10 octobre 2010
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Il faut savoir écrire un poème comme on prépare un repas, le dimanche soir, avec opportunisme et inventivité : un poème frugal et bigarré qui vasouille mais sans revendiquer et espère mais
sans militer.
Exemple.
La vaisselle, c’est au tour de qui ?
J’étais sûr qu’il restait du brie.
Le réveil, pas sur NRJ.
Mon amour, j’dis d’la poésie !
9 octobre 2010
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L’identité tient lieu d’idéal et la politique n’est plus que production du même.
8 octobre 2010
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On vient tous du chaos.
On s’en éloigne peu.
Parfois, parfois seulement,
le simple devient évident.
7 octobre 2010
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Le bon guide est celui qui sait quand il doit suivre.
6 octobre 2010
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6h, 8h et même 10h ce n’est pas assez pour que le sommeil soit dépaysant et le réveil déconcertant.
Il faudrait que l’on dorme toutes les nuits une dizaine d’années, chaque matin alors serait l’occasion de joyeuses retrouvailles (tu prenais du thé ou du café ?), de souvenirs complices (oh,
tu te souviens de la première fois…) et de vrais regards (dis donc, cette fossette, elle n’était pas…).
5 octobre 2010
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Ils voudraient bien aussi refouler à la frontière l’imprévisible, ce temps étranger et rêvé qui nous vole nos femmes et corrompt nos enfants.
4 octobre 2010
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Ils avancent droit et se pressent, feignant de voir où ils vont.
3 octobre 2010
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La valse à trois tend vers la mêlée.
2 octobre 2010
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Je suis tout retourné : j’ai l’eau à la langue, un cheveu sur le pied, j’ai la bouche en chair de poule et l’estomac dans le nez, je me donne cœur et âme, je suis bien en peau et en os mais
j’ai le cul sur la main.
1 octobre 2010
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Les mots ne me viennent pas, vous plaignez-vous.
Allez à eux, ils se déplacent toujours en bande, vous trouverez bien à vous accorder avec l’un d'eux.
30 septembre 2010
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La jalousie est le pharmakon de l’amour.
[Supplément pour les illettrés : le pharmakon (cf. la lecture que Derrida fait du Phèdre de Platon) est un poison que les médecins utilisent comme médicament,
c’est aussi un médicament que d’aucuns, malintentionnés, utilisent comme poison ; inutile, j’imagine d’expliquer ce que c’est que la jalousie ; quant à l’amour, je suis en troisième
cycle, je passe mon diplôme et vous en parle.]
29 septembre 2010
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Tout coule, même ça. (Héraclite et Freud).
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Yeux vides et souliers lourds, le maître parle.
Bouches pleines et ongles sales, les élèves rêvent.
Bons acteurs, mauvais film : le chat s’endort.
27 septembre 2010
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À l’âge des super-héros, la vie est dure pour les mous.
26 septembre 2010
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− « Les mots sont une prison et la grammaire, sa geôlière » me glissa Robert Lin Tsi, en ce dimanche bruineux de grande marée, persistant à vouloir cueillir des palourdes, alors
qu’il n’y avait même plus de moules.
− « Ça je le comprends bien, un aphorisme sec et bien troussé vaut toujours mieux qu’un discours gras et nerveux », lui répondis-je, piégeant ingénieusement un stupide couteau
d’une généreuse pincée de sel (couteau que j’aime préparer en aumônière avec son beurre de karité, après une cuisson longue et à feu très doux).
− « Négatif, rectifia-t-il, les points de suspension ne valent pas mieux que les attributs du sujet. Cuis et ne cuis pas à la fois, si tu le peux, et fais tourner la substance ».
Parlait-il du sel ? Je ne saurais le dire.
25 septembre 2010
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S’il y a bien quelque chose qui n’est pas en péril, qui ne nécessite ni avocat, ni garde du corps, ni assistance psychologique, que la crise et les pandémies ont épargné, c’est le bruit.
24 septembre 2010
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Écouter, ce n’est pas passer son tour.
23 septembre 2010
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Pour une pensée hors-piste.
22 septembre 2010
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On est toujours à l’étroit dans un adjectif.
21 septembre 2010
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J’en ai gros sur moi, dit la patate, nous nous sommes tombé dedans, dirent les pommes, là vous nous racontez, interrompirent les salades, y’a pas quelqu’un qui voudrait nous mettre du beurre,
conclurent, en cœur, les épinards.
20 septembre 2010
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Elle souriait toujours à voix basse et si profondément.
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« … et les vaguelettes iodées de votre mépris viendront se briser sur le récif emberniqué de mon indifférence », écrit quelque part Loïc K., poète breton méconnu.
17 septembre 2010
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Après d’épuisantes investigations scientifiquement menées, je suis enfin en mesure d’affirmer que, malgré un petit tiers de siècle d’écriture quasi quotidienne, jamais encore jusqu’à ce jour, je
n’avais utilisé les mots, fort charmants au demeurant, hypocoristique, fesse-mathieu et clafoutis.
Je tenais à corriger cet oubli bien injuste.
16 septembre 2010
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Retour des yeux
Petit matin grillé
Éloge de l’aube.