– Narratologue 1 : Écrire, j’ai envie de te dire, c’est imposer le carcan étroit et opprimant de la grammatologie à l’infinie subtilité de nos idéations. – Narratologue 2 : C’est clair, en même temps, écrire, c’est sublimer nos pensées toujours simplistes,...
Je constate que nos experts – comme les PEGC de mon adolescence (n’ont-ils pas disparu des collèges, d’ailleurs ?) – sont bivalents. Ils savent tout des chars russes, du novitchok et de la santé mentale de Poutine, mais de surcroît, ils vous racontent...
Ça tombe bien, écrire sur l’écriture, c’est encore écrire et j’adore écrire sur l’écriture. Notez que ce n’est pas comme écrire sur la plomberie quand on est plombier ou écrire sur la charcuterie quand on est charcutier, parce que ça, c’est nul ! Cela...
L’immense Milan Kundera est mort hier. C’est dommage, il faisait partie des rares génies avec qui vous seriez bien allé boire une bière. En même temps – vous allez me trouver cynique et opportuniste alors que je fais juste une remarque – ça fait un concurrent...
– L’Auteur : Bonjour, est-ce que quelqu’un a vu Gros Lulu ? – Les personnages, deux lecteurs du Nouvel Obs et un député sortant : Qui ça ? Gros Lulu ? Jamais entendu parler. – Personnage 1 : Dommage avec un nom pareil, ça devait être un benêt de première...
– Bonjour, je m’appelle Gros-Lulu et je suis un personnage en quête de dialogues… – … – je ne sais pas à qui m’adresser, alors je parle comme ça, un peu au hasard… – … – peut-être que quelqu’un m’entend et va me répondre… – … – peut-être que c’est l’auteur...
Penser, c’est rencontrer quelque chose à penser, tomber sur ou buter contre un obstacle. Les plus romantiques diront que c’est répondre à un appel. Les plus crus diront que c’est traiter, comme on traite un problème ou un malade. Cela dit, rien n’empêche...
– Gros Lulu : Bonjour monsieur l’Auteur. Est-ce que vous avez prévu de bons dialogues pour vos personnages en 2023 ? – Monsieur Lhoteur : Bonjour. C’est à l’auteur que tu dois demander, moi je suis un personnage. – G. L. : Ah oui c’est vrai ! J’oublie...
– Bonjour, c’est encore moi, Gros-Lulu. – … – Est-ce que quelqu’un voudrait bien m’apprendre à faire un tube avec la langue ? – … – Je voudrais bien aussi savoir dire des choses drôles. – … – Ou jolies ou intéressantes. – … – Eh, monsieur l’Auteur ! C’est...
– Bonjour, c’est encore moi, Gros-Lulu. – Et ? – Ben, voilà, je pense que je ne ferais pas un bon personnage, en plus je suis seul, je n’ai pas beaucoup d’idées et c’est pas vrai, je ne sais pas faire un tube avec ma langue. Alors, je me suis dit que…...
– C’est toi Pierre, demanda Dieu ? – Non. Je suis Gros-Lulu. Je voudrais devenir personnage de blog littéraire et j’ai besoin d’un artist coach. – Très bien mon garçon. Est-ce que tu as la foi ? – Je suis polyglotte, je sais faire un tube avec ma langue...
– Hé la poule, lança Dieu, tu n’aurais pas vu Pierre par hasard ? – Cot cot codec… – Nom d’un chien, jura Dieu, je ne comprends rien, je ne parle pas le gallinacien ! – Dis donc Poule, demanda Œuf, ce ne serait pas monsieur Dieu, le vieux qui gesticule...
Je ne suis pas loin de penser qu’Il est en train de nous tester, le Grand Administrateur. Il teste notre patience, notre résistance à l’absurde, notre aptitude à privilégier l’essentiel et les exercices imaginés par Épictète, Taisen Deshimaru ou Émile...
Vous allez dire encore que j’ai mauvais esprit, mais quand même quelque chose m’amuse. Lors du premier confinement tout le monde (absolument tout le monde, assureurs, boulangers, politiques, pharmaciens, journalistes, banquiers, gens du spectacle, cosmonautes,...
Je ne comprends pas cet acharnement ; plusieurs fois par jour il refoule tous les messages envoyés par Amourette (Ludmilla l’avait laissé indifférent, elle n’a d’ailleurs pas insisté). Mais avec Amourette (qui est assez prolixe, il faut bien le reconnaître),...
Bien sûr que l’époque est compliquée. Faut-il fermer les commerces, lesquels, partiellement ou pas… ? Et revient aussi la question de l’essentiel que l’on peine à définir. Et puis le problème de l’articulation liberté – sécurité. Et ce n’est pas tout,...
Hier au théâtre, c’était Debussy et Ravel. Au premier rang, un photographe discret, falot et pour tout dire insignifiant, a pris quelques clichés sans flash et sans même le clic-clac sympathique qui signe les vrais appareils des vrais professionnels....
En sortant de chez moi ce matin, j’ai croisé une femme qui dit à son amie en la quittant : « allez salut Belette, tu as le droit de freiner, mais ne t’arrête pas ». Je ne sais pas exactement ce qu’il fallait comprendre, mais j’ai trouvé le surnom mignon...
Il est de bon ton aujourd’hui d’attaquer les jeunes chanteurs français, leur musique serait pauvre et leur texte, indigent. Soit, c’est assez juste, mais je voudrais prendre leur défense et nommer les vrais coupables. Ce sont les concepteurs de mots,...
Au début, en entendant parler de confinement, de couvre-feu, de limitation des déplacements, de fermeture des théâtres et des restaurants, les écrivains se sont dit « chouette, coincés à la maison, les gens vont nous lire davantage ». Eh bien pas du tout,...
« Ôte-toi de mon soleil, tu me fais de l’ombre », aurait dit Diogène de Sinope à Alexandre le Grand. Oui mais s’il avait été malin, en plus d’être cynique, il lui aurait dit plutôt, « Ne bouge pas d’un poil, tu me fais de l’ombre ». Ou peut-être était-ce...
Balourdise et rutilance du rut à sec : l’erratique galipette des flibustiers de la polenta ; les simagrées obsidionales d’un orpailleur patibulaire ; la fragrance safranée de l’inénarrable Olivine de La Valette… Des mots, des mots, des mots ! L’hybris...
Il est curieux qu’en devenant pluriel, le mot vacance prenne un sens presque contraire : du vide on passe au plein. Plein de choses à faire pendant les vacances, à voir, à manger, à visiter, à acheter et plein de choses à raconter au retour. Il faut faire...
Les mots, c’est un peu comme les mets, certains vont vraiment bien ensemble. Par exemple, florilèges et sarabandes, ou fil de fer et salsifis, ou encore musc, zélote et infarctus. Bon, parfois, il faut ajouter un liant. Et puis d’autres se marient mal,...
Les moteurs de recherche sont formels : on ne trouve aucune occurrence des mots match truqué ou épisode pluvieux dans les œuvres complètes d’Aristote. De cela on est autorisé à déduire soit qu’il vivait sur une autre planète, soit qu’il se préoccupait...