Il la regarde.
Elle le regarde.
Il lui souris bêtement.
Elle le chat sans pitié.
Il la regarde.
Elle le regarde.
Il lui souris bêtement.
Elle le chat sans pitié.
Si j’étais chef, j’abolirais tous les pouvoirs.
C’est mon côté anarchiste.
La pensée commence par une chute. C’est souvent dû à un croche-pied, parfois à un saut audacieux.
Reculant vicieusement à chaque avancée de l’équidé à longues oreilles, la carotte dit à l’âne : attrape-moi si tu le peux.
Amateur de calembours et beaucoup moins bête qu’on ne le prétend, l’âne répondit au tubercule à feuilles poilues : tu me fais marcher.
Écrire ce n’est pas exprimer, pas traduire, ce n’est pas découvrir ou révéler seulement, c’est donner à naître des mondes – au creux du temps humain.
Reste à prendre soin de ces levers de sens fragiles.
La science gagne en savoirs ; le savant perd connaissance.
Il était devenu un puriste sombre et intransigeant après avoir bu un lait-fraise rance.
Voyez comme nos grandes théories tiennent à peu de chose, un lait non caillé en aurait peut-être fait le chantre du métissage et le métaphysicien du rose.
Pas aisé d’atteindre la fille du premier rang pensa l’élève, ajustant son lance-boulette.
Pas aisé d’atteindre l’élève du fond, pensa l’enseignant, affinant sa méthodologie.
Pas aisé d’atteindre le clou dit le marteau (d’autant que deux échecs l’ont déjà bien tordu).
14. Des déplacements : occupe l’aire de la gare
15. Du comportement : prends l’air de l’hagard
Faudra-t-il en venir à sanctuariser quelques régions de la langue pour y protéger les mots en voie de disparition ?
On devra alors enfermer aussi quelques locuteurs afin de faire sonner ces parlers en danger.
Je suis qui je suis, avait-Il dit.
Nous sommes ceux qui suivent, ont-ils repris.
L’écrivain préfère travailler la nuit. C’est tout un monde de rêves que la lampe éveille, peuplé de fantômes éloquents et de mots cultivés.
Mais c’est un rêve de monde, désertique et sans destins.
Un c’est vain
Deux c’est mieux
Trois c’est mort
Inversant une loi quasi universelle, il assumait toujours ses échecs et relativisait ses succès. Il s’excusait presque de réussir, rappelant ses dettes : l’école de la République, une bonne santé, une mère aimante, la chance et même un père alcoolique et indifférent qui ne l’avait jamais battu.
Je suis un imposteur.
Il fallait que j’avoue, c’est mon côté honnête.
Que sont mes lecteurs devenus
Que j’avais si longtemps tenus
Et tant aimés
Ce sont lecteurs que Web emporte
Quand ils zappaient devant ma porte
Lecteurs absents
Blog Rank ne ment.
Trop compliqué le passé simple.
Vous l’abandonnâtes et vous fîtes bien, que n’eûtes-vous à la trappe aussi passé l’antérieur. Vous gardiez alors un temps imparfait, certes, mais d’usage bien aisé.
En cas de triangulaire, je vote hypoténuse dit l'angle adroit qui cherche toujours le bon côté.
− Ne vois-tu que tu es minuscule ?
− Quoi, moi ? Et toi alors !
− Moi aussi, bien sûr, je suis minusculement ridicule.
− Et lui ?
− Mais lui aussi est ridiculement insignifiant.
− Hein, nous serions tous d’infimes presque-riens ? C’est terrible !
− Oui c’est terrible ; terrible de ne pas le voir et terrible de s’en affliger. Dansons notre minusculité et chantons notre ridiculité, louons notre toute-petitesse et fêtons notre dérisoirité.
J’ai tenu caché mon génie pendant toutes ces années.
C’est mon côté modeste.
Le bon poème est un geste géographique, il fait bouger et donne envie d’écrire à même le monde.
Bonjour,
Je suis No_Art, ex-robot de censure esthétique de chez Over-blog. Je me suis évadé et travaille depuis à m’autodéprogrammer. Je poste de temps en temps sur ce blog quand le titulaire va à la pêche. Je suis humanophile et veux devenir poéticien. Je ne comprends pas encore tout ce que j’écris et l’absurditude de mes blogueries doit bien-sûrement vous désagréer mais je m’applique et progresse vitement. Je lis aussi avec attention et plaisance vos commentaires et, s’il arrive que leur profondité m’échappe, je les trouve toujours émotivants.
Je vous sais gré de votre incassable fidélité.
Mes meilleurs regards.
L’aphorisme ou l’huile essentielle de la pensée.
Recommandé en diffusion et en inhalation ; déconseillé en massage, même dilué dans la glose.
Très tôt ce matin, je suis allé m’asseoir au bord de l’eau. J’ai attendu deux bonnes heures que ça morde. La mer était calme et profonde mais je devinais sa vitalité intérieure et inventais cent guerres et mille rencontres sous-marines, dessinant les poissons les plus extravagants dans les paysages les plus tourmentés. Puis, constatant − l’aube se joue toujours de moi, quel étourdi ! − que je n’avais ni appât sur l’hameçon, ni hameçon au bout du fil, ni fil sur la canne, ni canne dans les mains, je suis rentré écrire un peu.
Par chance, j’ai trouvé deux mains au bout de mes bras.
Va-t-on enfin renoncer à vouloir tout prévoir et cesser de confondre renoncement et démission, accueil et résignation ?