Ç’aurait été plus économique mais beaucoup moins convivial et complétement catastrophique pour les charcutiers et les boulangères si nous n’avions eu besoin que d’eau, de lumière et de dioxyde de carbone pour nous nourrir.
Ç’aurait été plus économique mais beaucoup moins convivial et complétement catastrophique pour les charcutiers et les boulangères si nous n’avions eu besoin que d’eau, de lumière et de dioxyde de carbone pour nous nourrir.
Toute l’éthique, une bonne partie des sciences politiques et de la métaphysique, la psychologie, la sociologie, la nodologie et l’érotologie, quelques aspects de la théologie et de l'anthropologie de la famille ainsi que la psychanalyse lacanienne sont contenus dans l’ambivalence du lien.
Suffit de le dénouer pour comprendre.
Les attaques talon, comme la course sur la pointe des pieds sont déconseillées en running ; il faut préférer la foulée médio-pied. Pour le writing, c’est un peu la même chose, on doit trouver une voie entre l’écriture coup de poing et l’écriture petit doigt en l’air.
Laisse une place au vide qui est en toi.
Mon budget cinéma est quasi nul : j’ai dans la tête un multiplex. On n’y passe pas que du Godard mais le programme est régulièrement renouvelé.
– Vous n’êtes qu’un détail de l’histoire et si on lisse les courbes, mon garçon, il n’y a ni progrès, ni régression, juste un chaos dépourvu de sens et privé de direction, me dit une naine jaune.
(Oui parce que, voyez-vous, il m’arrive de converser avec les étoiles).
– Sans doute, répondis-je.
Tu peux boire au creux de ta main, mais ne cherche pas à te mettre à l’ombre de ton ombre.
Vague verte : premier effet de la montée des eaux ?
Hier soir, alors que je me promenais sur un sentier isolé, le long de l’océan, je fus très surpris de découvrir un clarinettiste face à la mer qui jouait du Mozart, je crois. Quelle générosité ! Il jouait pour les vagues et le vent, pour l’horizon et la liberté, que dis-je, pour l’infini des éléments ; oui quelle générosité et quel civisme d’épargner ses concitoyens.
J’ai un peu accéléré.
– On a tous quelque chose de différent en soi, tu vois, quelque chose qui nous rend unique. Et tu n’échappes pas à la règle, bien sûr que non. Crois davantage en toi. Un jour, j’en suis sûr, quelqu’un ira au-delà des apparences et saura découvrir qui tu es au fond. Toi, toi vraiment, et pas celui que les autres pensent que tu es ou veulent que tu sois. Arrête un peu de réfléchir et sois ; en plus tu réfléchis de moins en moins bien.
Ainsi essayai-je de lui remonter le moral ; il ternissait lentement et tristement mon vieux miroir.
Oui, qu’est-ce que l’amour ?
La réponse est pourtant claire et nette, aimer c’est… Non mais arrêtez de lire par-dessus mon épaule, cherchez vous-même, et si vous séchez, allez voir du côté de Lacan ou Florent Pagny.
C’est la main qui révèle car, si elle sait peu, elle touche à tout.
Ces phrases toutes faites que l’on répète ad nauseam, ça commence à me casser les codes !
– La gadoue, la gadoue, hou, faudrait des bottes de caoutchouc, hou hou, mettons les essuie-glaces, la gadoue, la gadoue, hou hou, heureusement tu as ton imperméable… la gadoue, la gadoue…
– Magnifique, quelle puissance, et comme c’est beau, mais pourquoi avoir choisi cette chanson ?
– C’est pour le message. Ça parle de la lutte contre le réchauffement climatique, bien sûr, mais il y a aussi des messages plus souterrains. C’est sans conteste un éloge secret de la potière-tourneuse Annie Fourmanoir ; c’est évidemment une référence discrète à Peter Falk et sa garde-robe ; c’est aussi – quel drame ! – un hommage à Jean-Robert Leboulu, mort dans un accident de voiture suite au dysfonctionnement de ses essuie-glaces une nuit de forte pluie (très probablement un sabotage de son beau-frère Michel Ragouteux) ; c’est un message d’espoir crypté envoyé aux migrants climatiques en recherche de terres d’exil ; c’est à n’en pas douter une allusion à Baudelaire, « Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,/ Traversé çà et là par de brillants soleils ;/ Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,/ Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils » ; il n’est pas impossible que ce soit un clin d’œil à Alexandra Kazan, miss météo dans les années 80, ah ! c’était le bon temps ; peut-être aussi, je ne sais, une évocation du grand bottier Raymond Massaro, à qui l’on doit la ballerine à élastique portée, si indécemment, par B.B. ; et moi, ça me fait penser à ma grand-mère, sur la fin, je chante un peu pour elle. (Pleurs)
– Merci, quelle chanson et quelle interprétation !
La logique molle et contrariante de la montagne qui souvent nous fait descendre d’abord pour atteindre un point surélevé.
Certains s’en désolent, moi ça m’attendrit. Passez aux toilettes après la plus jolie fille du monde, vous verrez, ça pue !
Tiens, j’ai aperçu Laetitia Casta, récemment. Je me demande si elle est de la famille de mon boulanger, monsieur Casta.
Pas eu le temps de lui demander.
Le sportif le sait bien, le corps ne réagit pas de la même façon aux différentes heures de la journée. L’écrivain le sait-il, sa main aussi a des humeurs variables. Plutôt mélancolique et poète le soir, il est énergique et philosophe le matin ; après midi, le ventre plein et le désir usé, il rêve et raconte.
Le vivant, ce génie de l’imprévisible, cet art du désordre, infatigable et libre, le vivant que l’on s’acharne à ranger, tailler, assécher.
Un homme, une voix. Une voix, une idée. Une idée, un monde.
Et des mots.
La psychanalyse nous apprend qu’il faut tuer le père pour devenir adulte.
Attention à ne pas tuer en même temps l’enfant qui rit et joue en nous ; il est celui qui nous préserve de l’esprit de sérieux, cette mort anticipée.
Les poètes ne sont pas pris au sérieux. C’est normal, c’est une question de style. Ils devraient s’habiller mieux et porter une blouse blanche, une soutane ou un képi.
C’est dans le silence que les idées naissent, c’est dans les mots qu’elles grandissent et dans le bruit qu’elles meurent.
– Parle avec ton cœur, même si tu ne sais pas, lui, il sent.
– Blurp, obéit-il, vomissant des crachats sanglants un peu verdâtres mais très sincères.
Non sans paradoxe, la pensée n’est féconde qu’à se retirer.