Le niveau de sagesse qu’il a atteint me sidère. Il ne cherche pas à découvrir le bout du monde et se moque de faire de nouvelles rencontres. Une chambre avec vue sur mer est le cadet de ses soucis et savoir qu’il passera le réveillon du 31 décembre seul...
– Salut, on ne se connaît pas ? – Non, j’arrive juste, je suis tout neuf ! – Ça te dirait qu’on fasse un petit bout de route ensemble. – Ben ouais. – Et l’écart d’âge, ça ne te gêne pas. – Tu sais, l’usure nous guette tous. Et les deux pneus avant continuèrent...
– Je veux être acteur de ma vie et n'obéir à personne... – Coupé ! Pas mal mais on la refait quand même. Plus de hargne dans la voix ; la lumière plus blanche. – Je veux être acteur de ma vie et n’obéir à personne… – Coupé ! OK. Allez, une dernière. –...
Il me regarda dans les yeux, gardant le silence plusieurs longues secondes, puis se lança. « Eh bien figure-toi que le 24 juin 1894, l’anarchiste Sante Geronimo Caserio poignardait le président Sadi Carnot pour venger Ravachol. Attends. Tu sais où ça...
Il était vraiment novateur, et surtout pour l’époque, l’algorithme de l’homme, mais Dieu n’avait manifestement prévu aucun firewall contre le phishing, le pharming, le spoofing, les spams, les malwares et autres spywares. Le brainjacking est aujourd’hui...
Bien sûr, il y a les absents, qui ont toujours tort (ou toujours raison, mais c’est la même chose), de qui l’on croit pouvoir ou devoir parler ; mais il y a aussi et surtout ceux dont l’absence passe inaperçue, pas même un creux, une trace, un vide, pas...
– 3 novembre. Clash avec l’association les Gazelles insoumises – Dis donc, qu’est-ce que tu penses du végétarisme ? – T’inquiète, ce n’est qu’une mode, répondit le lion à la gazelle ? – Ouf ! Déjà qu’on n’avait plus beaucoup d’herbe. – 12 novembre. Clash...
– 20 avril. Clash avec le conseil de l’ordre des podologues Ce n’est pas de sa faute mais quand même, Épicure rime avec pédicure. – 31 janvier. Clash avec le conseil de l’ordre des orthophonistes Je n’aime pas le mot orthographe, il me fait penser à la...
Que pourrions-nous nous souhaiter ? La maladie, pour prendre soin de la santé ? le dénuement, pour se rapprocher de l’essentiel ? la haine, pour aimer mieux l’amour ? l’apocalypse, pour réparer le monde ? Que pourrions-nous nous souhaiter, à nous les...
– 1994 – Début 1994, j’allais mieux. Les marches courtes, les puzzles géants, Jaccottet, Cobain et le Zoloft m’avaient revigoré. De retour à Paris, j’achevais en quelques semaines le livre de Nora pour le faire éditer. En avril, je relisais mon manuscrit....
Mais d’où pouvait bien venir cette enfant ? Que se passait-il ? J’échangeais depuis trente minutes avec une enfant de neuf ans et demi sur nos projets d’écriture respectifs ! Quelque chose m’échappait ! « Oui, cela arrive souvent que les lecteurs n’aiment...
– 6 juin. Clash avec Amora et Lesieur La médisance, c’est comme les bulots mayo : ce n’est pas très sain mais qu’est-ce que c’est bon ! – 13 avril. Clash avec le syndicat national des chasseurs Le prix du livre stagne, celui du baril de pétrole est en...
J’étais littéralement abasourdi ; personne ne m’avait jamais dit que c’était ça un enfant, ou peut-être que tous n’étaient pas comme Zaïna. Comme chez sa mère, son visage était traversé par une alternance d’ombre et de lumière : elle partait dans une...
Nora m’avait donné rendez-vous le soir même chez Angelina, le célèbre salon de thé de la rue de Rivoli. « Je sais, ça fait plus de dix ans que je suis partie, j’aurais pu donner des nouvelles. Excuse-moi. C’est important, il faut que je te parle, ce soir....
Grignan donc. À ma grande surprise, j’avais trouvé une librairie ouverte, place Saint Louis, qui vendait du Jaccottet bien évidemment. J’avais acheté À la lumière d’hiver et Paysages avec figures absentes. J’aimais ces titres ; c’est à croire qu’ils avaient...
Nora était une militante généreuse et tenace, et tous les sujets pouvaient devenir sensibles avec elle, « rien ni personne n’est quantité négligeable ; négliger, c’est humilier ». Elle avait le sens de la formule et en même temps, elle était l’exact opposé...
Je préfère l’aphorisme à l’apophtegme parce que je préfère – ça n’a rien à voir, je sais – l’euphorie au flegme. Le dicton, lui, me rappelle les dictées et la moustache de Mademoiselle Lambert, le précepte me fait penser à Frère Recep, sa règle en bois...
À Noël, je devais aller passer une semaine chez mes parents à Bordeaux. Cela faisait plus d’un mois que l’on se fréquentait presque quotidiennement, cela serait long une semaine sans elle. Je voulais lui faire un cadeau. J’étais allé à la bibliothèque...
Le samedi suivant, nous nous étions retrouvés au pied de La Rivière. Après avoir caressé les fesses de Dina et félicité Aristide, nous avions continué par le pont Royal, puis le quai Voltaire, le long des bouquinistes. Le pont des Arts venait d’être démonté...
Au jardin du Carrousel, elle fit un tour complet sur elle-même, le bras tendu. « Musée Aristide Maillol à ciel ouvert, bienvenu. Dix-huit statues de bronze. Tu connais Renaud ? À quoi elle ressemble ta gonzesse ? Moi, c’est La Rivière. » Nora et ses fulgurances....
Le dimanche venu, j’avais donc retrouvé Caroline au Moderne, boulevard Aristide Briand. Décoration années cinquante, carte mettant en valeur le terroir et ambiance chaleureuse, le Guide Michelin ne mentait pas. J’avais commandé une bouteille de Crozes-Hermitage....
Troisième partie Nora et moi En 1991, j’ai reçu un coup de téléphone de Nora. Nora, je l’avais rencontrée à la fac de Nanterre, elle était en anthropologie et moi, en lettres. Nous avions fait connaissance peu après la rentrée en octobre ou novembre,...
Novembre 1989. Odette a gagné. J’ai longtemps cru pouvoir y arriver, mais je dois me rendre à l’évidence, je n’écrirai pas l’histoire vraie d’Odette. Voilà, j’ai pris ma décision. J’ai un ancien ami qui écrit bien ; il donne parfois dans la romance sirupeuse...
Selon Nora, si l’on suit les commentaires qui accompagnent son « scénario », il s’agissait de Suzanne car si l’on pouvait éventuellement la confondre, par mégarde, de nuit et saoul, avec Andrée, l’inverse était impossible : Andrée ne ressemblait qu’à...
C’est curieux cette manie de vouloir « partager » ce que l’on a aimé voir, entendre, lire ou manger. Moi c’est plutôt l’inverse, je préfère les premières blancheurs fades de l’aube aux éclats photogéniques du crépuscule précisément parce que je ne les...