La main qui écrit ne vole rien à la bouche qui parle, elle accueille ses mots et les installe. C’est plus ou moins coquet, plus ou moins confortable. Et la bouche qui parle ne moque pas la main qui écrit, elle sort ses mots et les promène. C’est plus...
Là, tout de suite, allez savoir pourquoi, alors que les pales du brasseur d’air tournent lentement, je me souviens des bouillottes que mes tantes glissaient au fond de nos lits froids et humides, les soirs d’hiver. Pourquoi ce souvenir, maintenant ? Je...
Concernant l’affaire Delon, je suis désolé, je n’ai aucun avis sur la question. Il faudrait pour cela que je m’informe, car j’ignore tout du dossier, mais cela ne m’intéresse pas, il y a tant de choses autrement graves à penser. En outre je manque de...
Alors que je me promenais sur le sentier littoral en fin de journée, j’aperçus au loin un homme qui… jouait du parapluie. Je veux dire qu’il tenait son parapluie comme un saxophone et faisait mine d’en jouer. Je trouvais ça amusant mais en m’approchant,...
J’ai rencontré Jean-Pierre hier et j’ai eu avec lui une conversation intéressante sur les registres de langue. Très rapidement nous en sommes venus à parler d’écriture. “Moi, j’écris pas, mais j’ai des phrases”. La formule m’intrigua et quand je lui parlai...
Les deux jambes du pantalon, c’était vraiment une bonne idée ; la braguette pour hommes, là on frôle le génie, mais pourquoi s’être arrêté si tôt et ne pas l’avoir continué jusqu’au dos. Pisser et chier en auraient été simplifiés. À moins qu’il y ait...
Les misanthropes ne sont pas toujours zoophiles, mais les zoolites peuvent être lituaniens. Les litanies n’enragent pas tous les Mégariens, mais les mégalos dérapent souvent sur les thérapeutes. Les théoriciens ne favorisent pas l’alopécie, mais l’allopathe...
Les misanthropes ne sont pas toujours zoophiles, mais les zoolites peuvent être lituaniens. Les litanies n’enragent pas tous les Mégariens, mais les mégalos dérapent souvent sur les thérapeutes. Les théoriciens ne favorisent pas l’alopécie, mais l’allopathe...
Paul était en retard, il décida de prendre le 28 plutôt que de continuer à pied. Le bus était plein mais il restait une place à l’arrière à côté d’une jeune femme qui portait un casque. Il resta debout. Rue d’Alsace, il descendit. Julie resta à sa place,...
Tiquounet n’avait plus grand espoir, il allait l’attendre encore jusqu’au matin, mais quelque chose lui disait qu’il ne reverrait plus jamais sa maman. Il avait déjà assisté à la mort de son papa quelques jours auparavant. Le sort s’acharnait sur sa famille....
Dans une librairie, je suis tombé par hasard sur un cahier d’écriture. Elles y étaient toutes : les minuscules, les majuscules, les capitales d’imprimerie, les cursives, dont le Q, magnifique et mystérieux. Je l’ai pris, puis je suis allé au rayon sociologie,...
C’est l’histoire d’une mauvaise blague de comptoir qui rêvait d’être une grande tragédie grecque. Un soir, alors qu’elle tournait lamentablement dans un bar à côté d’un théâtre, elle vit entrer un groupe d’acteurs qui venaient de jouer la Médée d’Euripide....
Dans certaines revues, on trouve des informations sur les femmes des grands footballeurs. C’est intéressant, j’aime bien. En revanche je suis très déçu de ne jamais rien lire sur les épouses des grands philosophes. Je me demande, par exemple, comment...
On annonce une baisse de régime chez Ferrari. Cela n’a rien d’étonnant, ils ont tout misé sur le design et la mécanique ; on ne néglige pas impunément le marketing. Si je puis me permettre, quelques slogans habiles suffiraient à remonter l’affaire. Par...
Alors que l’aube frissonnante réveillait déjà l’horizon, il hésitait encore (et s’il restait couché ce matin ?), puis, ragaillardi par l’aurore en feu, il se leva ; il grimpa lentement et monta régulièrement jusqu’à midi ; alors, sans fléchir pourtant,...
– On me reproche gentiment de parfois manquer d’empathie. C’est vrai, et je me méfie du pathos ; je me méfie surtout du pathétique, des pathogènes, du pâteux, du pâtir, du patron, du paternel, du patriarche, des patriotes, des pâtissons, des patenôtres,...
C’est difficile. Un peu comme les tomates sur le marché, certaines idées philosophiques (prenons l’exemple de la banalité du mal d’Hannah Arendt) sont manipulées du matin au soir et finissent sales, abîmées et inconsommables. D’autres, revêches et pures...
On me reproche gentiment de parfois me répéter. En effet, et je n’évite pas la répétition. Je la trouve belle et saine. À l’inverse, je trouverais suspect un musicien, un cuisinier, un philosophe ou un lanceur de marteau qui, chaque fois, innoverait....
Il regarda autour de lui. Homme creusa un trou. Il y poussa Arbre et Rivière. Il sauta à son tour. Dehors, Vent vint à passer. “Tiens, ça a changé ici, souffla-t-il, il manque quelque chose, mais je ne saurais dire quoi”. Pluie vint à tomber, une fois,...
Le peintre, le dialecticien et le cuisinier le savent bien, mélanger est un art difficile. On glisse si rapidement du bariolage joyeux au bouillon fadasse. Le bon mélange se souvient et invente pourtant, il emmêle et détache aussi. Quant à la bonne synthèse...
Cette époque est faite pour moi. Figurez-vous que grâce au GPS de votre téléphone, vous ne pouvez plus vous perdre. Alors bien sûr, j’entends déjà les technophobes acariâtres : oui mais si on perd son téléphone. Eh bien pas de problème, si vous avez synchronisé...
C’est l’histoire de Pinkie, une pomme. (C’est moi qui l’appelle Pinkie, parce que je trouve ça mignon, mais en fait, elle n’a pas de nom parce que les pommes ne s’en donnent pas ; d’ailleurs elles ne parlent pas entre elles, les pommes.) Pinkie était...
On assiste à une curieuse inversion des courbes. Nos constructions se délabrent de plus en plus vite quand nos corps tiennent de plus en plus longtemps. Elle est finie l’époque où l’on ne pouvait voir la construction d’une cathédrale du début à la fin....
Alors aujourd’hui, vous ne pourrez pas m’accuser d’être tiède ou faux-cul. Je vais vous dire le fond de ma pensée, mais attention, ce n’est pas une thèse ni un manifeste, disons que c’est une observation que je fais à voix haute. Donc voilà, je trouve...
J’ai la grande tristesse de vous annoncer que je pense en finir avec l’écriture. Je veux dire celle des autres. Non que les écrivains m’ennuient tous, mais les conversations du quotidien que je vole sans vergogne au restaurant, dans le train ou au parc...