Construisons des cachettes pour y accueillir, s’il le souhaite, l’invisible.
Construisons des cachettes pour y accueillir, s’il le souhaite, l’invisible.
Contagieuse la gentillesse, je ne sais, mais curieusement à la fois antalgique et tonifiante.
[Merci, toi]
Es-tu de ceux qui, le matin déjà, espèrent la venue du soir ou de ceux qui, le soir venu, espèrent le retour du matin ? Ou peut-être es-tu de ceux qui, le matin comme le soir, espèrent la disparition des poseurs de questions ineptes. Ou se pourrait-il encore que, désespérément, tu jouisses de l'enchaînement ininquiété des instants.
Je propose la création d’un délit de résumé.
Que l’on copie, plagie, contrefasse, emprunte ou pille, bon, que l’on mime, singe ou pastiche, soit, mais que l’on ne résume pas car alors on ne vole pas seulement, on viole.
Pomper, c’est tromper, oui, mais résumer, c’est mutiler.
Indifférente à nos exploits, la nature, non pas insensible à notre exploitation.
Claude Parent, Umberto Eco. Non mais c’est pas fini. Andrzej Zulawski. Eh, les gens, vous allez arrêter de mourir. François Dupeyron et même Kim Seong-jip…
Regardez Alain Finkielkraut, bon je n’ai pas dit qu’il fallait en tout le suivre mais lui au moins, il ne meurt pas pour un rien, à tout moment.
Vivre n’est pas un cadeau que l’on pourrait jeter capricieusement, c’est un droit certes, mais plus encore un honneur. Alors un effort, les gens, vivons !
Non pas appeler au mutisme ou idolâtrer l’ignorance mais comprendre que ce qui fait sonner la parole, ce qui la colore et l’inspire, ce sont les manques et les absences, les silences, si elle sait s’en souvenir.
Refais tes lacets et soigne ta ponctuation.
Fatigués de piller, on gaspille.
Imaginez mes amis, que le matin au réveil – ce serait drôle ! – je décide de ne pas abandonner là, sur le seuil du réel, mes conquêtes nocturnes. Mais vous seriez tous – j’en ris ! – pauvres et célibataires.
Animal, mon ami, comment te dire, toi qui ne parles, comment te faire comprendre, toi qui ne penses, que j’ai honte aujourd’hui d’être l'animal doué de parole et de pensée.
Les routes sont inertes et raides, usées jusqu’à la mort par le passage répété et indifférent de mécaniques déprimées quand les chemins sont indociles, ivres de vie, changeants, au gré du soleil et du vent, gribouillés des traces encore chaudes de fuites ou de désirs.
L’artiste, ce modèle inimitable.
Ce que nourrir nous dit, y a-t-on seulement pensé ?
La Terre ou le sein, la main qui donne, le frère ou l’hôte, la table qui chante, le grain le vent, le sang le vin, les lèvres qui tremblent et la vie qui bat.
Et allez ! Tournier, Eco, Harper Lee. Comme il ne reste plus de rocker, ce sont les écrivains qui ont décidé de mourir. Si ça continue, nous n’aurons plus que des footballeurs...
[… et Alain Finkielkraut qui, aux dernières nouvelles, se porte très bien même si, à ma connaissance, il ne pratique pas le football.]
A-t-on idée, je veux dire, des études scientifiques sérieuses ont-elles été menées pour savoir ce qu’il y a dans la tête – et je pose la question ingénument, je promets – d’un supporter qui assiste à un match de football ?
La durée, censée être le lieu, la scène de nos cheminements, leur condition même, est aujourd’hui vécue comme entrave ou contrainte ou complication ou insupportable délai. Un peu comme si vivre était un obstacle à la vie !
Un remaniement des membres de l’Académie ; non ?
Gonflé ici
Épilé là
Le corps tuné
Un lundi d’hiver, bien avant l’aube, un nouveau-né fut déposé là, dans son couffin, rue de la Belette agile, entre les numéros 12 et 14.
Comme chaque matin la boulangère, vivant au n°12, et la pharmacienne, occupant le n°14, ouvrirent leurs volets au premier coup de six heures. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir, presque sous leur fenêtre, dans son couffin, la chose emmaillotée. Avant même le sixième coup, elles se tenaient toutes deux au-dessus de l’adorable créature. Deux mères d’un coup, pensa peut-être l’ingénu, que la Fortune est généreuse, et c’est un double sourire aussi qu’il envoya. – Un don du Très-Puissant, je le prends ! – Un cadeau de la vie, il est pour moi ! Elles se menacèrent, s’insultèrent, se bousculèrent, tirant chacune à soi l’angelot chéri. – Vas-tu bien me le laisser, tu l’empoisonnerais avec tous tes produits toxiques. – Jamais, et je lui offrirai un autre destin que de moisir à vendre du bâtard rassis. Étonné d’abord, inquiet ensuite, puis terrorisé, le bambin, non content de hurler comme un supplicié, fut pris d’une abondante colique nerveuse. – Eh bien garde-le alors ton sale mioche. – Jamais de la vie, ce merdeux t’est destiné. Elles s’injurièrent, s’empoignèrent, se tabassèrent, oubliant bien vite l’immonde chiard dans son jus.
Morale : soyez précis quand vous abandonnez votre bébé.
[Après vérification et contre toute attente, nul petit pot de beurre ne fut retrouvé dans le couffin. On conjectura : serait-ce l'ingénieux fabuliste qui aurait évoqué ledit pot dans le titre pour faire plus fable ; serait-ce l’infâme apothicaire qui aurait pris le pot (et laissé le môme) pour mieux faire passer ses pilules ; serait-ce l’inspecteur chargé de l’enquête qui aurait distrait le pot pour sa vieille mère malade ?]
Déviez !
Sexagénaire.
Ils ont l’humour acide les faiseurs de mots – des trentenaires attardés, évidemment.
Les médias sont écologiques, ils recyclent leurs déchets.
– Je n’aime pas ma vie, je suis moche, je suis bête, je voudrais être quelqu’un d’autre !
– Euh… d’accord mais pas moi s’il te plait.
J’aime la polémique.
Je veux dire le mot. Aussitôt entendu ou lu, je rejoins Éphèse et assiste, aux côtés d’Héraclite, au conflit entre le bleu des dieux et l’ocre humain, aux querelles amoureuses entre l’arc sédentaire et la flèche pérégrine et nous jouons à parier sur l’issue du débat entre Jour et Nuit.
La chose, non, la chose ne m’intéresse pas.