Je vois ces chèvres sauvages à flanc de montagne, le ciel qui rougeoie avant de tout noircir, j’entends le bruit continue de la ravine et le vent qui tâche de l’imiter, à moins que ce ne soit l’inverse, et je me demande comment tout cela peut-il être...
– Le Peul : Ouf, dit le Peul, le coq est seul, mou et las, et son moule est en loque. – Le Doc : Mais la pouffe sans aïeule est en cloque, répond le Doc, et ne pond que du toc. – La foule sur le rouf : Ça c’est un cas loufoque, se moque la foule la gueule...
Le mot nomme mais le nom appelle. Alors, il te faut offrir ton visage et répondre.
On chante parce que l’on est joyeux, sans doute, mais tout autant est-on joyeux parce que l’on chante.
Je propose la création d’un délit de résumé. Que l’on copie, plagie, contrefasse, emprunte ou pille, bon, que l’on mime, singe ou pastiche, soit, mais que l’on ne résume pas car alors on ne vole pas seulement, on viole. Pomper, c’est tromper, oui, mais...
Pas facile déjà de céder sa place mais en plus il faut rester debout au fond et applaudir les nouveaux.
Je n’ai aucun modèle – comme Nietzsche.
Tout est si vain la vie si brève vue de la rive le vase est vide la voile est vague les vents si vieux. Et toi qui moques l’éternité !
La mort vient parfois espionner les vivants et pour ne pas faire peur, elle prend les traits de la lassitude. Raté.
… notez qu’il est plus aisé de trouver une faux dans une boîte d’aiguilles.
Des absences clandestines peuplent furtivement mes routines. Je fais mine de ne rien voir.
Entre la chute et la torpeur avant la terreur, après la routine marcher, courir - comme une révolution permanente.
Le bel âge, n’est-ce pas quand on est trop vieux pour se souvenir que l’on a été jeune ?
Je n’aurai été qu’une parenthèse, s’attristait le tiret qui avait imaginé pouvoir prolonger la phrase et retarder d’autant l’arrivée du point.
Aujourd’hui, c’est marée basse : le désir s’est retiré, envasé, amolli. Je rêve d’une vraie belle colère qui redonnerait à l’homme sa voix et sa fierté.
Qui ne sait rire ne sait vivre. Qui sait pleurer sait exister.
Demain est un autre jour. Comme aujourd’hui.
On déçoit souvent de près (postillons et comédons) ; de loin, surtout post mortem, on a plus de succès.
Le passé s’est joué dans notre dos ; nous n’avons jamais le présent que l’on mérite ; nous sommes responsables d’un futur qui ne nous concerne pas. Comment voulez-vous que l’on s’applique !
La promesse, crime ou suicide ?
– [+] : Trop, c’est trop ! – [-] : Oh !, après tout, ce n’est rien. – [+] : Non, si peu ! – [-] : Ho !, assez. – [+] : En plus, c’est nul ! – [-] : Hé !, pas tant que cela. – [+] : Non, encore plus que nul ! – [-] : Heu !, là ça fait beaucoup.
L’aventure est une chose, l’errance une autre. Ne saurait larguer les amarres que celui qui laisse à terre un anneau solidement scellé.
L'ineffable n'est pas un excès d'être réel, c'est un surcroît de sens possible.
Je me demande s'il existe un ratio entre le degré de développement d'une civilisation et la puissance en kWh de ses tractopelles. Les mauvaises langues, écolos primitifs et va-nus-pieds phytophiles, parlent de rapport inversement proportionnel.
Marteau de bitume Écume de béton Engins diaboliques Vacarme atomique Mécanique du viol Ton sourire Comme un beau film muet