L’insolente évidence du lever de soleil
L’insolente évidence du lever de soleil
Dieu merci les histoires d’amour se terminent toujours mal, sans cela il aurait fallu se priver de 3 000 ans de saisissantes envolées lyriques et l’on aurait dû se fader le double de traités de morale constipés et d’éloges partisans et manipulateurs à la patrie domestique.
Te souvient-il ma mie, de l’époque où la distance était une épreuve, la vitesse une émotion et le poids une sensation ! Te souvient-il quand nous sentions, goûtions et touchions !
L’heure est à l’anesthésie générale, mais que l’on se rassure, on connaît au nanomètre près la distance qui sépare la Terre du soleil. Ouf !
Envoyer la mystique aux champs et faire de l’agriculture une métaphysique.
Il avait fait du silence sa folie, de la lenteur sa colère.
Nous criions comme des singes ; nous parlons par signes ; nous communiquerons par sigles.
N’aurons plus de N mais des L ; seront toujours aussi les G.
Pars et ne pars pas.
Aie le séjour vagabond et curieux.
Le commandant du sous-marin nucléaire déposa dans son caddy quatre rouleaux de papier toilettes, puis se dirigea vers les produits d’entretien. En passant devant le rayon thon en boîte et sardines à l’huile, pourtant conscient de l’inépuisable diversité des visages humains et quoiqu’il n’ignorât rien de la toxicité de ses ogives, il fut pris d’un violent désir de profondeur.
On n’a gagné.
Aujourd’hui, la philosophie sert de slogan et la poésie de décoration. Ce n’est pas ce qui était prévu, mais ce n’est pas le moment de faire le difficile.
Le frère était valétudinaire
La sœur était stéatopyge
La mère était parégorique
Le père n’était pas
La clé à mollette non plus
Aie la modestie ambitieuse.
Manifestation des oubliés, des fades, des ternes, des transparents, des banals, des futiles, des falots, des abandonnés, des insignifiants, des inintéressants, des inconsistants, des négligeables, des quelconques, des inoffensifs, des inodores, des anodins, des petits, des minuscules, des infimes, des inutiles, des imperceptibles, des insipides, des accessoires, des vacataires, des optionnels, des creux, des vides, des nuls, des vains.
Beaucoup de monde, aurait rapporté un témoin anonyme.
Passé complètement inaperçu.
Naître encore.
L’histoire est un blanc-seing laissé à une humanité en gésine.
Totalement irresponsable, incroyablement généreux, follement poétique, génialement inconséquent, énorme et minuscule à la fois.
Pour ma part, je trouve cela épuisant mais grisant.
Bon, j’y retourne.
L’excès commence à onze, quand on ne peut plus compter sur ses doigts
Ce n’était pas gagné. Ce n’est pas encore perdu.
Je parle de l’aventure humaine.
Le chien ne veut pas miauler
Le marteau ne veut pas scier
La pomme ne veut pas citronner
L’holothurie ne veut pas émigrer
Le carré ne veut pas extrapoler
Le bateau ne veut pas poivrer
Le droit de grève ne veut pas mastiquer
La tondeuse du voisin ne veut pas transcender
L’imparfait du subjonctif ne veut pas guillotiner
La mort dans l’âme ne veut pas raboter
La fonte des neiges ne veut pas négocier
Alors pourquoi veux-tu mon pain au chocolat ?
Il est des vies trop vites
Des vits laids qui lèsent
Le vide aux lèvres
Il est des pauvres avides
Et des lits sans repos
Des peaux dépolies
Possédées du dégoût
Au commencement était le signe – juste après le singe.
On ne naît pas individu, on le devient.
Un ami, un couteau suisse, une caisse de Saint Estèphe, un petit carnet à spirale, ton sourire pour me bousculer et l’horizon pour me calmer.
Le problème avec les blogs c’est qu’il y a finalement plus d’écrivains que de lecteurs.
Imaginez un stade de foot avec 23 spectateurs dans les tribunes et 85 000 joueurs sur le terrain.
Hier, tard dans la nuit, alors que les enfants dormaient déjà depuis plusieurs heures, juste après le passage du camion poubelle, j’ai cru entendre le grille-pain traiter le micro-onde de gros enculé, mais je ne saurais certifier la chose d’autant que je ne connais pas la voix du grille-pain, resté jusqu’à cette nuit silencieux.
La norme est morne
Et la mort énorme
Alors rame et mords