Le problème avec toutes ces catastrophes naturelles dues au réchauffement climatique, c’est qu’on ne s’aperçoit plus quand je me mets en colère, râlait Dieu.
Le problème avec toutes ces catastrophes naturelles dues au réchauffement climatique, c’est qu’on ne s’aperçoit plus quand je me mets en colère, râlait Dieu.
La différence entre un besoin et un désir, c’est une affiche 4x3.
Fut un temps, on jouait à cache-cache ; aujourd’hui, c’est plutôt montre-montre.
Mon haïku, j’ai perdu
Ici non, là non plus
Reste Proust, c’est beaucu
Le mal sait prendre le visage du bien, le fourbe odieux, pour perpétrer tranquillement ses méfaits… à moins que ce ne soit le bien qui, pour des raisons qui m’échappent, prenne les traits du mal pour mieux accomplir son œuvre.
C’est à n’y rien comprendre. Je me demande ce que Google en pense.
OK Google…
À quel moment cela a-t-il déraillé ? Ne serait-ce pas quand l’être humain a commencé à croire en lui ?
D’aucuns mangent parce qu’ils ont faim et pensent parce qu’ils ont des idées, mais le plus souvent, l’appétit vient en mangeant et le sens, en pensant.
Si tu peux y mettre un doigt sans y tremper la main ou y plonger le bras alors fais, sinon reste sur un pied, supporte et abstiens-toi, a écrit, à peu de chose près, un philosophe méconnu d’une époque révolue.
On s’interroge encore sur le sens exact de cet aphorisme anatomique.
J’aimerais bien avoir un cygne blanc dans ma piscine, et une piscine dans mon jardin, et un jardin dans ma maison et une maison dans mon champ, pensait la vache en pataugeant dans son marigot fangeux.
Elle ignorait, bien sûr, que ce ne sont pas les cygnes blancs qui vivent dans les piscines, mais les robots nettoyeurs ; elle ignorait tout autant que l’existence des robots nettoyeurs est terriblement ennuyeuse.
On est même en droit de se demander – mais la conjecture frise ici l’absurdité – si un robot nettoyeur doté d’une conscience n’aurait pas rêvé de patauger dans un marigot fangeux.
La caresse est une promenade qui aime à se perdre et évite toujours les raccourcis.
– J’ai pas d’idée, dit le personnage.
– Cherche.
– Je suis pas payé pour ça.
– En effet. En revanche, tu n’as pas les moyens de faire ce que tu veux et de ne pas faire ce que je veux, dit l’auteur.
– Du coup, t’as qu’à vouloir que j’aie une idée.
– Ce n’est pas toi qui commandes et arrête de dire « du coup ».
– N’importe quoi. En tous les cas, on n’avance pas, je n’ai toujours pas d’idée.
– Arrête de dire « on ». Tu n’es rien, rien de plus qu’un peu d’encre sur une page blanche. Moi plus toi, ça ne fait pas on, ça fait toujours moi.
– Donc c’est très cohérent : une tache ne peut pas avoir d’idée.
– N’essaie pas en plus de faire de l’humour, contente-toi de trouver une idée. Cherche.
[Deux pages plus loin]
– OK, j’ai trouvé.
– Non.
– Comment non ?
– Parce que je le saurais, puisque tu n’es que mon personnage.
– Alors peut-être que tu le sais mais que tu ne sais pas que tu le sais.
– Bon allez, n’essaie pas de jouer au plus malin, vas-y, quelle est ton idée ?
– Écrire rend fou.
– …
L’envie fait tourner les usines et chavirer les cœurs.
La mort se niche au creux de la vie, le mal se cache au cœur du bien, le vrai est tissé de faux et le faux pousse à même le vrai. Penser, c’est faire l’épreuve de l’embrouillamini indémêlable du tout des choses et j’envie les manichéens qui semblent y voir clair.
À moins d’une production illicite, d’un marché noir ou d’une contrebande de la touillette, désormais interdite, il y a fort à parier que l’objet disparaîtra rapidement de nos tasses et nos mémoires. On pourrait le regretter, car les archéologues du futur n’auront ainsi qu’une vision tronquée de notre époque et passeront à côté du génie de l’homme du XXIe siècle. Heureusement, l’estomac des baleines en témoignera encore pendant plusieurs siècles.
Connaître pour apprécier mais aimer pour comprendre.
– Quelle désolation ! Toutes ces espèces vivantes qui disparaissent, se lamentait Saint Pierre.
– Sûr. Au moins, l’inventaire de fin d’exercice sera vite fait, nuança Dieu.
N’endigue pas, draine, aurait écrit Sun Tzu dans un ouvrage perdu.
Le marionnettiste est mort aussi, aurait écrit Nietzsche dans un texte inédit.
Tout croule, aurait écrit Héraclite selon une traduction originale.
Il n’y a plus de bibliothèques dans les maisons et de moins en moins de livres ; presque toute la « littérature » vient se concentrer dans la cuisine, sur les post-it collés sur le réfrigérateur.
Il reste à être sensible à la poésie de la liste de course.
– Quoi, une de plus, encore ! Ça commence à faire beaucoup…
Et mon amie, la naine jaune, de partir dans un énorme éclat de rire.
(Oui parce que, voyez-vous, il m’arrive de plaisanter avec les étoiles.)
– On a tous un secret, tenta désespérement l’huitre.
N’entendant rien à la vie, l’amour, la peur, le beau et toutes ces questions essentielles et ordinaires, l’homme inventa la science et ses formules énigmatiques pour se donner l’illusion de comprendre quelque chose.
Tous ces appels à la modération sont excessifs.
La littérature aura atteint une sorte de perfection lorsqu’il n’y aura plus aucun lecteur, seulement des écrivains.
On y vient, non ?