Un haïku raté n'est pas toujours un sonnet réussi.
La banquise fond, le vieux chêne rompt, le jeune loup s’use et la foule ruse et s’amuse, incapable d’inventer de nouvelles voies inaccessibles.
S&P dégrade la couleur de l’eau d’outremer à bleu pétrole.
La banquise à l’abandon, la marquise sans édredon : c’est la banqueroute, bande de dindes, ça se déglingue de partout, c’est plein d’trous en-d’ssous, y’a plus d’sous, y’a trop d’flingues, c’est la crise, la banquise sous l’édredon, la marquise à l’a...
Attendre sans renoncer et progresser sans envahir.
Vous là, par exemple, qui faites la maline et venez sur ce blog prétentieux, saviez-vous qu’un petit bustier cuisse de nymphe émue passe très bien sur un jeans gris négligé.
C’est bien la globalisation, c’est démocratique et ça sert le progrès humain : plus besoin d’attraper le paludisme pour goûter aux mangues ou d’apprendre le japonais pour jouer au sudoku.
Prends soin de toi, lui dit-il, trop content de n’avoir pas à le faire.
À vos paupières rêveuses et délicates, je préfère vos prunelles fières et nomades.
On nous enferme dans des cases, on nous impose le même moule hurlaient à l’unisson, les Petits de chez Lu.
Si tu n’as que des amis, méfie-toi d’eux. Si tu n’as que des ennemis, méfie-toi de toi.
Eh toi, le bavard, tu as trouvé la formule, mais tu as perdu les mots.
La parole a-t-elle son mot à dire quand on parle de langue ?
Je sors mon carnet à spirale, mon crayon de bois, je n’ai jamais eu beaucoup de mémoire, et j’écris lentement : « Lundi 2 avril. − Penser à noter raisons d’espérer ».
Fut un temps où, faute de temps, on ignorait la pensée. Elle ennuie aujourd’hui, on l’oublie, pas de temps à perdre, vite. Viendra peut-être le temps mort, où on l’interdira, mer calme et temps clair.
En cas de triangulaire, je vote hypoténuse dit l'angle adroit qui cherche toujours le bon côté.
Écrire ce n’est pas exprimer, pas traduire, ce n’est pas découvrir ou révéler seulement, c’est donner à naître des mondes – au creux du temps humain. Reste à prendre soin de ces levers de sens fragiles.
Il existe peut-être quelque part, à l’ombre d’un blog interlope, un poète plus audacieux que les autres qui aura su écrire sur les frites froides, les pilleurs d’enfance, les collectionneurs de cartes SIM, les crises d’hémorroïdes ou les histoires sans...
Au commencement était la verve, bien plus tard vinrent les traductions de modes d’emploi sud-coréens.
Hier, j’ai terminé la lecture du Journal de Jules Renard. Remarquable. Après une nuit de réflexion, j’ai pris la décision, ce matin, de commencer un journal, moi aussi. Ce soir, je diffère sine die mon projet, faute d’événements notables. La vie parfois...
Que peux-tu toi qui ne sais ? Que sens-tu toi qui ne vois ? Que veux-tu toi qui ne crois ?
Un livre est bon s’il réfléchit, je veux dire, comme un miroir, mais un miroir au tain brouillé, comme un livre troué qui laisse voir le réel.
Le poète arpente fébrilement la frange d’un littoral instable, là où le monde parfois mord sur la langue.
Comme il est emprunté, démuni et exigeant ; voilà bien un début inquiétant. Je ne veux pas savoir ce qu’il a fait pendant neuf mois, mais à l’évidence il aurait pu mettre à profit ce temps libre et protégé pour s’assurer une arrivée plus digne et res...
C’est malin, il s’est pris pour un philharmonique à lui tout seul pendant trois mois, jamais fatigué, toujours mélodieux, prolixe et inspiré ; et voilà, il est aphone maintenant, mon téléphone.