Citer n’est pas penser, disait à peu près Kant.
Je pense comme lui.
Citer n’est pas penser, disait à peu près Kant.
Je pense comme lui.
Les bulletins météo résistent encore, mais à part ça, plus rien ne semble nous intéresser hormis la guerre en Ukraine. Le Covid, le foot, la naissance d’un panda, rien. Même les résultats du loto sont boudés.
Écrire un poème après Auschwitz est barbare, disait le philosophe Adorno. Il avait raison, et pourtant, contre cette raison, il faut continuer à écrire de la poésie, malgré la folie Poutine, il faut continuer même à être léger, drôle, absurde, continuer à rêver et penser.
Je ne suis pas sûr que l’argument porte, mais je pense que ce n’est vraiment pas écologique une guerre.
Troublante époque. On en viendrait presque à aimer McDonald’s, Amazon et Shell.
On tombe le masque donc.
Zut, il va falloir recommencer à sourire et à saluer.
Sans le demander, sans rien imposer, les chiens et les chats ont lentement mais sûrement pris le pouvoir et asservi les hommes.
L'homme, excessif par défaut.
Il y a ceux qui utilisent un filet à papillons et les attrapent déjà élaborées, ceux qui les sculptent ou les modèlent à partir d’un bloc de marbre ou de glaise informe, il y a ceux qui raboutent des chutes trouvées ici ou là et en font un tapis mendiant, ceux qui se tiennent à l’affût et les guettent patiemment, ceux qui les chassent lourdement armés et ne leur laissent aucune chance, ceux encore qui se laissent surprendre alors qu’ils ne cherchaient rien, ne voulaient rien, n’attendaient rien.
Il y a toutes sortes de façons de trouver une idée.
Le sommeil n’efface rien, mais il donne la force de réécrire.
Dans ce monde en crise, une chose est rassurante : l’avenir garde encore une part d’imprévisibilité.
– Il est vraiment temps qu’il vole de ses propres ailes et construise son nid.
– Mais il est encore si petit, il peut encore rester.
– Quelque chose me dit que tu vas encore avoir raison, dit monsieur Boomerang à sa femme en lançant loin leur enfant.
C’est un fouinard futile et tourmenté, le lecteur d’aphorismes.
C’est un imposteur prétentieux et paresseux, le faiseur d’aphorismes.
– Allo Alain, c’est Lola. As-tu lu la lente dégringolade de la Lune de Luc Laval ? C’est long et sale.
– Salut Lola, oui, je l’ai lu, l’alibi anal est nul, mais l’analyse du déclin des câlins est limpide.
C’est facile la littérature, dit-on, on peut écrire n’importe quoi.
Au contraire, c’est là sa plus grande difficulté.
Autre dégât collatéral de cette guerre immonde : le relativisme, provisoirement intenable.
Pour la paix, c’est comme pour le tango, il faut être deux. Pour la guerre, un seul suffit.
L’homme est un chaos dérisoire.
Je me demande combien de temps dure la carrière d’un mannequin chez les Éphémères.
Des nouvelles de la Birmanie ?
Entre l’angoisse de la page blanche et la dépression post point final, les écrivains risquent aussi la tendinite du poignet, le décollement de la rétine et souffrent souvent du trouble de déréalisation. Cela explique pourquoi nombre d’entre eux sombrent dans l’alcoolisme, le crime organisé ou les jeux d’argent.
Les parents seraient bien inspirés de détourner les enfants ayant des velléités d’écriture. Footballeur, expert-comptable ou chaudronnier sont des métiers plus sains.
Le pouvoir, c’est comme le savoir, il faut le partager sinon ça isole et rend fou.
– … ce sont les épreuves de la vie, il faut être patient…
– … et personne n’y verra rien, le lait végétal remplace très bien…
– … les sondages, c’est comme la météo, c’est…
– … un acte de guerre complètement injustifiable, il devra payer…
– … il ne marque plus depuis qu’il est au PSG…
– … on devrait essayer une autre marque de croquettes, peut-être que…
– … il aura ses parrainages, mais il…
– … devrait plonger plein Sud avant d’atteindre les Mascareignes…
J’aime bien faire mon footing sur le front de mer, en trottinant, je dépasse des groupes de marcheurs dont je ne manque pas d’écouter attentivement les conversations, je le confesse.
Je réfléchis, je cherche, mais non, je crois pouvoir affirmer sans me tromper que je n’ai pas lu le mot pissenlit depuis fort longtemps et que je ne l’ai jamais utilisé dans les Restes. Pourquoi ?
Ce qui m’étonne plus encore, c’est la raison pour laquelle ce mot est apparu brusquement dans mon esprit.
C’est un signe bien sûr, oui mais signe de quoi ?