Fesses voilées
Voix faussées
Faces volées
Vœux forcés
Foi violée
Veaux froissés
(C’est une farce
Qui se valse.)
Fesses voilées
Voix faussées
Faces volées
Vœux forcés
Foi violée
Veaux froissés
(C’est une farce
Qui se valse.)
L’histoire manque de place et ne garde jamais les détails. C’est la mission du poète d’inventorier le dérisoire et le banal.
L’humour est la santé de l’esprit toujours guetté par la surcharge.
Manquent déjà ceux qui nous faisaient rire quand on n’avait plus envie de rire.
Comme un liquide docile, nos pensées adoptent volontiers la forme du contenant ambiant – cubique, basique et massif, le plus souvent.
Le fond est mou
Le ton est fou
– Flou est le tout
J’aurais fait un juge affreusement partial car j’aurais tout passé à certains sourires, les vols les plus crapuleux, les crimes les plus odieux, les mensonges les plus calomnieux.
Tout passé.
Sauf peut-être d’être constipés ou béats ou fabriqués ou niais ou sardoniques ou jaunes ou daubeurs ou narquois ou académiques ou ambitieux ou guindés ou m’as-tu-vu ou godiches ou acrimonieux ou déformés ou scabreux ou factices ou mielleux ou alambiqués ou bégueules ou amers ou poseurs ou diaboliques ou frelatés ou lourds ou contrefaits ou lugubres (oui, il existe des sourires lugubres, et c’est juste – si je puis dire – indéfendable ; un sourire, nom de dieu, ça doit avoir de la gueule !) ou enfiellés ou vils ou malpropres ou molasses ou plaqués ou vipérins ou balourds ou rossards ou rétifs ou patauds ou entortillés ou piteux ou baveux ou vaseux ou ampoulés ou corrosifs ou biscornus ou ignorants ou branleurs ou cérémonieux ou félons ou glaireux ou gauches ou outrés ou tarabiscotés.
Ce qui, au bout du compte, aurait fait de moi un juge affreusement partial et terriblement sévère (quoique furieusement lucide).
Dé-faire avec art, sans paresse ni départ.
Oups, j’allais encore oublier.
Alors voilà. Je vous souhaite : des poissons rouges, des cafés noirs, des vies en rose, des bonshommes verts, des maillots jaunes, des cartes blanches et une belle bleue.
Ces funambules du possible qui se tiennent juste sur la margelle du réel pour ne pas s’user l’âme ignorent tout de la chute et du goût de la terre.
Madame Germaine n’en revenait toujours pas, la Marguerite avait mis bas un veau, un veau cornu en plus. Elle avait pourtant vendu le taureau à la foire deux ans auparavant.
– De Diou ! Le diable est dans le bétail, jura-t-elle.
Ce n’est pas parce que l’on ne provoque pas de coup de foudre que l’on ne finit pas par lasser.
Zut ! Toutes ces choses que je n’ai pas encore faites et la fin de l’année qui approche. Ça risque de faire juste.
Traverser le Kalahari (voire le Kamtchatka (mais en Salomon)) ; sourire au voisin du 42 et lui donner la moitié de mon Royal ; apprendre le sanskrit et le persan pour lire dans le texte le Mahābhārata et les Rubâ'iyat d’Omar Khayyâm ; manger moins de Royal au chocolat et ranger plus mon armoire à documents ; remercier Tante Jacqueline de m’avoir emmené voir Le Clan des Siciliens au cinéma Rex (ça fait presque cinquante ans, quand même qu’est-ce que je peux être lent parfois !) ; écouter quatre fois en boucle Einstein on the Beach (ne pas oublier de bien s’hydrater) ; apprendre les rudiments de l’usage de la clé à molette au cas où je rencontrerais plus de boulons à l’avenir ; commencer à lire l’écrivain kényan Ngũgĩ wa Thiongʼo, prix Nobel de littérature 2015 (et faire le malin le jour où l’on annoncera sa victoire) ; mémoriser définitivement, et pour toujours, le genre de ‘armistice’ et ‘obélisque’ ; connaître la suite des nombres entiers, ça ne sert à rien mais ça me permettrait de faire bonne figure au bal des anciens de Polytechnique (s’ils venaient à démocratiser leur petite sauterie) ; faire la liste de toutes les listes insolites que j’ai pu faire (ça ne sert à rien non plus mais ce serait dommage de les oublier) ; fédérer plus et différer moins…
Bon, le soleil est encore haut mais le temps presse, il va quand même falloir que je priorise, élimine ou… diffère.
Et dans l’histoire de la poule et l’œuf il faisait quoi le coq, l’arbitre peut-être ?
Croquant et fécond comme un cœur de laitue
Sobre et tonique comme une pluie d’été
Un haïku pour nos bouches à excès
3,09% des sondés considèrent que plus de la moitié des sondages ont très peu ou peu d’intérêt et que moins d’un huitième sont assez complexes pour être précis.
1,03% considèrent que moins d’un quart des sondages sont très ou assez divertissants et que plus des onze douzième sont insuffisamment rétribués.
2,06% considèrent que très exactement un vingt-septième des sondages sont poétiques alors que 95% des sondages sont trop « sondages ».
92,78 % des sondés n’ont pas encore terminé de répondre et reprendront à la rentrée.
[Sondage effectué (ou en voie d’effectuation) sur un échantillon très représentatif de la population scolaire de Pouilly-les-Baluzac (97 personnes), puisque seul le grand Martin n’a pas participé (il était aux vaches), et conçu, mis en texte et analysé par les soins du nouveau professeur des écoles.]
On se trompe sur le bonheur, il est plutôt silencieux et frugal. (Ce qui ne l’empêche pas d’être gourmand).
Ce n’est pas parce que l’on sait plus que l’on écrit, c’est parce que l’on écrit que l’on ignore moins.
Aujourd’hui, c’est jeudi ! Joyeux jeudi !
Notez que mercredi n’a rien moins que démérité, pour un mercredi il s’en est même sorti très honorablement, d’autant qu’il venait juste après mardi qui avait miné le terrain. Quant à vendredi, il serait bien injuste de lui reprocher a priori de ne pas tenir son rang, certes on rivalise difficilement avec samedi, mais ce n’est pas une raison pour ne pas lui laisser sa chance (si je puis me permettre, vendredi fait ce qu’il peut, c’est notoire et, même si en la matière les surprises sont rares, il faut savoir faire bon accueil aux jours suivants, sans acception de personne).
Tu pourris – j’éradique
Tu flétris – je trafique
Tu souris – je rapplique
Bien sûr, je pourrais faire un effort et apprendre à manier la clé à molette. Mais à quelle fin ?
Peut-être que je ne cherche pas assez mais, sincèrement, je ne vois jamais, nulle part, aucun boulon.
La caresse répare le corps, elle honore la main.
– LOM, à bout de souffle : Dis donc, c’est fait exprès que l’oxygène que l’on respire provoque l’oxydation des cellules, ce qu’on appelle aussi le vieillissement ?
– DYEU, à bout d’arguments : Ouais ben, t’es pas obligé de tout le temps respirer.
C’est vraiment une chance que j’aie été créé homme car jamais je n’aurais pu faire rentrer mes gros pieds dans de petits escarpins à talon.
Devenir adulte, c’est comprendre que le sérieux de la vie adulte est une tromperie – trop tard.