Le dedans a des dehors dégoûtants Les bouts d’un corps en sang Quand tu mords dedans à pleines dents Ont un goût fort De mort.
Des coulisses, on comprend le tour de magie, pas la magie du tour.
Elles mériteraient une bonne couche de fond de teint, tant elles sont pâles ces copies de la vie lues dans tant de romans.
Bon j’arrête la poésie expérimentale. La dernière fois que j’ai envoyé un texte à un ami il m’a demandé de renouveler l’envoi, un bug avait rendu mon poème illisible ! Je n’ai pas osé lui dire que son ordinateur fonctionnait parfaitement. Je vais prendre...
Vous n’aimez pas les surprises ni l’odeur de vomi, alors vivez dans le sens de la marche.
Le plus puissant est aussi le plus vulnérable car il se tient, comme le germe ou l’envie, au bord de l’être.
Avec le soleil, c’est toujours la même chose : ce n’est jamais pareil.
Ma philosophie de l’infini est pauvre, j’en conviens. Je n’ai jamais su par quel bout le prendre.
La nostalgie a goût de moisi, au moins elle ne sent pas le plastic.
Nature et Société ne sont pas synchrones : on devient sobre quand on peut dépenser.
Donnez-moi son rayon et je calcule le diamètre, la circonférence, l’aire et le volume de votre âme. (Pour le poids, il me faut connaître aussi l’âge de votre cadette).
La poésie se vend mal. D’où lui vient cette belle capacité à résister au rouleau-compresseur de la marchandisation ?
Connais-toi toi-même, a dit le sage, et ne t’attends pas à des miracles, aurait-il ajouté à voix basse.
C’est avec les mêmes pierres que l’on construit les ponts et les murs.
– Bon, eh bien le résultat n’est pas terrible. – D’accord, mais tu n’es pas responsable, Dieu. – C’est bien ça le problème, Pierre. Si c’était à refaire, je créerais le genre humain avec un instinct de justice.
Bien sûr que tu peux baisser les bras, mais que ce soit pour prendre de l’élan et repartir de plus belle.
Je n’ai pas assez de patience, alors je rentre écrire, mais je n’ai pas assez de force, alors je sors vivre. Et je fais ainsi, d’incessants va-et-vient, entre le monde et mon bureau. Voici la cause, sans doute, de la nature nomade de mon esprit et du...
J’ai un doute sur la question mais il me semble que si le chien, jamais, n’admire un lever de lune, les pétales d’une orchidée ou la Petite Fille au ballon de Banksy, c’est parce qu’il n’a pas les mots.
Comme les TGV aujourd’hui traversent les gares sans s’arrêter, les idées me traversent l’esprit, disparaissant avant même que j’aie pu les saluer.
L’humour est ma religion. Il est une preuve de l’existence de l’homme.
On s’extasie devant les logiciels de vieillissement. À quoi ressemblerez-vous dans quinze ans ? Encore un matériel totalement inutile ; mon miroir fait parfaitement le travail.
Je me demande si parfois, planant à cinq cents mètres de haut, l’aigle royal en vient à envier le crapaud ou le ver de terre : « ah ! comme j’aimerais coasser ! » ou bien « quel dommage que je ne sache ramper ! ».
Il n’est pas certain que le retour de la guerre froide compense le réchauffement climatique.
Comme pour un barrage, la rétention de sentiments donne une impression de puissance et de calme, mais elle assèche les environs et provoque d’importants dégâts en cas de rupture des retenues.
L’étranger a un charme incontestable, mais qui ne dure pas. Soit il s’adapte, alors il devient fade et ennuie comme les autres ; soit il demeure étrange, alors il inquiète et on le rejette.