La littérature, cette imposture qui démasque les mensonges de la réalité.
La littérature, cette imposture qui démasque les mensonges de la réalité.
Bien évidemment, ce n’était pas mieux avant, et il y a au moins autant de grands artistes, de génies et de héros aujourd’hui. Mais pourquoi braque-t-on les projecteurs, de nos jours, sur ce que l’on produit de plus futile, vil et malveillant ?
Kevin montre à Josiane, sa grand-mère, comment jouer à Mortal Kombat ; elle lui explique les règles de la crapette.
C’est évidemment simpliste, mais le choc des civilisations ne serait-il pas plutôt le choc des générations ?
Il y a une double difficulté avec la liberté d’expression. L’expression d’abord, que l’on confond avec l’émission de bruits : le monde n’a jamais été aussi bavard et criard. La liberté ensuite que l’on confond avec les caprices d’égos toujours-déjà offensés.
– Dis donc, tu ne trouves pas que c’était mieux avant ?
– Ça dépend dans quel sens tu tournes, répondit Yin à son frère Yang.
N’espère
N’attends
Fais
Trois choses à faire si vous voulez ne plus faire de listes numérotées de choses à faire.
1. Commencez par la deuxième chose à faire.
2. Lisez Tolstoï, jetez vos Perec et apprenez le chant.
3. Comptez exclusivement en binaire et saluez vos voisins.
4. Mangez moins de viande, garez vos pouces quand vous plantez des clous et adorez la pluie.
Écrire, non pour dire ce que l’on ressent, mais pour ressentir ce que l’on dit.
– Salut Poulette, dit Œuf, tu as vu mon nouveau tatouage ?
– Crétin, c’est un code pour le consommateur. Et arrête de m’appeler Poulette.
– Ah ? Je pensais que c’était la reproduction d’un Opalka, s’étonna Panda.
– !?
– ?!
Court éloge de l’aube
Ils disent l’aube est fade, elle a perdu la folie noire de la nuit.
Je dis elle est fade elle est belle, l’aube.
Ils disent l’aube est froide, il lui manque le feu du jour.
Je dis elle est froide elle est belle, l’aube.
– Est-ce que quelqu’un a vu mon couteau à huitres, demanda Œuf.
Ils sont rares ceux qui savent et aiment écouter. Parler est plus facile, tout le monde le sait bien.
Et logiquement, très rares aussi sont ceux qui savent et aiment lire. Écrire est plus facile.
Cela explique sans doute le brouhaha généralisé qui nous assomme aujourd’hui.
Il y aurait des liens à délier entre dépendance et interdépendance, des nœuds à dénouer entre attache et attachement.
Tout cela est un peu emmêlé et pourrait le rester. Il est naïf de se représenter le sens comme une pelote de laine à un fil.
Qu’est-ce que le monde ? Facile, des personnages et des rencontres. Des personnages (le vent, la voisine, le virus…) et des rencontres (la tempête qui fragilise le vieux banian, la boulangère qui séduit le vendeur d’assurances, le chikungunya qui s’attaque au couvent des sœurs du Saint-Esprit). Bref, rien que des histoires, belles ou pas, mais composées.
Quant au réel, je veux dire ce qui se cacherait sous le monde et derrière les mots, alors là, si quelqu’un a des infos, je suis preneur.
– Dis donc, ça faisait un moment qu’on ne t’avait pas vue.
– Oh, j’étais juste partie faire un tour.
– Euh, un grand tour alors…
– 164 ans, comme d’habitude, précisa Neptune.
Je n’arrive pas à trancher.
Les auteurs d’aphorismes hermétiques sont-ils paresseux ou au contraire, si généreux qu’ils laissent aux lecteurs le travail d’interprétation, fastidieux mais gratifiant.
Et la junte birmane, elle ne se serait pas échappée d’un laboratoire chinois, elle aussi ? Ce qui est certain, c’est que l’on dépense moins d’énergie à trouver un vaccin ou un traitement contre elle.
Mourir, la belle affaire, ça arrive tous les jours, et à des milliers de gens. Ce n’est pas comme gagner au loto !
– Dites-moi vous deux qui êtes spécialistes de ces questions, qu’est-ce qui est venu d’abord, le boulon ou l’écrou, demanda le célèbre Panda à ses amis Œuf et Poule ?
– Alors primo, répondit Œuf, on n’est pas amis. Deuzio, Panda est très surcoté, il ne pose que des questions crétines. Troisio, c’est le boulon, évidemment.
– Ah mais pas du tout, intervint Poule. Alors oui, Panda jouit très injustement d’une reconnaissance universelle alors qu’il vient probablement d’un laboratoire chinois, mais c’est l’écrou qui était là d’abord.
– Non, le boulon.
– L’écrou.
– Boulon.
– Tu vois Pangolin, dit Panda ému, ils essaient toujours de me faire rire tous les deux. C’est à ça que l’on reconnaît les vrais amis. Ah, ah, ah.
Bien sûr, visage caché derrière le masque, on perd beaucoup d’informations. N’est-ce pas l’occasion de réhabiliter l’oreille et de la faire parler ?
Mon grand-père, qui l’avait longue et poilue, aurait certainement tiré parti de la situation.
Ciboulette, miscellanées, parabolique, broussailles, émietté de maquereau, redingote, saynète...
Voilà quelques jolis mots que je n’utilise jamais, je me permets donc de réparer cette injustice.
– Et surtout profite, répète-t-on ad nauseam.
Pas facile avec le taux du livret A à 0,5 %.
– Moi : Elle est trop belle, mais je ne sais pas comment m’y prendre. Et toi ?
– Toi : Si j’étais toi, moi, j’essaierais d’être moi.
– Moi : Sauf que t’es toi, pas moi. Ça, c’est tout toi !
– Toi : Et toi à ma place, tu resterais toi ?
– Moi : C’est moi ou tu ne parles que de toi ?
– Elle : Ouais ben les gars, c’est pas gagné !
Il est mal fichu le calendrier, si Pâques tombait le 1er avril, j’irais leur cacher des choux de Bruxelles dans le jardin.
Allez savoir pourquoi, les enfants m’adorent.
La bêtise, c’est comme avec les miroirs sans tain. On ne voit rien de l’intérieur.