Une vérité absolue, comme le suggère l’étymologie, est une vérité sans attaches ; une vérité sans attaches, comme le suggère mon moniteur de voile, part à la dérive.
Zut alors, Christian Bobin est mort. On aime ou on n’aime pas. Moi j’aime et n’aime pas. « Je me cogne encore parfois au bois de ton cercueil. C’est que je n’ai pas tout à fait renoncé à comprendre et qu’il n’y a sans doute rien à comprendre… », Autoportrait...
Je n’écris pas pour exprimer mes pensées mais pour les rencontrer et faire connaissance.
Orthographe me fait penser à la chaussure orthopédique du gros Lucien en CM1 et aux plans orthogonaux de monsieur Lambert au CM2. C’est tout dire ! (La jolie mademoiselle Ledoux, l’orthophoniste, n’était pas encore née à l’époque.)
La pensée, ça ne compte pas.
En toute modestie mais très sérieusement, je dois dire que j’ai quelque chose de Proust, Dostoïevski et Borges. Vraiment. Comme eux, je suis insomniaque.
L’art est le message illisible d’un messager inconnu, les œuvres sont des chantiers troubles et inachevés. Compagnons, à nos truelles et nos stylos !
L’artiste n’est pas missionné, pas mandaté, juste un peu énervé.
L’art est une obsession salubre.
La science soulève la jupe de la réalité et prétend nous en exhiber le fondement. Surprise ! il est propre et plein de chiffres ; au final, rien de très excitant.
Un amour sans mots, c’est comme un océan sans littoral, comme une forêt sans cabanes, comme un hiver sans amis, comme une montagne sans chemins, comme une maison sans porte, comme un mot que personne n’écouterait.
L’amour le plus tendre, le plus doux, le plus prévenant se transforme parfois en haine. Eh, arrêtez les gens ! L’amour ne fait rien du tout, il ne se transforme pas car il n’existe pas, seuls les amants existent, et seuls ils sont responsables.
À être tu, l’amour s’émousse quand croit la haine.
L’amour, ce redoutable mariage de latitude et de vigilance, de confiance et de sollicitude.
On doit à Joseph A. Smith la théorie féconde du membre invisible.
Les chiffres, ça ne comptent pas. La vérité est dans les mots, entre le verbe et l'attribut, au creux d'une parenthèse, au détour d'une virgule, elle est substantive ou circonstancielle, adverbiale ou conjonctive. La vérité ne s'additionne ni se sous...
L’inventeur de la vérité est un gros malin, il a déposé le brevet.
Donner libère, peut-être ; ce qui est sûr c’est que prendre oblige et leste. La liberté est affaire de légèreté et de disponibilité.
Quand le livre sert à faire passer le temps, endormir les enfants ou libérer des pensées indésirables, il est temps de se remettre au crochet ou à la crapette.
Sans penser, on avance dans l’obscurité ; en pensant, on avance dans la confusion.
Les idées qui nous viennent en marchant sont vigoureuses et engagées. Malheureusement, quand on rentre, elles continuent sans nous et nous laissent avec nos pensées domestiques.
L’absurde, on n’en mesure sans doute pas tous les enjeux mais il y va de la santé de la pensée, excusez du peu, probablement aussi du destin de l’humanité et deux trois petites choses encore qui ne me viennent pas présentement à l’esprit.
L’épuisement des stocks est manifeste, il nous faut trouver des sources de pensée renouvelables.
La liberté supporte mal les limites et devient vite capricieuse voire tyrannique ; l’égalité ne tolère pas les différences et devient vite intraitable voire despotique. Que nous reste-t-il alors, à part la fraternité ?
La définition des concepts les plus abstraits (la liberté, la vérité, le devoir, la joie…) tient en quelques mots ; les dictionnaires en attestent. Le sens, lui, a besoin de temps et d’espace, il est bien trop à l’étroit dans une définition.