« Méfie-toi de ton agenda, c’est un voleur de temps », me mit en garde Robert Lin Tsi.
Et pour satisfaire ma demande de complément d’information il ajouta, « si tu ne peux mesurer en pas, mesure en pieds ». Il attendit ensuite que son sucre fonde.
« Méfie-toi de ton agenda, c’est un voleur de temps », me mit en garde Robert Lin Tsi.
Et pour satisfaire ma demande de complément d’information il ajouta, « si tu ne peux mesurer en pas, mesure en pieds ». Il attendit ensuite que son sucre fonde.
Il est des dimanches que l’on aimerait voir commencer à 13 heures et finir à 14, juste le temps de boire une bière entre deux nuits.
Certains sont attendus d’abord et regrettés ensuite, entre une aube trop lente et une conclusion précoce.
D’autres, plus rares, se tiennent à leur place, pleins et discrets, fluides et honnêtes.
Ne pas abandonner l’actuel aux actualités.
Une chanson sans couplets, juste un refrain, répété jusqu’à l’usure.
Comme sa vie.
Une robe sans forme, sans secret, sans regret.
Comme sa mort
Couteaux à droite fourchettes à gauche
Les riches au nord les pauvres au sud
Les hommes en haut les femmes en bas
La Terre au centre Soleil autour
− Bon et toi dans tout ça, où vais-je te mettre ?
T’as la planète de guingois
le sexe approximatif
et les idées en gratin !
Pardonner n’est pas oublier, parce que donner n’est pas perdre.
Le crash le crack le cash
Le bug le flop le fric
Ça rap hard today
Il faut ouvrir une voie entre la fission et la fusion.
Entre le champignon nucléaire et la bouillie de lentilles.
La peinture nous émeut, oui, et la littérature nous instruit sans doute, mais c’est la musique qui nous apprend l’attente et le silence, et le temps qui s’échappe et nous échappe.
L’humanité est un détail.
Nous perdons le sens de l’accueil.
Je pense aux étrangers, bien sûr, mais aux idées aussi.
Elles s’approchent, migrantes chétives à la voix usée.
Elles appellent, faibles et confuses.
Nous les ignorons, bavards hyperactifs.
les pieds sur terre
la tête dans les étoiles
mes lèvres sur les tiennes.
Une banane, me dites-vous, est un peu comme une cerise jaune et longue sans noyau.
Soit, mais que faites-vous alors de Lioubov Andréevna (Любовь Андреевна) ?
Hier est fini / tout cicatrise en hiver
Demain sera vite / sans fantaisie le soleil
Moi je me concentre / 3 minutes 30 pour mon œuf.
Si Dieu existe, j’espère qu’il a la possibilité d’aller voir directement la fin de l’histoire, comme dans un mauvais polar, et qu’il peut passer, le cas échéant, à autre chose.
J’ai rendez-vous avec ton cœur. C’est loin et il est tout petit, mais c’est tout droit.
Je devrais pouvoir me passer du GPS.
Il se peut que le paysage me lasse mais au moins, je ne risque pas de me perdre.
Tant mieux parce qu’on ne survit pas longtemps dans un désert.
Il nous faut apprendre à lever le pied.
Les danseurs au pouvoir !
Réduction du domaine de la lutte.
La paix a des airs de soumission.
Orange mécanique
Citron génétique.
− Juteuse, la Terre
Dans les intermittences d’un non-sens fissuré
Sur le marbre sans nervure de l’ordre des choses
Au milieu des rebuts de pacotille et des amours nerveuses
Il rit aux éclats, l’enfant, d’une présence initiale et sans faille.
L’homme est un loup pour l’homme, je ne sais.
Un chien pour les animaux, assurément.
Ordonner.
Mais d’où nous vient cette obsession qui pue la mort ?
Élancé, léger, souple, il se rêve en paille-en-queue.
Je saurais bien voler moi aussi, sans ces fichues racines, pensait le filaos, ingrat.
Le suicide est un raccourci.
Sauf par pendaison.
LP est mort.
Toutes les vies se valent, bien sûr. Mais lui n’était pas un vivant, c’était un artiste. Un horizon. Un sursaut. Une voix.