Pour une métaphysique de proximité.
Pour une métaphysique de proximité.
C’est bien regrettable que l’homme ne soit pas né avec des patins à roulettes à la place des pieds, il y aurait plus de rencontres fortuites et moins de monde à la plage.
Le gris, pour reposer l’œil et tromper moins le cœur.
Notre muséomanie nécrophile est bien le signe d’un état de décadence avancé.
Minimalement mais obstinément.
− Bonjour lecteurs, est-ce que vous allez bien ?
− …
− Je ne vous entends pas, vous allez bien ?
− …
− Plus forts vos clics !
Sache dire je ne sais pas.
− « Ne fais pas l’âne si tu es une dinde », me lança Robert Lin Tsi, illustrant son dit d’un sinistre braiement. Puis, cherchant généreusement à soulager la douloureuse ignorance inquiète qui m’envahissait, il poursuivit : « Pâté d’âne ou cochon d’Inde, accorde ton participe ».
− « Mais encore ? » l’interrogeai-je, de retour de mon insistante perplexité.
− « Oui », me répondit-il, tendant son verre.
La mer, sa patience, ses impatiences.
Sois l’auteur de ta vie, si tu y tiens, mais, si ce n’est pas terrible – ce qui est probable − ne t'attends pas à ce que l'on te fournisse un bon biographe pour la rendre plus excitante.
Si c’était à refaire et si j’en avais encore la force, je m’abstiendrais, dirait sans doute Dieu s’il était encore vivant.
Ce qui somme toute fait beaucoup d’hypothèses.
La vie est un conte pour adultes, très second degré.
« Sois l’auteur de ta vie et laisse-moi vivre la mienne », hurla le personnage.
Vexé, l’auteur lui planta son stylo dans l’œil et ferma son cahier.
« C’est malin ! », dit probablement le personnage, sans que personne n’ait jamais pu confirmer.
Il avait eu quatre femmes (et non cinq, l’antépénultième, un dragon bien plus qu’une femme, ne comptait pas). Six enfants (3+2+1+0, et autant de prénoms charmants). Quatre chiens et un chat (Ricky, Trompette, Lola, Lol − son crétin de fils −, et Chat). Sept voitures (une Ami 6 pour commencer, un 207 à l’heure actuelle, ce qui indiquait une quasi stagnation regardant sa CSP). Il avait eu trois métiers (moniteur d’auto-école, représentant de commerce – les engins agricoles −, et visiteur médical (ce dont il était assez fier, lui qui aimait aider son prochain et croyait au genre humain)).
Mais il n’aura finalement publié qu’un seul petit recueil de vingt poèmes très courts. Le premier s’intitulait « Les croquettes de mon chien, les psychotropes de ma voisine et le destin d’un héros », et le dernier, « Ce que je vois du monde et de ses environs debout sur mon tracteur ».
De facture néo-classique, ils étaient post-contemporains pour les thématiques.
Le rêve est un bel exil volontaire et paresseux.
Un doigt
Un bras
Voyou
Je pends ce don, Kheujeu suit
Et vous ?
Les choses, si proches dans leur présence rugueuse, si lointaines dans leur silence ébahi.
D’abord comme un coffre secret ou un livre de contes
Ensuite comme un disque rayé ou une nuit sans matin
Enfin comme un bus qui criera « terminus » sans débat
Nous sommes des marionnettes sans marionnettiste.
Trop fier pour sortir avant qu’on ne le trouve, il mourut dans sa cachette, à un âge où il n’était plus temps de jouer.
René Char ou la métaphore élevée en plein air.
On pourrait essayer de ne s’exprimer que par onomatopées. On ne se comprendrait pas toujours mais on s’entendrait bien.
Les mères veillent, éternelles et maquillées
Les pères oxydent, optionnels et carboniques
Les autres attendent le prochain spectacle
Elle allait là gueusant timidement un sourire, une caresse, veillant maladroitement à ne gêner personne et cherchant à s’absenter quand les places se faisaient rares. Cet animal discret espérait peut-être racheter l’homme, insatiable et débraillé, chasseur de vide et de retrait, capable d’exténuer les joies les plus fécondes.