Le désir est père de l’enthousiasme ; l’avidité est sa veuve.
Le désir est père de l’enthousiasme ; l’avidité est sa veuve.
Deux hommes entrent dans une librairie.
– Je déteste les librairies, tous ces livres que je ne lirai jamais, pensa le premier, cossard et bêcheur.
– Je déteste les librairies, tous ces livres que je n’écrirai jamais, pensa le second, faraud et fanfaron.
– Ouais ben vous n’avez qu’à aller chez Mr Bricolage ou Décathlon, marmonna la libraire qui entendait très bien les gens penser.
Le monde entier est un théâtre. Comédie pour les uns, tragédie pour les autres. Les décors et les costumes sont assez variés, les textes de moins en moins.
Débat Mélenchon – Zemmour. Match nul, mais alors complètement nul.
– C’est fini. Suivante, hurla-t-il.
– Mais comment ça, je viens d’arriver, se plaignit-elle.
– M’en fous, taisez-vous. Suivante, j’ai dit.
– Mais je n’ai rien dit, moi.
– La ferme quand même. Suivante.
– C'est à moi déjà. Une seconde, j'arrive !
– Trop tard ! C’est moi la suivante.
– Oh la la, je n’y comprends rien, je pensais être la suivante…
– Silence tout le monde, hurla le chronomètre, vous allez m’achever. Suivante.
La vieillesse, avant, on n’y croit pas. Et c’est tant mieux.
Hier je suis allé diner chez les B. Plutôt que de venir avec des fleurs ou du vin, j’ai apporté un dessin. Un joli dessin que j’avais fait avec mes nouveaux feutres.
Monsieur B. a éclaté de rire en le voyant. Je n’ai pas compris pourquoi, ce n’était pas un dessin drôle. Madame B., quant à elle, ne l’a même pas regardé et je doute qu’elle le colle sur son réfrigérateur.
Je pensais vraiment faire plaisir, j’ai dû me tromper.
– Bonjour !
– Merci.
– Non, je dis bonjour !
– Ah, d’accord.
– BONJOUR ! fils de pute, on t’a pas appris la politesse…
Le silence parfois est plus parlant que le mutisme !
Souvent la nuit appelle, puis elle part vite se cacher, l’aguicheuse, me laissant seul.
C’est une hypothèse totalement infondée, mais j’ai le sentiment que la bêtise, la haine et la violence grouillent en nous sous une fine pellicule de vernis de socialisation. Et parfois, le vernis craquèle.
C’est assez grisant de devenir adulte, carte bancaire, voiture, nuits sans limites. C’est dans cet état second sans doute que l’on bâillonne définitivement l’enfant qui est en nous.
Qu’est-ce qu’être solidaire ? Qu’est-ce qu’être indifférent ?
Ne devrait-on pas, pour exprimer notre solidarité avec les malheureux que l’on massacre, viole ou extermine en Birmanie, au Kazakhstan, en Syrie… annuler tous les tournois de pétanque, les championnats de crapette, les stages de massage des pieds, les dégustations de whiskies japonais, les anniversaires, crémaillères, bar-mitsva…
Et si l’on festoie, chante, joue et jouit au moment même où d’autres sont torturés, spoliés, chassés, n’est-ce pas de l’indifférence ?
Nos existences encombrées.
Dans la vie, il y a ceux qui descendent sur le terrain et ceux qui restent dans les gradins. En littérature, c’est pareil, il y a ceux qui écrivent et ceux qui lisent.
Il y a aussi ceux qui restent sur le banc de touche, ils sont trop compromis pour lire, mais pas assez fiers pour écrire.
Je n’ai jamais compris l’intérêt que les femmes leur portaient. Leur simplicité et la facilité d’usage sans doute. Je parle des hommes.
Ce que l’on ne pardonnera jamais au capitalisme, c’est de corrompre le désir des enfants.
On a loué le surhomme, on vante l’antihéros, il manque un éloge du médiocre.
On arrive toujours à un âge où nos acteurs ou chanteurs préférés meurent, sans parler de nos parents et amis. C’est déprimant.
J’ai trouvé le remède, je ne fréquente que des auteurs très anciens dont on n’est même pas sûrs, pour certains, qu’ils aient existé.
– Moi : Je ne me comprends pas toujours, qu’en penses-tu ?
– Moi : Oh je sais, toi non plus.
– Moi : Non mais c’est vraiment n’importe quoi !
L’égoïsme préserve de la haine.
Ensuite, il y a aussi la gentillesse, la prévenance, la modestie, la sollicitude, le dévouement…
Le chat se moque du voilier au loin et ne rêve pas de départs, il ignore le parapente au-dessus de lui et n’a pas envie d’aventures. Sans ambition, sans désir d’ailleurs, sans volonté de se dépasser, il jouit de sa présence. Il est là, tellement là, sans reste, sans manque.
– Lui (lyrique, exalté, pastoral et amoureux) : Tu es ma vitamine D, mon amour, mon vaccin universel, mon jus de betterave et mon antiride…
– Elle (efficace, sensible, amène et gourmande) : Passe-moi le sel, s’il te plait.
Alors que l’on ne cesse de se montrer, s’observer et s’imiter, on veut être une personne unique. Ça ne va pas être simple.
Oublie et n’attends pas, alors ton présent prendra ses aises.