11 septembre 2019
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La langue est bien vivante et c’est étonnant de voir comment certains mots ou certaines expressions apparaissent subitement, pour envahir l’espace langagier et parfois rester ou parfois disparaître aussi vite.
« Du coup », par exemple, ouvre aujourd’hui neuf phrases sur dix, dans la rue, au restaurant, à la radio, à l’école…
« Du coup, Il créa le ciel et la terre », « du coup on va toujours déjeuner chez ta mère ou je commande une pizza ? », « du coup, la vie n’est pas un long fleuve tranquille » – il faut bien le reconnaître, ça marche presque à tous les coups – « du coup ce sera une bière ou un rosé ? », « du coup Mignonne, allons voir si la rose… », « du coup vous prendrez de la mortadelle à la place du salami ? »
10 septembre 2019
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02:37
Bien sûr, c’est commode le four à micro-ondes. Oui mais si j’en avais un, je ne réchaufferais plus rien au bain-marie (qui est fort peu pratique à l'inverse).
Or voilà, j’aime trop le mot pour abandonner la chose.
9 septembre 2019
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02:46
Y aurait-il un lien entre notre manie de cadastrer le monde et notre obsession à normaliser les pratiques ?
[Et même s’il y avait aussi un lien avec lui, inutile d’insister, je ne parlerai pas de Moix]
8 septembre 2019
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- Belim enzul ek oum ?
- Non !
- Ouk alem azal etruv, déléfir apotapot. Kalik olak ?
- C’est pas ça. Écoute, je suis fatigué, c’est tout.
- Malorim marator ezulifor. Loripal atem arase azim eruk. Duripiotra clicaprétur rax ebruptigur jol be jul.
- Tout de suite les grands mots. C’est toi qui compliques tout.
- Tlouc fe juk. Prok si mol.
- C’est ça insulte moi. C’est ma mère qui avait raison.
- Fienlouz é reuzem.
- Oui ben apprends à parler d’abord.
7 septembre 2019
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Je rêve d’un texte composé de mots, voire de simples lettres, que l’on jetterait sur la page, comme Pollock éclaboussait ses toiles. Quelque chose de nerveux, sauvage, physique.
On nous raconte trop d’histoires.
6 septembre 2019
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Dans les moindres recoins vient se tapir le sens.
5 septembre 2019
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D’abord les lunettes et les prothèses dentaires (fixes ou amovibles), puis le sonotone, l’anus artificiel, les implants capillaires, puis le pacemaker… qui a dit que les vieux étaient fermés aux innovations technologiques.
4 septembre 2019
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L’ambition souvent, dans son sillage bruyant, entraîne le mépris du présent.
3 septembre 2019
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05:55
Certains, allez savoir pourquoi, aiment et pratiquent, à longueur de pages, parfois jusqu’à l’ennui, la phrase fluide ; d’autres vous offrent des textes dangereusement cahoteux et abondamment ponctués comme des chapelets de sens.
Et puis, il y a ceux qui préfèrent la tartiflette.
2 septembre 2019
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10:28
Problème d’égologie géométrique.
Comment tracer un cercle dont on est le centre, rejoindre la circonférence en empruntant le rayon et prendre la tangente ?
1 septembre 2019
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À être tu, l’amour s’émousse quand croit la haine.
30 août 2019
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Il se raconte que là-haut on parie sur la date d’extinction de l’espèce humaine, non sans un petit plaisir revanchard.
29 août 2019
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Les gens normaux m’ennuient, les gens sérieux m’indiffèrent, les gens puissants me font fuir.
Je préfère le bruit des galets, roulés par les vagues et ta douce insolence.
28 août 2019
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La vie est une mauvaise série. Il n’y a qu’une saison, peu de suspens, trop de personnages et la fin est souvent bâclée.
27 août 2019
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Être soi, c’est ni plus ni moins renoncer à être. Car l’être n’est qu’à devenir autre et à se nier soi-même.
Seulement voilà, un coach qui proposerait « ne soyez pas vous-même » risque fort de devoir se reconvertir.
26 août 2019
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10:31
La frontière est, qui sépare l’absurde du sensé, est assez bien marquée et surveillée. À l’ouest en revanche, l’absurde s’enfonce dans une zone trouble dans laquelle nos connaissances et compétences deviennent inefficaces, voire contre-productives. Aucune signalisation, les rivières peuvent remonter à la source, les craies et les tableaux entamer une conversation, les guides eux-mêmes s’y perdent ; mais – à part la règle de l’accord du participe passé des verbes essentiellement pronominaux qui reste tyrannique (et je m’étonne que les Talibans, les Femen ou les Gilets jaunes n’agissent pas) – on y fait un peu ce que l’on veut.
25 août 2019
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17:00
– Bonjour, vous faites quoi, vous ?
– Moi, j’efface. Et vous ?
– Moi, j’écris.
Craie hésitait, elle avait trouvé le n°1 (Tableau, ou quelque chose comme ça) vraiment intéressant. Le n°3, Effaceur, lui plaisait aussi.
Il était écrit dans le règlement que l’on ne pouvait choisir qu’un seul partenaire. C’était vraiment stupide car ils auraient sans doute formé un beau trio. Elle nota donc sur la main de Tableau : « le n°2 donne rendez-vous au n°1 ET au n°3 au fond du parking ». Ce qu’Effaceur s’empressa d’effacer.
À ce jour, Craie vit toujours dans une boite avec neuf cousines. Sans vouloir médire, elles ne sont plus de la première jeunesse.
24 août 2019
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17:34
Voilà que j’apprends que des robots enregistrent, stockent et analysent nos conversations téléphoniques. C’est terrible et très dangereux. Ils vont vite s’apercevoir que 98% de nos conversations sont ineptes (le reste étant inaudible), vont décomplexer quant à une éventuelle infériorité et finir par prendre le pouvoir.
23 août 2019
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Se tenir au seuil du sens, là où l’étrangeté nous est malgré tout familière.
J’aime ces lieux stratégiques où l’on est suffisamment dedans pour s’entendre mais suffisamment dehors pour pouvoir partir à tout moment.
22 août 2019
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Que ne se tient-on à croquer l’herbe fraîche au lieu de ruminer de vieux restes fielleux ou de stocker de la paille sans vie pour des rendez-vous incertains !
21 août 2019
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La vie est une succession de ruptures. Le néant est l’autre nom du continu.
20 août 2019
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02:19
Figurez-vous qu’hier soir, alors que je relisais le paragraphe 82 de Sein und Zeit (j’aime vérifier régulièrement que le temps n’érode pas mon incompréhension totale de certains grands textes), fit soudain irruption dans mon esprit, sans que je m’en explique encore la raison, le mot écouvillon.
Écouvillon, répétai-je à voix haute. Je pensai alors, le mot tombe lentement en désuétude pour être remplacé par goupillon, notamment par les jeunes parents (- chéri, as-tu vu le goupillon ? – oui mon cœur, je l’ai mis dans le lave-vaisselle, il sentait trop fort), je décidai donc de lui consacrer quelques lignes, écouvillon, pour le donner à voir et à entendre un peu encore. Non qu’il soit particulièrement beau ou sonore (il y a dans l’écouvillon des écrouelles, du vil et du couillon), mais enfin tout de même, les mots sont irremplaçables, et un de moins, c’est un bout de monde qui disparaît.
Bien sûr, certains diront, oui mais alors pourquoi deux mots pour une seule chose. Certes, et pourquoi trente noms pour une lessive ?
19 août 2019
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La littérature apprend peu et ne donne aucune maîtrise ; on comprend que certains s’en détournent. D’autres la tiennent en haute estime pour ces mêmes raisons.
18 août 2019
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17 août 2019
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Quelle honte ! Lors d’un de ces spectacles immondes où d'anciens ministres de l’intérieur (encore dans la force de l’âge) sont livrés à la sauvagerie perverse de vaches cornues, on a vu dans le public, et au premier rang s'il vous plait, deux gros taureaux bien connus dans la région.