Parce qu’elle ignore tout des plages intenses de l’île Maurice, des villages caféinés du Costa Rica et des pentes entêtantes de l’Eyjafjöl, la fourmi s’accommode de sa taille pourtant vraiment ridicule.
Parce qu’elle ignore tout des plages intenses de l’île Maurice, des villages caféinés du Costa Rica et des pentes entêtantes de l’Eyjafjöl, la fourmi s’accommode de sa taille pourtant vraiment ridicule.
Méwé Donkor nique : argh !
Nos tendres petits sont aujourd’hui parfaitement entraînés pour résister à une invasion d’extra-terrestres ou à une attaque de zombies. Vous allez objecter que ces événements sont fort improbables et que les concepteurs de jeux vidéo sont bien peu préoccupés par l’intérêt général et le salut de l’humanité. Certes, mais pensez-vous sincèrement qu’il eût été plus opportun de les préparer à une invasion de Latins ou à une colonisation par les Grecs ?
Les sirènes et les emplois se font rares, les allergies et les séries américaines, non. Il n’est pas certain qu’il y ait une corrélation.
D’abord, c’est le monde que l’on rêve de maîtriser, puis on se résout à ne régner que sur les plus faibles, ensuite on se contente de se dominer un peu soi-même, finalement, on se concentre sur un ultime combat, se faire obéir par son sphincter.
L’âge est une belle école du pragmatisme et de la modestie ; il enseigne aussi l’anatomie.
La vie alterne entre plagiat, emprunt, hold-up, contamination et conquête.
Ceux qui peuvent, achètent.
Un monde sans langage ne serait pas doucement silencieux, il serait braillard, hostile, dissonant, étroit, confus, fade, désordonné, dangereux et bavard, terriblement bavard. Il fallait, pour faire parler le monde, le faire taire.
Pour ce qui est du chou romanesco, il faut savoir qu’il est cultivé davantage à Paimpol qu’à Rome. Nos voisins romains, lorsqu’ils migraient, ne partaient jamais sans une ou deux bouteilles de Frascati, quelques vers de Virgile et des graines de chou.
J’espère qu’ils furent accueillis comme il se doit.
Le chou de Bruxelles n’a rien de bruxellois mais il n’est pas très chou non plus.
Alors, de qui les lexicologues se moquent-ils ?
Le doute ressemble au renoncement pareseux, et c’est regrettable car cela masque l’énergie qu’il requiert pour accueillir le multiple et en préserver le divers.
Si tu vas à la plage, prends ton parasol mais dispense-toi de faire l’appel : si un grain de sable manque, c’est son affaire.
Facile la poésie, suffit d’élider. Bien sûr, il y a la rime et les pieds, ça c’est très difficile, mais pour le reste, faut élider. Enlever la tête pour être plus près du cœur. Trop facile.
La mort n’a rien d’une conclusion mais n’est sans doute pas une introduction non plus, pas même des points de suspension comme dans une copie inachevée.
D'ailleurs, et quoique certains s’appliquent plus que d’autres, la vie n’est pas une rédaction.
La solitude réserve parfois de délicieux plaisirs qu’il serait bien égoïste de ne pas partager.
J’aimerais vous écrire un long poème silencieux, doucement ponctué d’exclamations souriantes, à peine quelques tendres inquiétudes, modestement.
À l’ère de la devanture offerte, l’arrière-boutique vaut le détour.
Antik ou comment faire du neuf avec du vieux.
Prosaïk ou comment faire de l’inédit avec de l’ordinaire
Kultur ou comment faire jeune avec du poussiéreux
Métaphysik ou comment faire vibrer Aristote
Plouk… euh non là on ne peut rien faire.
La vie est un songe. Voire. Mais un songe avec des arbres et des nuages, des lits et des fourchettes, des cafés sans sucre et des solos de violoncelle… ce qui le rend somme toute assez réaliste.
L’originalité atteint des sommets quand on en vient à se prendre pour un autre.
Chaque matin, patiente et indulgente, l’aube s’applique à blanchir nos vies, mais bien vite, avec zèle et fierté, nous réécrivons tout, presque à l’identique, jusqu’à notre dernier défaut.
Il y a dans l’idéal d’authenticité un côté chasse au trésor un peu puéril.
Ce jeu est simple et prévisible, dit le joueur de billard, non sans arrogance.
T’as vu ta vie, lui répondit la bille blanche, non sans insolence.
Débat : on s’ébat moins qu’on ne s’y bat.
Le frisson dure peu
Mais sa traîne d’émois
Murmure longtemps encore
Au clair de la peau.
À ravir, te dis-je,
Ces émotions faibles
À la puissance diffuse.
Tous ces hommes ici
Qui boivent et crient
Une bloggeuse là