La sagesse, c’est comprendre que l’exotisme est au bout de sa rue. La connaissance du monde, l’expérience des voyages et l’arthrose le confirment.
La sagesse, c’est comprendre que l’exotisme est au bout de sa rue. La connaissance du monde, l’expérience des voyages et l’arthrose le confirment.
Difficile que le spéculatif ne vire au spéculaire. La pensée du réel s'arrête souvent à une contemplation du miroir.
Je suis complètement d’accord avec ceux qui cherchent toujours le dissensus, le consensus est foncièrement suspect.
Les deux jambes du pantalon, c’était vraiment une bonne idée ; la braguette pour hommes, là on frôle le génie, mais pourquoi s’être arrêté si tôt et ne pas l’avoir continué jusqu’au dos. Pisser et chier en auraient été simplifiés. À moins qu’il y ait un problème technique qui m’échappe. Ça vaudrait le coup de créer un prototype. Bon, moi je suis retenu par mon écriture littéraire. Dommage !
Jette loin ton regard au-delà de l’ordinaire et ouvre-toi à la vastitude du divers, mais n’oublie pas de nettoyer tes traces.
Le cynisme pour les adolescents, l’épicurisme pour les adultes, le stoïcisme pour les vieux et le babarisme pour le début et la fin.
Mes pieds, les trois banians du front de mer et l’accord du participe passé.
Le romancier déformerait la réalité, il mentirait même. Disons que la véracité est un souci d’humain, les choses sont indifférentes à ce qu’on leur fait dire.
– Vieillir, c’est comme avoir rendez-vous avec la r…
– OK, boomer ! Ton MP3 bugue.
– Pardon mais j’écris ce que je veux.
– Et moi je lis ce que je kiffe, bye.
Les misanthropes ne sont pas toujours zoophiles, mais les zoolites peuvent être lituaniens.
Les litanies n’enragent pas tous les Mégariens, mais les mégalos dérapent souvent sur les thérapeutes.
Les théoriciens ne favorisent pas l’alopécie, mais l’allopathe court parfois en Mizuno.
Les misogynes ne détestent pas les cryptogrammes, mais les cryptogames aiment pousser sur les gramophones.
Moi je ne cracherai pas sur une boite de thon, pensa peut-être la chatte Lucienne, alors que je lui lisais à haute voix mon “poème”.
Les misanthropes ne sont pas toujours zoophiles, mais les zoolites peuvent être lituaniens.
Les litanies n’enragent pas tous les Mégariens, mais les mégalos dérapent souvent sur les thérapeutes.
Les théoriciens ne favorisent pas l’alopécie, mais l’allopathe court parfois en Mizuno.
Les misogynes ne détestent pas les cryptogrammes, mais les cryptogames aiment pousser sur les gramophones.
Moi je ne cracherai pas sur une boite de thon, pensa peut-être la chatte Lucienne, alors que je lui lisais à haute voix mon “poème”.
Felix Lebrun qui bat le Chinois Fan Zhendong au tennis de table, Tedy Rinner qui s’impose devant le Japonais Tatsaru Saito au judo… c’est tout l’Orient qui tremble. Vous allez voir que Musso va souffler à Murakami le prochain prix Nobel de littérature.
Paul était en retard, il décida de prendre le 28 plutôt que de continuer à pied. Le bus était plein mais il restait une place à l’arrière à côté d’une jeune femme qui portait un casque. Il resta debout. Rue d’Alsace, il descendit. Julie resta à sa place, elle écoutait un podcast sur la mythologie grecque, c’était sa collègue Gisèle de la compta qui lui avait conseillé après avoir passé deux semaines à Corfou. Là-bas, Gisèle avait rencontré Vince qui y organisait des visites guidées en français de mai à octobre, elle ne rencontrait jamais d’hommes depuis son divorce, mais chaque année, elle partait en voyage organisé. De novembre à avril, il quittait l’île et rentrait s’occuper de Marius, son fils, pendant que son ex partait s’installer à Annecy pour la saison de ski. Laure, l’ex de Vince était monitrice de ski, en plus elle avait des cousins qui habitaient la région et ce bain familial lui faisait du bien, elle retrouvait un rythme et un mode de vie qu’elle avait perdus. Gardé par son père, Marius changeait lui aussi de mode de vie pendant ces six mois. Il passait beaucoup de temps avec Louis, son voisin et copain, qui vivait seul aussi avec sa mère, Marthe, professeur de français au lycée George Sand. Louis était un enfant solaire, il faisait du bien à tout le monde. Il est probable que, sans lui, sa maman n’aurait pas tenu après le suicide de Justin, son mari. Louison l’avait beaucoup aidée au début, elle l’appelait tous les jours et puis, un matin, elle annonça qu’elle avait demandé sa mutation à Lille. Quant à George, je veux dire la princesse Dudevant, je vais me renseigner un peu.
L’homme, cet insatiable spectateur.
On m’a raconté l’histoire de Jocelyn, adorable petit garçon de neuf ans, mort il y a quelques jours d’un cancer des os. Son histoire avait pourtant mal commencé.
Jocelyn était un accident et il l’avait payé très cher. Son père, violent et alcoolique, criait quand il ne frappait pas ; il disparaît à ses huit mois. Sa mère, soumise et demeurée, ne lui parlait pas, ne le regardait pas et oubliait souvent de le nourrir ; elle est internée à ses deux ans. Jocelyn avait ensuite été brimbalé de familles d’accueil en foyers pour orphelins jusqu’à ce qu’on lui diagnostique un cancer à six ans. Il a été pris en charge par un centre de cancérologie pédiatrique qui l’a littéralement adopté et lui a donné de l’amour, une famille et des copains pendant trois ans.
– Deux ans, trois ans, dix ans… moi je compte pas comme vous. Tous les jours je rigole et je joue, j’ai jamais faim, j’ai jamais mal, je suis jamais triste, tous les jours. Alors ça doit bien faire au moins quatre cent vingt-cinq mille trois cent quatre-vingt-dix-neuf jours… c’est beaucoup plus que dix ans. Même que cent ans.
Si j’étais un chat, je serais très content de ne pas être un chien.
Partout dans le monde des adolescents accrochent un cadenas d’amour pour matérialiser leurs sentiments. C’est une aubaine pour le commerce de ce petit objet métallique qui ne se vendait plus depuis l’apparition des digicodes. C’est aussi la preuve que nos chers petits – que l’on dit trop souvent écervelés – ont une intuition assez fine de ce qui les attend.
Entre le flou de celui qui feint d’être ce qu’il n’est pas ou de ne pas être ce qu’il est et le figé de celui qui est ce qu’il est ou n’est pas ce qu’il n’est pas, je m’essaie au bougé, ce léger décalage, ce tremblement de l’être qui donne vie aux destins sans susciter la méfiance.
Alors aujourd’hui, vous ne pourrez pas m’accuser d’être tiède ou faux-cul. Je vais vous dire le fond de ma pensée, mais attention, ce n’est pas une thèse ni un manifeste, disons que c’est une observation que je fais à voix haute. Donc voilà, je trouve qu’il y a autour de moi un certain nombre de gens laids. J’allais dire moche, mais on me signale que le terme est offensant ; alors disons laid parce que je ne veux offenser personne. Pourtant, certains sont vraiment très moches.
Bien sûr, j’entends déjà les philosophes me mettre au défi de définir le beau, j’entends les anthropologues me parler de relativisme culturel et les sociologues d’esthétique de classe. Je me souviens de ma mère qui parlait de la beauté du cœur et je connais le jeune garçon de Ghirlandaio qui regarde avec une tendresse infinie son grand-père pourtant si laid (il est même carrément moche, mais dieu que ce tableau est beau !). Et Voltaire a raison, le crapaud, c’est sa crapaude qu’il trouve belle. En fait, je crois que tout le monde a raison – moi y compris. Il y a autour de moi des gens très laids.
J’ajouterai pour finir qu’il n’y a bien que les humains adultes (et souvent mâles), ces crétins, pour harceler les laids et aduler les beaux.
Et d’abord, si je suis misanthrope, c’est vraiment de votre faute.
La partition était vierge
Alors il rangea son tuba
Et nagea en silence
On a l’âge de ses poèmes préférés.
Le vrai n’est pas le vraiment vrai – en dynamique.
(Si vous m’autorisez cette ambiguïté stratégique.)
Il suffirait d’un simple transfert d’énergie pour tout changer.
Récupérer le temps, l’imagination, l’intelligence, la force et l’obstination gaspillés à élaborer des problèmes pour les faire porter sur des objets sains et beaux. (Construire des cabanes, traduire Lao Tseu, monter un club de crapette mixte et transgénérationnel, adopter un chien errant, danser sur le chant des galets, écrire la biographie de M. Trésor, illustre inconnu mort d'indifférence en 2022, etc.) Facile et pourtant…
Quand on subit un accident on se dit toujours, à quelques secondes près, à quelques mètres près, rien de cela ne serait arrivé et tout serait encore comme avant. Quelle terrible malchance !
C’est vrai, mais on pourrait aussi se dire, chaque jour, chaque heure, alors que tout se passe bien, pas de noyade, pas d’incendie, pas de meurtre ; à quelques secondes près, à quelques mètres près, je perdais tout, je finissais handicapé ou traumatisé à vie. Quelle chance inespérée !