17 novembre 2011
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De retour d’une longue conversation, encore bruissant de rémanentes bousculades, je reviens à l’absence et y creuse une nuit. Ces exils intimes, j’en sais l’illusoire consistance et à raison les
docteurs m’en détournent, je me laisse pourtant croire, menteur paresseux, qu’on y boit mieux et y mange plus, qu’on y parle une langue qui charme ou qui tue, mais toujours brillamment et sans
résistance.
16 novembre 2011
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Un stéréotype est un coupe-faim intellectuel.
15 novembre 2011
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La vie est un puzzle toujours inachevé.
14 novembre 2011
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− Mon Royaume n’est pas de votre monde, dit-il, plein de grâces.
− Notre monde n’est pas de ton royaume, répondirent-ils, ventre vide.
13 novembre 2011
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Ma vie me regarde dit-elle, s’arrachant les deux yeux et les posant sur la table, face à elle.
12 novembre 2011
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Le bateau rêve de la maison sur la rive, fidèle et accueillante, qui rêve du bateau sur le fleuve, rebelle et audacieux.
11 novembre 2011
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On est bien sévère avec la contradiction qui, sauf cas exceptionnel de deux forces opposées de même intensité et formant un angle de 180°, est toujours motrice et conduit en des terres imprévues
par des voies neuves les couples de vecteurs unis.
10 novembre 2011
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Être invité ou ne pas l’être : tel est l’angoissante question.
9 novembre 2011
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Il y en a déjà, à quinze ans à peine, qui imposent au monde leur autobiographie. D’autres toujours, à quatre-vingts ans passés, dessinent des nuages et oublient leur parapluie.
8 novembre 2011
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Un jour peut-être, la marche ou le rire seront inscrits au programme de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Alors à côté, la crise de la dette, c’est du pipi de chat.
7 novembre 2011
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On aime comme on se rase, seul face au miroir.
6 novembre 2011
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Elles ignorent tout de l’ignorance ces lumières arrogantes et savantes qui taisent le silence et affolent les regards et moquent les doutes.
5 novembre 2011
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Tout révolutionnaire est aussi un héritier et toute rupture, une modalité singulière du lien.
4 novembre 2011
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L’histoire se résume à un tableau : Carré blanc tragique sur fond noir comique.
3 novembre 2011
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Ces matins de béton qui effacent grossièrement les camaïeux troublés de nos nuits chuchotées.
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Ma vie est un détail, la vie un événement.
1 novembre 2011
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L’universalité est à penser comme une somme inachevable, pas comme un résultat posé d’avance. Elle doit se définir en extension, non en compréhension, comme disent les mathématiciens.
31 octobre 2011
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Elle s’agitait, parlait fort et marchait vite, espérant ainsi larguer ses mauvais souvenirs et couvrir leurs derniers échos.
30 octobre 2011
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Le gardien du phare est parti chasser.
L’opulent cargo est resté au lit.
L’océan vexé a choisi l’exil.
29 octobre 2011
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Et tu voudrais en plus que le ciel s’obscurcisse à chacun de tes caprices.
28 octobre 2011
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Fréquente la mort. Non pour te persuader de l’importance de la vie, mais pour en sentir la légèreté.
27 octobre 2011
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Les sourires ni les livres ne suffiront à convaincre la mer et son ciel de jouer encore et encore de l’aube à l’horizon la grande scène de l’appel si tu ne salues toi aussi les héros silencieux
et n’explores sans excès les littoraux instables et les vallées fidèles du théâtre rougi de nos brillantes élaborations.
26 octobre 2011
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La confiance est l’épreuve du renoncement à la preuve.
25 octobre 2011
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Où vont-ils ces nouveaux nomades, libres et chatoyants, portés par une respiration joyeuse et polyglotte ? où vont-ils ces danseurs émus par le souffle du monde qui opposent aux files de
voitures, mécaniques et serviles, leurs arabesques inventives et aériennes ? où vont-ils, en leur errance secrète, ces sacs en plastique qui colorent et animent nos grisailles urbaines les
jours de grand vent ?
24 octobre 2011
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La ville parfaite est celle où l’étranger demeure étranger sans être étrange.