Il est un humour bruyant qui essouffle la pensée.
Il est un humour joyeux qui l’aère quand elle sent trop fort.
Il est un humour bruyant qui essouffle la pensée.
Il est un humour joyeux qui l’aère quand elle sent trop fort.
Il pleut averse dans ma télé
Les ondes attaquent dessous les ongles
− Ton sourire de speakerine
Combien de Sisyphe !
Ce que tu dis n’est pas ce que tu dis
Ce que tu ne dis pas tu le dis aussi
Ce que tu dis ne pas dire tu le dis et redis
Ce que tu ne dis pas que tu dis tu le dis quand même
Quand bien même tu ne dis pas que tu dis ce que tu ne dis pas, tu le dis
Et si tu dis ne pas dire que tu ne dis pas ce que tu dis, tu dis ce que tu dis
Mais si tu ne dis pas que dire ce que l’on dit n’est pas dire ce que l’on ne dit pas, alors tu ne sais pas ce que tu dis
Sois intraçable !
je ne suis pas schizo ne suis pas catho pas véto ne suis pas mao ne suis pas très tôt ne suis pas mélo mais l’eau des mots l’écho des peaux mais l’eau des eaux dans mon cerveau suis pas un veau suis pas pavot patho sabot passe à niveau va au suivant suis pauvre en vent vivant d’avant suis pas si blanc suis pas si gens suis pas ciblé sans blé sans ville passible de pas si visible suis pas tenté pas tant pas si suis tout passé suis pas tout ça
On domine toujours seulement
J’ai oublié le nom de ce pays sans arbres où j’ai appris le bruit. Je me souviens seulement des odeurs de cahiers. Et la peur des erreurs, le jeu obligatoire, le goûter écœurant.
J’ai oublié les mots, les lettres au tableau noir. Je me souviens seulement du rire de géant de mon copain Martin.
Avide et si vide.
On ne choisit pas sa famille mais on choisit ses amis.
J’ai pris un avocat, un médecin, un pâtissier, un réparateur d’ordinateurs, un loueur de voitures de sport d’occasion, un patron, un gendarme, un chef de rayon à Auchan, un banquier, un vendeur de blousons Redskins.
Comme disait Platon, faut s’entraider.
La mer calme
Le pêcheur patient
Le sous-marin discret
Un grand vent pour tout emporter
Un beau rire pour tout relancer
La rime est l’aveu d’une poésie incertaine
Riche ou pauvre ou plate elle est servile et si vaine
Libère ta plume écris sans loi invente la joie
Et cesse de compter les pieds avec tes gros doigts
Les mots sont justes et vrais qui adviennent à l’heur
Si c’est trop rêche si c’est trop sec mets donc du beurr
Croire ou compter, il faut choisir, le tiers est exclu.
Il avait le concept moite et poisseux, le verbe gras et la démonstration pâteuse.
Il ne me touchait pas. C’était bien ainsi.
Ma voisine me demande : « je cherche un joli prénom pour mon futur enfant, mon mari me propose Jean et ma mère Jacques. C’est moche. Vous qui êtes poète, vous avez sûrement une belle idée ? »
Je lui réponds : « Oui, bien sûr. Si c’était une fille vous auriez pu la prénommer Anacoluthe ou Énallage, mais puisque c’est un garçon essayez Polyptote ».
Très émue par l’idée, elle est partie en pleurant, sans même me remercier. Peu importe, j’aurai droit à des dragées bientôt. Quelle chance, tout poète que je suis, j’adore ça !
La noix est dure mais c’est la noix
Gris, timide et cravaté au dehors, il était bigarré, audacieux et sans tabou dans ses rêves.
Si l’homme parvenait à se retourner si rapidement qu’il voie avant que de regarder, il assisterait à un désordre chaotique, bruyant et surexposé.
Le temps s’en va, le temps s’en va Madame
Monsieur aussi, ailleurs il est parti
Y’a bien qu’la marée pour toujours rentrer
(Spéciale dédicace : ce haïku pour Pierrot, le fantôme sans os)
Le clin d’œil désespère l’ophtalmologie.
La lumière attire le sage parce qu’elle l’éclaire, le fat parce qu’elle l’illumine, l’idiot et le papillon parce qu’elle les éblouit.
Moi je préfère la nuit.
Pas celle qui dort, pas celle qui masque, la nuit qui offre son silence rond et confiant à la patience du poème.
Si j’étais un grand mathématicien je calculerais ceci :
− combien de chance a-t-on, en tirant une par une, les yeux bandés, des lettres dans un grand sac contenant toutes les lettres nécessaire à l’écriture de la totalité d’À la recherche du temps perdu (selon l’édition de Jean-Yves Tadié chez Gallimard, pour qu’il n’y ait pas de contestation), de reconstituer exactement cette œuvre, ponctuation comprise ?
− et aussi je mesurerais la hauteur qu’atteindrait la tour – improbable, ça ne tiendra jamais ! – construite à l’aide de tous les spaghettis disponibles dans toutes les cuisines de tous les pays du monde, à l’exclusion bien évidemment, inutile d’en rajouter, des spaghettis déjà cuits.
− et puis j’essaierais d’évaluer, avec une marge d’erreur acceptable, les milliards de milliards de spermatozoïdes qui n’ont pas rencontré l’ovule sœur depuis qu’hommes et femmes coïtent. (On pourra affiner le calcul en distinguant les malheureuses tentatives infécondes des échecs volontaires).
− après je ferais un peu de jardinage, commencerais les mots croisés du Figaro, boirais un grand verre de menthe à l’eau et écrirais deux ou trois petites choses simples et saines avant de retourner à mes calculs très très savants.
Je m’avance musqué, répondit Baur à Descartes, plus doué en chimie qu’en métaphysique.
Le sage agit
Le fat s’agite
Le chat il dort encore