Le poète voit plus les différences que les ressemblances, voilà pourquoi, souvent, il écrit − et cela ne va pas sans agacer, à la longue − d’interminables listes.
Le poète voit plus les différences que les ressemblances, voilà pourquoi, souvent, il écrit − et cela ne va pas sans agacer, à la longue − d’interminables listes.
Ils sont créatifs et souvent sympathiques, ces extrémistes.
Quel dommage qu’ils ne soient pas plus modérés.
À la différence du bois, plus le discours est creux, plus il est lourd.
La douce et triste paresse de l’espoir.
Une semaine déjà que j’ai commencé mon régime sans beurre avec le fromage. L’effet n’est pas encore manifeste mais il me semble bien néanmoins avoir perdu un peu au niveau des lobes.
Il y a plus de femmes de chambre dans le bas monde que de femmes du monde dans les chambres du haut.
Langue de bois sauce gribiche pour nourrir le bon peuple.
Ce n’est pas parce que les hommes d’affaires ne font pas le ménage que les hommes de ménage ne font pas l’affaire.
Suis duplice, mais de face seulement, soit triple (compte non tenu des profils).
D’un côté le pouvoir et l’arrogance, de l’autre le manque et la convoitise.
Entre les deux, la voie très étroite du contentement qui exige avant tout des qualités de fil-de-fériste.
Quoique très soucieux du monde, c’était un grand liseur ; aussi n’oubliait-il jamais, avant de commencer un livre, d’y percer de part en part un trou d’un bon centimètre de diamètre (une mèche de 12 faisait l’affaire).
Et que l’on s’entende, il ne s’agissait pas d’espionnage mais de veille.
Donc, on passerait à l’heure d’été.
Il est énorme ce poisson d’avril et franchement crétin. On sait bien que l’été c’est entre le 25 juillet et le 10 août.
L’erreur de l’individualisme est de confondre dépendance et lien (qui, il est vrai, ont un air de famille).
L’amour et le sucre sont mauvais pour la vue, ce qui n’est pas si gênant tant le spectacle du monde est de qualité fort inégale.
Un médecin qui parle de médecine ne soigne pas encore et un maçon qui parle de maçonnerie ne maçonne toujours pas. L’avantage de l’écrivain, c’est que quand il écrit à propos de l’écriture, ça compte pour de l’écriture.
D’ailleurs, il y en a qui abuse.
Qui vivra en verra
Qui verra en rira
Qui rira ravira.
Mais virez-moi les rats avariés, les avares avides et les bavards arides qui envient l’arrêt des rimes, la mort des rêves et même des mimes.
La vie
Les mots
Les mômes qui rient
Les livres qui volent.
Les génies sont toujours mal compris de leurs contemporains mais il ne suffit pas d’être incompris pour être génial.
Que la lumière soit, lança-t-Il, souverain.
Que les plombs sautent, répondit-Il, diabolique.
Tu es trop belle, lui dit-il, et il lui creva un œil pour corriger cela.
Les grandes idées ont quelque chose de caméléonesque : en des lieux ou des époques changeants, elles s’adaptent et changent aussi.
À moins que ce soit l’environnement qui change et s’adapte aux caprices du caméléon ? Non, voilà qui serait bien absurde !
« Désobéissez ! » ordonna-t-il.
Les artistes doivent, eux aussi, respecter le rythme de la nature et préférer les œuvres de saison.
Ne pas chercher, en saison sèche, à produire des œuvres luxuriantes et en saison des pluies, des œuvres arides.
Suis pour la dépénalisation des pétards mouillés (y compris dans les toilettes sèches).
Et que savent-ils de l’enfermement ceux qui lisent « pour s’évader » ?
Aujourd’hui je voulais vous écrire quelque chose de beau et optimiste, alors je suis sorti marcher un peu pour chercher l’inspiration. Assez rapidement, je me suis trouvé face à une magnifique composition de bougainvillées mauves, oranges et blanches. Je pensais alors rentrer pour écrire quelque chose de charmant et parfumé sur la nature, et très beau aussi, quand j’entendis clairement et sans erreur possible les bougainvillées me dire « dégage ! ». Ne buvant jamais avant le coucher du soleil et ne croyant pas au langage des plantes, je me suis dit très logiquement que ce n’était qu’un mauvais rêve. Oui mais cela est ennuyeux justement car alors cela signifierait que je suis déjà endormi et que je n’écrirai rien aujourd’hui.
Bon on réglera tout ça demain matin.