– Mon Kevin, la vie sans toi c’est comme un burger sans ketchup. – Ma Cynthia, sans toi la vie c’est comme un poulet sans panure. – Tu vois, l’amour, ça nous rend poètes. – C’est vrai ça. Tu la veux à quoi ta pizza ?
Citer n’est pas penser, disait à peu près Kant. Je pense comme lui.
Lève-toi et pense.
Nombre d’histoires d’amour se terminent vite et mal parce que l’imagination démarre très rapidement et ne tient pas le rythme.
Écrire un poème après Auschwitz est barbare, disait le philosophe Adorno. Il avait raison, et pourtant, contre cette raison, il faut continuer à écrire de la poésie, malgré la folie Poutine, il faut continuer même à être léger, drôle, absurde, continuer...
Le dialogue est un art redoutablement difficile et le seul que l’on réussisse est celui que l’on a avec soi-même.
À l’époque du complotisme et des fake news, le grand perdant c’est moins la vérité que le doute. Les temps sont durs pour les sceptiques.
Mégalomane. Le gars, il réclame qu’on l’appelle “man”, et même “le man”, non mais allo ! Il ne mégote pas, son ego est sans égal. Quel âne ! Moins mélomane que monomane, il sème peu, il s’aime trop. Mais gare aux égarements qui mènent à Sainte-Anne !
Non sans un triste paradoxe, laissée en liberté, elle dépérit, la liberté.
– Dépêche-toi un peu, le soleil est déjà bien bas et il nous reste beaucoup à faire. – Mais chéri, ne sois pas si pressé, nous sommes jeunes encore, nous avons toute la vie devant nous, tempéra madame Éphémère, récemment mariée.
La liberté est à elle-même sa propre faiblesse, elle permet librement qu’on l’entrave.
Le plus étonnant (ou le plus affligeant, faudrait-il dire) quand on vieillit, alors que l’on change assez peu soi-même, c’est de constater les ravages du temps chez nos amis qui vieillissent tous tellement plus vite. Serait-il possible que chacun pense...
– L’Auteur : Quoi ! Mais c’est qui ce gros, là, sur le yacht, entourée de jolies filles, cigare aux lèvres qui me fait un vilain geste ? Hein ! mais c’est pas possible, on dirait Gros Lulu. (On n’humilie pas un personnage impunément.)
L’écriture est la trace d’une pensée qui n’est pourtant jamais passée.
J’espère me tromper, mais il me semble que dans nos régions, plus on propose de la liberté, plus on réclame de la tutelle, des normes et des jugements de valeur.
Aucune vérité ne tient dans un aphorisme. Sauf une.
Avec l’extinction du Lézard du val d’Aran et du Pétrel noir de Bourbon, il n’est pas impossible que l’on assiste aussi à celle de la pensée qui a tout autant besoin de lenteur et de silence.
– Moi : Je ne me comprends pas toujours, qu’en penses-tu ? – Moi : Oh je sais, toi non plus. – Moi : Non mais c’est vraiment n’importe quoi !
Il faut des mots pour penser, sans eux les idées restent brutes, sourdes et fumeuses.
J’ai l’œil toujours un peu éteint, le cheveu grisâtre et la peau plutôt terne. Heureusement, j’ai un long nez qui rougit vite au soleil et me rend, sinon lumineux, à tout le moins visible de loin.
Ce n’est pas parce que la liberté est illusoire qu’il faut se résigner et suivre ; ce n’est pas parce que la volonté est tangible qu’il faut y croire et tout casser.
Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ? Voilà bien une des questions que je redoute le plus. Je ne peux décemment pas répondre, j’ai pensé aujourd’hui. Alors, comme quand j’allais me confesser enfant, j’invente quelques mensonges : j’ai jardiné, bricolé,...
Nulla dies sine linea pensa-t-il, et il sortit sa paille à sniffer et sa carte bleue.
Caresse l’animal qui t’habite, nourris ton enfant intérieur, accueille l’étranger qui chemine en toi, prends soin de ton ange blanc et n’oublie pas de sortir les poubelles.
Les mystères nous écrasent, les énigmes nous agacent, les problèmes nous tracassent, seules les questions nous animent.