L’œuvre d’art est un chant, pas un cri.
C’est la mise en voix, mise en scène, mise en sens d’un désordre inquiet.
L’œuvre d’art est un chant, pas un cri.
C’est la mise en voix, mise en scène, mise en sens d’un désordre inquiet.
Pour le bus suivant, là c’est facile, faut savoir être patient
Pour le vers suivant – salut Cécile ! – faut le bon coefficient
L’horaire des cars
L’erreur de carres
L’horreur d’Oscar
Et le manoir d’Édouard à Saint-Rémy-sur-Loir
Faut un bon dico, quelques quiproquos, un Château Margaux
(ou un petit Merlot – Ah ça non, pas du Pernod !)
Ça vaut pas Éluard, pas Beauvoir, pas Godard
C’est le poème Tupperware des pochards du wagon-bar
C’est fastoche et sympatoche même sans Macintosh
Une taloche aux aristoches, la pétoche à la belle-doche.
C’est curieux qu’ils me voient toujours en homme, dit Dieu (d’ailleurs moins étonnée que très vexée).
La frontière qui nous sépare de la barbarie sera toujours fragile et poreuse.
Je parle de frontières intérieures.
Je veux dire intimes.
Par respect pour son épouse et parce qu’il était homme de principes, il s’était imposé d’attendre la majorité de son amant pour coucher avec lui.
Il tint bon.
La vertu ne souffre aucun accommodement, disait-il.
Il avait toujours un peu de terre au fond de sa poche gauche et il y enfouissait la main chaque fois que sa pensée prenait la pose.
Ce soir encore, sagement, il ira se coucher à l’heure prévue. Moi aussi, pensa-t-il pourtant, j’aimerais bien sortir la nuit. Puis, se souvenant de la mine blafarde et crevassée de Lune, Soleil se persuada qu’il faisait bien de vivre à son rythme.
On construit tant de banques.
Et manquent les pavés.
La nature a vraiment manqué d’à-propos avec le moustique.
Imaginez que le vil insecte ait été doté de défenses d’ivoire ou d’une toison de vigogne ou de plumes de paon, eh bien vous pouvez être sûrs que des braconniers mexicains, camerounais ou luxembourgeois nous auraient vite débarrassés de la bête.
Bien sûr, on pourrait imaginer aussi que le moustique ait secrété et stocké dans une glande logée sous l’abdomen une substance aux vertus proches de celles de la cocaïne… bon, mais là, c’était quand même hautement improbable.
Matin, matin, matin, encore un matin.
Je n’ai pas tenu un compte exact mais j’ai bien l’impression que dans une vie il y a beaucoup plus de matins que de soirs.
Les Restes du Banquet ont six ans aujourd’hui.
Merci aux fidèles, aux infidèles, aux inconstantes, aux pérégrins, aux clandestins, aux blog-trotteurs délicats, aux surfeuses polyphages, aux dames errantes, aux hommes de l’être et du devenir, aux ponctuels qui ‘intermittent’, aux matineuses qui interviennent, aux occasionnels (qui entrent par derrière, par hasard, par erreur, par une oreille, par groupe de deux ou par un dimanche d’octobre), aux périodiques (qui oublient d’éteindre en sortant), aux addicts (qui dorment sur place – on n’en a jamais vus mais des indices nous laissent penser que…), aux papillonneurs éphémères, aux saisonnières frugales, aux liseurs voraces, aux plagiaires qui m’honorent, aux décodeurs qui m’étonnent, aux correctrices qui m’obligent, aux poètes qui m’inspirent et merci à Marie-Rose Robert.
[Dites, elles ne seraient pas un peu fanées, les deux roses en haut à droite ? Je veux bien arroser, mais je ne sais pas où mettre l’eau.]
En prenant à droite à la sortie du village, je tombe sur un champ de tournesols, le ciel est bas et tourmenté et les cloches de l’église se font à peine entendre.
C’est assez réussi. Je ne serais pas étonné qu’un peintre soit récemment passé par là.
Chien penaud perdu c’est sûr
Attendri ma main tendue
Il préfère une merde bleue
L’agitation et l'insatisfaction qui caractérisent l’homme sont dues sans doute à une maîtrise encore imparfaite de la bipédie. Un jour peut-être, homo saura tenir sur deux pattes comme vache sur quatre ; il cessera alors de courser des chimères en socquettes pour goûter le trèfle et la lenteur.
Elle, 25 ans, pressée, à la recherche d’un raccourci ; lui, 44, lassé, à la recherche d’un ralenti.
Compte tenu de ces données initiales, la balistique permet de calculer le point de contact et la durée de tangence des trajectoires ainsi que leur distance à t + 10.
Il fallait pour choquer hier oser le rose
because aujourd’hui ad nauseam il s’expose
les virtuoses décadents vont cliquer sur Windows
[J’avais encore en réserve couperose, ménopause et Marie-Rose (c’est le petit nom de Madame Robert, qui tient la charcuterie de la rue Alexis de Villeneuve – que je vous recommande, soit dit en passant), mais le haïku aussi a ses règles, comme une poésie minidosée.]
On ne comprend pas leur appel, soit, mais qui n’entend leurs cris ?
– Le marchand de glace (commerçant voire inquisiteur) : Combien de boules ?
– Le client (gourmand voire motivé) : Trois.
– Le marchand de glace (logique voire glacial) : Vantard.
[Ce glacier est immonde, je sais, et ses blagues insupportables – mais que font les modérateurs, fulminez-vous ? Il se trouve que la roue tourne et je n’ai pas encore goûté tous les parfums, alors je le ménage.]
L’homme contemporain a la rébellion chevillée au corps. Voyez comme il bouleverse les codes à faire du vélo dans l’appartement et déjeuner sur l’herbe.
Un matin de mai, Petitou Lebrun décida de partir – oh, pas pour toujours, juste un tout petit tour, se disait-il. Sur le point de larguer encore un pied à quai, attendant la marée enfoui dans son ciré, Pitou – c’est ainsi qu’on l’appelait, et aussi Toupitou mais Pitou il préférait – rêvait aux mers du Sud, à Magellan, au requin blanc quand il tomba tout net sur Toutépite Safran – c’est ainsi qu’elle s’appelait, il l’apprit vite, mais on l’appelait Toupite et aussi La Tout’, ce qu’il préférait – ou plutôt, elle tomba sur lui. Perdue depuis longtemps, elle chantonnait sans fatigue et flânait sans amant ; il la trouva belle et ronde et très blonde.
– Bonjour Mademoiselle Ronde-et-Blonde – gorgé de gentillesse, Pitou manquait un peu de finesse – je vous sens perdue depuis longtemps mais le soleil aux lèvres et des départs plein les souliers, c’est signe que la mer sera bleue et les vents sans caprice ; on débouque à l’instant, embarquez vite et hissez haut. Je m’appelle Pitou, tu seras mon horizon sans vagues et je soignerai tes étoiles.
– Je m’appelle Toupite, vous dites bizarrement et faites hardiment mais d’accord pour l’invite, les vagues et les étoiles, je vais gréer la trinquette. Tu seras mon Pitou-la-vie, je te lirai la poésie.
Qui sait manier encore l’œuf à repriser ? Et le tissu social qui se déchire.
Dans sa dernière pièce, il interprète le rôle d’un acteur qui joue un fou simulant la raison. Lors de la première, il oublie son texte, de rage il tue son metteur en scène et vole la recette puis court se réfugier chez son psy qui est aussi son amant. Ils se préparent un plateau-télé et s’endorment devant Love Story. Voilà, c’est l’argument de mon prochain roman ; tu en penses quoi ? – Très graphique, ça fera un bon film.
Le quotidien parfois, abrite l’insolite. (Je pense – avec votre permission et mes excuses – à nos petits Restes).
Crozes-Hermitage et Crottin de Chavignol, en voilà un mariage gai.
Je vous écris de loin, depuis la cabane du fond du jardin mais ne tenez pas compte du décalage horaire, j’ai ramené de Java un coq Gaulois doré très attaché à dérégler l’ordre du monde, le cours du temps et l’anatomie classique (avec son bitos plumé sur la queue et sur la tête ses deux testicules ballants). Le nord est perdu, la nuit chamboulée, le corps embrouillé et mon javanais n’est vraiment pas du matin.