Est-ce ma faute à moi si vertu rime avec cul, si balcon et flocon riment avec con, si Aphrodite, Judith et pépite riment avec bite ?
Est-ce ma faute à moi si vertu rime avec cul, si balcon et flocon riment avec con, si Aphrodite, Judith et pépite riment avec bite ?
Petit conseil.
D’abord, tu ouvres tout, portes, fenêtres, et tu laisses circuler librement. Ça entre, ça sort, ça ne s’installe jamais pour très longtemps. Toi, tu observes, discrètement, tu ne refoules pas, tu ne retiens pas, tu te tiens là, établi dans le mouvement. Puis, tu la repères, parce qu’elle est différente, elle est encore négligée, voire indigente, mais tu sens qu’elle a du potentiel. Alors, il ne faut pas traîner, tu vires tout le monde sauf elle, tu fermes tout, tu oublies tout et tu sors ton carnet.
Ton idée pourra ainsi gagner en consistance et en clarté. Tu pourras même essayer de l’exprimer.
Vous allez dire que je caricature, pourtant c’est ce que je vois, des politiques qui jacassent très sûrs d'eux et des artistes qui œuvrent pleins de doute. (On me rapporte aussi le cas de bloggeurs incertains et bavards.)
Alors, il ne faut pas en abuser et on ne doit pas y séjourner durablement, mais je conseille les zones de turbulences. C’est souvent là où des courants marins ou aériens se rencontrent. Des courants réguliers, rectilignes et prévisibles qui soudain s’affolent, déraisonnent, brisent les lignes de force, raturent les voies tracées, brouillent les champs magnétiques pour tout mettre en suspens. C’est la victoire provisoire du possible sur le nécessaire. Ça tabasse un peu, le temps se contracte, l’espace se fragmente et les GPS disjonctent. Ça turbule. Il faut choisir. On ne doit pas rester longtemps dans l’œil du possible. Alors, on est projeté dans une vie plus stable, une voie moins cahoteuse. Ça repose. Le temps s’apaise et l’espace reprend des couleurs.
Pourtant, il est bon, de temps en temps, de se retrouver au milieu de ces turbulences.
On fête les morts – allez, avouez ! – parce qu’enfin, ils nous fichent la paix.
La nuit est comme le silence, elle accueille tout, puissante et fascinante, mais l’on est sévère avec le jour qui doit se montrer et assumer.
D’abord, dans ton journal, tu écris des poèmes d’amour, puis tu te risques à quelques aphorismes de ton cru. Plus tard, tu notes tes récits de vacances ou des comparatifs de prix (canapés, SUV…). Enfin, ça se termine avec la liste des courses et, pour les plus assidus, les numéros de téléphone à appeler en cas d'urgence.
Un amour sans mots, c’est comme un océan sans littoral, comme une forêt sans cabanes, comme un hiver sans amis, comme une montagne sans chemins, comme une maison sans porte, comme un mot que personne n’écouterait.
– Bonjour, un conseil pour les jeunes qui voudraient tenir un blog d’écriture ?
– Disons qu’il faut savoir bien s’entourer et déléguer le plus possible.
– Ah, vous voulez dire avoir de bons collaborateurs qui écrivent pour vous.
– Non, je veux dire de bons personnages.
– Germaine Ledut (quelques instants après sa mort) : comment ça, mais il n’y a donc rien ?
– Dieu (depuis toujours absent) : désolé, mais c’est vous qui avez tout inventé.
La philosophie ne fait pas recette. Pas assez de sondages.
Incapables d’être seuls, ils s’inventent des communautés bruyantes ; incapables d’être ensemble, ils imaginent des îles désertes.
Les mêmes.
À tous ceux qui sortent de leur zone de confort. Merci pour la place, c’est courageux d’aller affronter cette affluence.
J’adore les épaules larges et carrées. Et ce n’est pas pour me faire remarquer l’été sur la plage. Non, c’est parce que j’aimerais pouvoir porter des sacs en bandoulières sans que l’épaulière tombe.
(Si c’est vrai !)
– Qu’est-ce que tu écoutes, Dieu ?
– Tiens, prends un écouteur, mon bon Pierre, c’est le dernier album des Daft Punk.
– Et alors ?
– Alors, je ne sais s’il y a des non-croyants chez nous, parce que quand même, la musique est bien la plus belle preuve de l’existence des hommes.
Il y a des joueurs qui passent tant qu’ils n’ont pas une excellente main ; ils perdent peu, mais souvent et gagnent beaucoup, mais rarement.
Je suis de ceux qui n’aiment pas passer. Passer n’est pas jouer. Et puis quoi encore, faudrait-il se taire aussi, attendre docilement et laisser le hasard décider de ce que l’on doit faire et dire, quand et où ?
Bon, je perds peu, mais très souvent.
Le révolutionnaire est souvent un visionnaire presbyte.
– Dis-moi Poule, tu passes pour être spécialiste en caquetage et plumage.
– C’est exact, mais je n’aime pas parler de moi. Cela dit, si mon expertise peut t’être utile, n’hésite pas Œuf.
– Je me demandais, tu es plutôt ‘lois de la République’ ou ‘secret de la confession’, lança Œuf ?
– Et mon ergot dans ta coquille ?
– Eh les amis, bonjour, s’enthousiasma Panda ! Vous soulevez toujours des questions essentielles. Pour ne rien vous cacher, je ne suis pas très secret ; il assèche et isole. Je crois que la parole, c’est d’abord un passage, un voyage, et on ne devrait pas l’entraver. Elle irrigue les mondes, la parole et enlace les vies.
– N’importe quoi comme d’habitude. La parole, c’est fait pour parler, point.
– Tu as raison, Poule, mais parler, ce n’est pas dire, c’est chanter ensemble, danser, inventer de nouveaux villages et y dresser de jolies tables.
– !?
– Laisse tomber, Œuf, le problème avec Panda, c’est qu’il ne comprend pas les questions, alors comment veux-tu qu’il y réponde.
La sociologie est un sport de combat, disait Bourdieu. Personnellement, je rapprocherais la philosophie de la pêche à la ligne. Il faut peu de matériel mais beaucoup de patience, ne pas avoir peur du silence et de la répétition, savoir attendre, ne pas espérer un brochet de 10 kg tous les jours et ne pas abandonner si ça ne mord pas.
Parfois, j’envie celui qui croit, moi l’athée et j’envie celui qui sait, moi le sceptique. J’envie celui qui agit et fait, moi le rêveur. J’envie celui qui trouve, moi qui cherche et celui qui chante, moi qui écoute.
Pourtant, non sans paradoxe, je n’envie pas l’envieux, moi que la vie chouchoute.
La beauté, dit-on, est dans le regard, pas dans la chose regardée. Qu’en est-il de la bêtise ? Je m’interroge et m’inquiète moi qui la vois presque partout.
Rire, n’est-ce pas perdre son temps ? Et faire rire, le faire perdre ?
– Dis-moi Dieu, tu voterais pour qui si tu étais avec les gens d’en bas ?
– Comment peux-tu poser la question, Pierre, sans aucune hésitation je voterais Messi. Il y a bien le petit Benzema mais…
– … oui je sais, son histoire de sextape fait désordre…
– Pas du tout Pierre, on s’en fout de ça. Non, c’est qu’il a 33 ans et je n’aime pas cet âge.
– Mouais. Et Zemmour ?
– Hein ? Il joue où, lui ?
Naissance, épanouissement, puissance, joie, déjeuner sur l’herbe et baisers volés… le printemps semble être la métaphore indépassable de la vie. Pourtant, n’est-ce pas plutôt l’automne le symbole ultime de la vie, qui n’hésite pas à tout tenter pour l’honorer, jusqu’à la mort.
Vouloir se connaître soi-même, alors que l’on ignore tout de la peinture sous verre au Sénégal, des techniques de mariage de la vanille, de l’âge d’or des Han en Chine, de la seconde loi de la thermodynamique, de l’ébauche de vie sociale des holothuries, des règles de l’accord du participe passé des verbes occasionnellement pronominaux, du style musical de Frank Zappa et des livres du romancier tanzanien d’Abdulrazak Gurnah, ce n’est pas mal en soi, mais n’est-ce pas une erreur de hiérarchisation ?