussi à réduire les injustices, procurer autant aux unes qu’aux autres. Il vise une juste distribution pour tous, peuples du sud et peuples du nord. Il vise à réunir des communautés respectueuses les unes des autres, à ouvrir du commun, construire des lieux sans exclusive, sans titulaires, juste une terre unique pour les humains.

Zut ! Les difficultés s’accumulent et l’espoir d’une solution irrécusable et faisant l’unanimité s’envole en fumée.

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 03:09

Ne vous laissez pas impressionner, c’est la beauté intérieure qui compte, lança le requin blanc qui venait d’avaler une jeune surfeuse et se voyait bien continuer son repas avec un ou deux baigneurs.

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