Les années pèsent mais l’oubli allège.
La vie a quelque chose de ces longues phrases baroques, à la syntaxe approximative, qui tiennent ensemble fractures et incises, ruptures et circonstantielles, coincées entre une majuscule solennelle et prometteuse et un point minuscule, parfaitement...
Il avait la pensée irritée par d’urticantes doctrines et la soulageait par l’application superficielle d’apaisantes romances.
Ne jetez plus l’eau du bain et triez vos bébés.
Nous ne maîtrisons jamais que ce qui nous était déjà soumis.
La perception n’est rien de moins qu’une réalité personnelle et la réalité, rien de plus qu’une perception convaincante.
On a connu l’écriture au vitriol. Aujourd’hui domine plutôt l’écriture à l’huile d’amande douce.
Il n’était que l’ombre de lui-même, puis le soleil se coucha.
Modère tes savoirs ; estime tes ignorances.
Les bipolaires, non contents de nous épuiser avec leur manie de vouloir ranger le monde, accélérer le temps et changer les draps à l’aube, nous abandonnent au milieu du gué les bras chargés pour aller faire, mélancoliques et définitifs, une longue sieste...
On doit, pour créer et maintenir l’ordre, fabriquer beaucoup de désordre.
La moindre démesure m’insupporte. C’est mon côté excessif.
Oublie sans renier, imagine sans espérer.
Un jour peut-être, la marche ou le rire seront inscrits au programme de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Alors à côté, la crise de la dette, c’est du pipi de chat.
Que sais-tu de l'âme toi qui as oublié le souffle ?
− Alors, quoi de neuf ? − La nouvelle vient d’arriver. − Chouette ! J’espère qu’elle sera baladine, ardente, bigarrée, diligente, croquignolette, sémillante et libre de dettes.
Où vas-tu petit homme avec ce coin fiché en pleine tempe ?
Ne pas laisser le monde aux souillards et tenir à distance aussi les décorateurs.
La poire de ma glaire blette à en gerber régala les gueux.
Le chameau de ma terre fier nomade sédentaire a mâché son désert.
La foule, quand on est seul, rend la solitude odieuse.
La marche est un séjour qui honore quand elle prend soin des vents et des pleurs.
Le jour exact s’est levé sur les ombres passées, dis-tu, bavard enflé à l’haleine électrique, quand ta nuit surchauffée étouffe tout et les rus hésitants sur les pentes songeuses et les chants sans raisons des oiseaux du désir.
La montagne noire, inerte et seule de durer toujours, rêve souterrainement d’être un éclair violent qui brûle sans reste dans un effroi partagé.
Pire que ceux qui fatiguent avec leurs problèmes graves, il y a ceux qui assomment avec leurs réponses évidentes.