Oublie sans renier, imagine sans espérer.
Oublie sans renier, imagine sans espérer.
Il est fort regrettable que l’on ne commence pas d’abord par la fin : fin de la course, fin de la vie, fin du film. On y perdrait un peu en illusions, on y gagnerait beaucoup en modestie et, last but not least, on se départirait de ce chancre ravageur, l’esprit de sérieux.
Il jubile, Kévin, au fond de la classe, à côté de l’inspecteur. Il sait que son prof de math, en confondant sinus et cosinus, vient de perdre son triple A.
Laissez-moi vous prévenir, je suis un gros menteur. Je ne pouvais pas ne pas vous aviser : c'est mon côté sincère.
Comme le pêcheur, avec patience et philosophie, le poète attend que morde le mot. Avec patience et philosophie, comme le pêcheur, il accepte les prises modestes. Le poète aussi, toujours, philosophe et patient, revient le lendemain.
Il est une proximité rebelle à tout métrage.
Allez fougueusement jusqu’au bout de vos rêves, touchez le mur, basculez et revenez en changeant de nage.
Mourir n’est, somme toute, pas moins aisé que naître ; quant à durer, on s’en fait, bien exagérément, toute une montagne, il suffit bien souvent d’attendre, ce qui, convenons-en, ne demande ni énergie, ni imagination, ni vertus singulières. En revanche, trouver le juste milieu, quand l’on trace la barre d’une fraction − surtout si l’on a déjà posé le dénominateur − et y dessiner un horizon borné quoique ferme s’avère être un exercice pour le moins redoutable. Cela requiert en effet des qualités hautement spirituelles (aptitude à l’anticipation, souci de justice et d'équité, modestie et intégrité…) tout en exigeant une maîtrise oculo-tactile fine. On rapporte que casser un œuf sur le bord de la poêle sans en mettre à côté est plus difficile encore − je demande à voir.
La moindre démesure m’insupporte. C’est mon côté excessif.
Les voyages nourrissent la mémoire et affament l’imagination.
La mer, sans en avoir l’air, qui se rêve en rocher, en nuage, demain peut-être ou dans un siècle, en attendant, rêver lui va bien, ou bien oiseau ou pêcheur, un jour sans doute, en attendant, rêver lui va bien.
On doit, pour créer et maintenir l’ordre, fabriquer beaucoup de désordre.
Faire passer ses produits à consommer pour des valeurs à partager.
Les bipolaires, non contents de nous épuiser avec leur manie de vouloir ranger le monde, accélérer le temps et changer les draps à l’aube, nous abandonnent au milieu du gué les bras chargés pour aller faire, mélancoliques et définitifs, une longue sieste solitaire.
Les bipolaires ne se satisfont pas d’une bonne dépression, ils affichent une double folie ; c’est leur côté mégalo.
À 7 milliards d’habitants, la politique sera moins un art du vivre-ensemble qu’une science de l’emboîtement.
Le râle trop long jamais ne cesse
Le rot trop court toujours agresse
Alors : haïku ! A la bonne heure
La lente et inévitable histoire d’un cordon, progressivement tendu jusqu’à la rupture.
Modère tes savoirs ; estime tes ignorances.
Après le concombre tueur, c’est la blette pudique qui menace.
La poésie ne l’éclaire, ne l’obscurcit non plus, le monde, cartographique ni chaotique, elle l’appelle − et ses noms sont multiples.
Si vous cherchez à enfoncer un clou, préférez le marteau au concept.
Sur le fond noir d’une nuit mate et rauque, de blanches chenilles s’agitent, laborieuses et goulues, indifférentes à l’inexplicable silence de mort de la situation - quoique fort dodues pour leur âge.
De récents travaux en paléopsychanalyse révèlent que Périclès, également nommé « tête d’oignon », souffrait d’agoraphobie. Cela est fort plausible et expliquerait, d’ailleurs, pourquoi il ne quittait jamais son casque : sans doute afin qu’on ne voie pas les boules Quiès qui l’isolaient de la foule bruyante.
Invariablement, tout change.