La solitude, quand elle ne vous prend pas tout, vous laisse beaucoup.
La solitude, quand elle ne vous prend pas tout, vous laisse beaucoup.
La vie est ailleurs, certes.
Mais l’ailleurs commence au coin de la rue.
− Au secours ! au secours ! ouvrez vite madame Ova, je suis poursuivi par une bande de fous furieux.
− Ouh la la ! Entre vite mon petit Spermo.
− Merci madame Ova, je ne resterai pas longtemps et saurai me faire tout petit.
− Rien ne presse, mon Spermitou. Et puis tu sais dehors c’est dur, le chômage, la surpopulation, la sécheresse, l’identité nationale, FaceBook. On meurt pauvre et seul.
− Ah, vous êtes vraiment gentille, madame Ova. Mais quand même, je ne vais pas vous déranger, et puis, il y a mes potes. D’ailleurs ils m’appellent Sperman, je préfère, si vous voulez bien. Bon, eh bien je vais y aller, madame Ov…
− Pauvre crétin ! Tu n’as pas vu que chez moi il y a une porte d’entrée mais pas de porte de sortie. Allez, va chercher la serpillère, après tu iras torcher les gosses.
− Mon Dieu ! C’était un piège, et il a fallu que ça tombe sur moi…
Cette histoire vraie a eu lieu près de chez moi, il n’y a pas très longtemps. Je suis, depuis, sans nouvelle de Spermo et, pour ne rien vous cacher, je suis inquiet.
Il y a au fond de la question de l’identité une pulsion de mort.
Meurtre, quand on la décrète.
Suicide, quand on la recherche.
Soyez prudents !
La mastication rend sourd.
La rumination rend sombre.
La constipation rend fou.
La fornication rend mou.
Mais il vous reste la méditation, la lévitation, la congélation, la végétation et la télévision. Ce qui fait beaucoup pour un dimanche.
Il n’y a pas de science de la liberté, mais il y en a une histoire.
Parce que si elle est imprévisible, elle n’est ni hasardeuse ni spontanée
Il ne faut pas abuser du commerce avec les génies ; certes ils peuvent aimanter, mais ils accusent aussi le plus souvent.
C’est à l’automne que la nature fait son grand nettoyage, pas au printemps.
On serait bien inspirés, nous aussi, de ne pas conserver religieusement toutes nos feuilles mortes.
La poésie est une sensibilité au sensible.
La souffrance et la rage portent parfois et aiguisent. Mais c’est la joie qui anime et féconde.
La banalité du mâle.
L’atelier du penseur, c’est la langue. Son marteau et son burin, les mots.
Les idées ?
Elles grouillent et grondent au dedans – fantômes aphones – et s’imaginent pouvoir réchauffer un bloc de marbre ou noircir une toile vierge. Quelle idée !
Il pleut
Embouteillage
De fourmis
Ne chie pas sur du béton, c’est mauvais pour les tympans, me dit Robert Lin Tsi, la main droite farfouillant dans la poche droite de son improbable pantalon fuchsia.
Puis, alerté par mon froncement de sourcils, il mima de la main gauche, souriant et libéré, la mort du cygne.
Enfin, s’abonnant à une prolixité inordinaire, il continua, « lâche et laisse et danse ».
Notre dedans est une caisse de résonance trompeuse et présomptueuse.
Self made man, d’accord mais le plus difficile c’est l’épilation des poils du haut du dos.
Comble de malchance, ce sont les plus disgracieux.
Les vacances : vacance planifiée, bruyante et coûteuse.
Écrire vite et surprendre la pensée sans lui laisser le temps de penser.
La matière marque la naissance du hasard et de la permanence.
La vie, celle du devenir et de l’innocence.
L’homme, celle de l’art et l’indécence
La violence est à l’affût. Toujours. Partout.
Prendre le chemin des jours ordinaires et apprendre à aimer, dès le matin, l’innocence des signes.
Selon un processus très efficace de vases communicants, le moi s’enfle de ce dont le monde est expurgé.
Désenchanté, celui-ci se vide, se tait, se retire hors du sens, pour n’être plus qu’un décor bancal, plan et pas cher.
Celui-là, obèse et obsédant, n’en finit plus de se raconter, s’écouter, se gaver.
Héros sans théâtre, sans histoire, sans public.
Le monde et ses illusions
L’esprit et ses fantômes
Simple et vrai, le souffle
Quelle histoire extraordinaire que l’aventure humaine !
J’aurais bien aimé connaître la fin.
« Méfie-toi de ton agenda, c’est un voleur de temps », me mit en garde Robert Lin Tsi.
Et pour satisfaire ma demande de complément d’information il ajouta, « si tu ne peux mesurer en pas, mesure en pieds ». Il attendit ensuite que son sucre fonde.