Il faut restaurer l'autorité, le subjonctif et la Sergent Major, maugréa-t-il, amer et courbatu, Monsieur Lucien, en sortant de son cours de break dance.
Sculpte donc l'océan toi qui veux tout régir et verbalise le vent tout savant que tu es, nomme et classe et puis trie du plus loin jusqu'ici, règle le temps, gère les élans, lisse les sens pourvu
que tu nous laisses danser boire et pleurer.
Ils commettent une erreur de calendrier ceux qui dépensent tant d'énergie et d'ingéniosité à laisser une trace.
Les traces n'intéressent que les détectives, les chasseurs et Monsieur Propre.
Les éditions Dalloz viennent de sortir le nouveau Nouveau Manuel de finances publiques. 782 pages dont 126 de notes et 93 de bibliographie, plus trois pages blanches pour
les notes personnelles.
Ouvrage remarquable et passionnant qui sait même faire preuve d’humour (cf. chap. 3, 6.1.5, al. 4).
Je souhaitais seulement faire remarquer aux auteurs et éditeurs que « manuel » vient du latin manualis, de manus, main, qui désignait un petit ouvrage portatif qui
avait su aller à l’essentiel et que l’on pouvait (ou devait) donc toujours avoir à la main.
Épictète nous a ainsi laissé un très beau Manuel, profond et léger, 49 grammes aux éditions Mille et une Nuits.
Je rêve d’une photocopieuse rebelle, anthropophile et technophobe qui déformerait, avec inventivité et humour, chacune des copies pour en faire un original joyeusement imprévisible et étonnemment
délirant.
Exposition animalière de Damien Hirst.
Je reste médusé, une carpe, pas même un discret petit beuglement.
L’art est facile, je ne sais, mais difficile assurément la critique.
– Non ! Tu as le désir chétif et ton rire est chiche.
– Oui ? Mais je suis très riche et j’ai encore plus d’amis que tu n’as de créances.
– Non ! Tu es un pantin, un écho, un reflet ; tu es une illusion nocive.
– Oui ? Mais je fais envie, on m’espère, on me rêve.
– Non ! Tu trompes et te trompes, ton masque poudré est une insulte au devenir.
– Oui ? Mais alors pourquoi cette aigreur à la mesure de ta jalousie ? Vois comme je dors bien, moi.
– Non ! Tu ne peux rien, tu ne sais pas, tu ne veux plus.
– Oui ? Alors sois, toi, ce que tu es si tu le peux.
Écrire comme on vagabonde, errer entre les lignes, dans un pays inconnu, là où l’on parle une langue étrangère, monter, descendre, sans guide, et se perdre, sans dictionnaire, La terre est molle et sent fort, comment dit-on orthographe en jivaro ?, le cerveau peine dans la montée, trop d’adjectifs, trop de silences, qu’est-ce que ce mirage au loin en forme de
point d’interrogation ?, qu’on me prête un mulet, virgule, indifférent mais robuste, et qu’il me conduise au bout de mon texte – point.
- NAN (sans un mot, bruyant pourtant, sans un regard, sans un sourire, désireux néanmoins d’aboyer fort et de mordre profond) : …
- LOUIS-GONZAGUE (admirable métaphoricien s’il en fut, comparatiste averti) : Bravo ! tu es tout à fait en harmonie avec l’environnement, en ce lundi matin : pluie grise
et sale, marteau piqueur cynique et pervers ; olfactivement tu aurais pu faire mieux, ton gel douche coco-vanille rend assez mal l’odeur très occidentalo-urbaine qui domine sur la ligne 7.
Il y a trois sortes d’homme : les renonçants, patients et distants ils renoncent, le monde est pour eux une Foire Aux ILlusions ; les annonceurs, bavards et habiles
ils annoncent, le monde est pour eux une Foire aux RIpoux et Cocus ; les dénonciateurs, viriles et vigiles ils dénoncent, le monde est pour eux une Foire Aux Questions.