L’idiot qui se croit savant est crétin ; le savant qui se croit crétin est idiot ; le crétin qui se croit idiot est savant. Et puis, il y a toi – qui souris. Et nous paraissons tous crétins, les savants, les idiots, les crétins.
Il se masturbait, soit, mais était-il consentant ?
Parfois, après avoir feuilleté au hasard un livre, je regarde avec angoisse le nom de l’auteur ; soulagé, je constate que ce n'est pas moi. J’ai bien fait de ne pas faire écrivain.
Il faut savoir en distribuer un peu pour le conserver, car on cesse de le détester et le contester, le pouvoir, quand on peut en user et abuser aussi.
Un sondage secret et très fiable affirme que les romanciers ne votent pas. Eh bien je les comprends. Ils subissent une concurrence déloyale de la part d’hommes et femmes politiques dont les vies romanesques rendent leurs fictions bien ternes.
C’est bien d’avoir une étoile à l’horizon, et c’est bien d’avoir un chemin sous les pieds, si en plus tu as un compagnon dans le cœur et un fruit sucré dans la poche alors aller te sera doux.
C’est dommage, je l’aimais bien, mais je ne pense pas le ressortir de sitôt mon déguisement de chauve-souris.
Lundi matin ? Comment ça, encore ! Mais on était déjà lundi, il y a quelques jours à peine. Non mais vraiment tout se détraque ! Oui ben on a beau dire, ce n’était pas du tout comme ça avant.
Je ne comprends pas bien cette obsession des hommes politiques à écrire. Voit-on les poètes lancer le marteau ou les philosophes vendre des Airbus ? L’idée serait-elle que n’importe qui peut écrire ?
Le soleil qui monte Le soleil qui descend Et hop un jour de plus Et puis un jour de moins Le bilan serait-il nul ?
Si je venais, par quelque hasard, à me croiser dans la rue, il est peu probable que je me remarquerais.
La haine est aisée mais la critique est difficile.
– Pour la poule et l’œuf, je ne sais pas, mais une chose est sûre, j’étais là bien avant toi, dit la moule au bœuf, qui acquiesça distraitement, n’ayant souci que de brouter l’instant, sans espoir ni regret.
– C’était moi d’abord. – Pas vrai, c’était moi. – Non moi. – Moi. – Moi. – M… – STOP ! Vous êtes insupportables. Poule au coin. – Ouais ben c’est pas juste c’est Œuf qui a commencé. – Même pas vrai, c’est toi. – Non toi. – Toi. – Toi. – …
Il avait plusieurs cordes à son arc : archer le jour, la nuit, il était harpiste.
Le monde est pauvre et silencieux, ce sont les mots qui l’animent et le fleurissent ; curieusement, le monde se prête au jeu avec plaisir et talent.
– Trop cool, une glace trois boules, dit l’enfant ! Ce qu’oyant, le père – géniteur attentif quoiqu’angliciste intuitif – enfourna vitement la chose au micro-ondes.
Existe-t-il un mot pour désigner une ‘nostalgie joyeuse’ ?
Un jour de grande révolution géologique viendra où les rapports de domination s’inverseront : des vallées fières et inquiétantes domineront à leur tour des montagnes dociles et enclavées.
– Tu penses vraiment qu’ils vont tout changer, en bas, dans le monde d’après, interrogea Pierre ? Et Dieu partit dans un fou rire inextinguible.
Le cerveau dehors Les mots sans accord Haïku passe encore
– Ça y est, t’as fait le tour du sujet ? Alors, mes seins ou mon cul ? Va falloir choisir. – …
Que nous souhaiter de plus, nous les repus, les nantis, les rupins ?
Ose et diffère.
En inventant aussi le sommeil, la vie a atteint à la perfection.