Donner n’est pas simple, on ne donne la parole, ainsi, que si l’on donne aussi son écoute.
L’après-midi, moite et languissante, fatiguée d’être, traîne et tarde à passer.
Si je me meus Tu te tais Quand tu t’es tue J’étais nu Si tu te tues Je me mue Quand tu tentais Je mentais Quand je matais Tu tâtais T’étais têtue J’étais ému J’aimais tes ‘mais’ T’aimais mes ‘tu’ ?
L’absence répare ce que la présence abîme. La belle imposture.
Fatigués de piller, on gaspille.
Les révolutions valent – et c’est souvent inestimable – pour ce qu’elles permettent et entraînent, pas pour ce qu’elles sont. Comme le caillou jeté dans l’eau, il fait plouf bêtement et coule lourdement, mais il laisse derrière lui de belles ondes durables...
Les routes sont inertes et raides, usées jusqu’à la mort par le passage répété et indifférent de mécaniques déprimées quand les chemins sont indociles, ivres de vie, changeants, au gré du soleil et du vent, gribouillés des traces encore chaudes de fuites...
L’artiste, ce modèle inimitable.
– J’ai envie de vivre ma vie, moi ! – Chouette, j’ai craint un instant que tu veuilles vivre la mienne.
Moi qui cherche vainement à attirer l’attention des lecteurs depuis des décennies avec des mots secs et des petits textes, une idée me vient à l’esprit. Et si je partageais une petite vidéo…
À qui la doit-on cette belle idée d’avoir fait le ciel bleu ? Rouge, ça nous aurait vite excités, vert, ça aurait perturbé les oiseaux incapables de retrouver leur nid, rose, la droite y aurait vu un complot médiatico-juridico-théologique et blanc, c’eût...
L’idiot qui se croit savant est crétin ; le savant qui se croit crétin est idiot ; le crétin qui se croit idiot est savant. Et puis, il y a toi – qui souris. Et nous paraissons tous crétins, les savants, les idiots, les crétins.
Il se masturbait, soit, mais était-il consentant ?
Parfois, après avoir feuilleté au hasard un livre, je regarde avec angoisse le nom de l’auteur ; soulagé, je constate que ce n'est pas moi. J’ai bien fait de ne pas faire écrivain.
Il faut savoir en distribuer un peu pour le conserver, car on cesse de le détester et le contester, le pouvoir, quand on peut en user et abuser aussi.
Un sondage secret et très fiable affirme que les romanciers ne votent pas. Eh bien je les comprends. Ils subissent une concurrence déloyale de la part d’hommes et femmes politiques dont les vies romanesques rendent leurs fictions bien ternes.
C’est bien d’avoir une étoile à l’horizon, et c’est bien d’avoir un chemin sous les pieds, si en plus tu as un compagnon dans le cœur et un fruit sucré dans la poche alors aller te sera doux.
C’est dommage, je l’aimais bien, mais je ne pense pas le ressortir de sitôt mon déguisement de chauve-souris.
Lundi matin ? Comment ça, encore ! Mais on était déjà lundi, il y a quelques jours à peine. Non mais vraiment tout se détraque ! Oui ben on a beau dire, ce n’était pas du tout comme ça avant.
Je ne comprends pas bien cette obsession des hommes politiques à écrire. Voit-on les poètes lancer le marteau ou les philosophes vendre des Airbus ? L’idée serait-elle que n’importe qui peut écrire ?
Le soleil qui monte Le soleil qui descend Et hop un jour de plus Et puis un jour de moins Le bilan serait-il nul ?
Si je venais, par quelque hasard, à me croiser dans la rue, il est peu probable que je me remarquerais.
La haine est aisée mais la critique est difficile.
– Pour la poule et l’œuf, je ne sais pas, mais une chose est sûre, j’étais là bien avant toi, dit la moule au bœuf, qui acquiesça distraitement, n’ayant souci que de brouter l’instant, sans espoir ni regret.
– C’était moi d’abord. – Pas vrai, c’était moi. – Non moi. – Moi. – Moi. – M… – STOP ! Vous êtes insupportables. Poule au coin. – Ouais ben c’est pas juste c’est Œuf qui a commencé. – Même pas vrai, c’est toi. – Non toi. – Toi. – Toi. – …