Si je devais condenser ma pensée en un mot singulier, ce serait pluriel.
E muet. La nature est étrange qui tantôt est exubérante et tantôt effarouchée, hésitant entre l’empreinte et l’envol, l’éclipse et l’éclat, s’effaçant parfois et parfois s’étalant.
La vérité n’est pas une étoile qui brille au loin et dont on se rapprocherait, c’est une étincelle qui nait de la friction d’idées ou de mots, comme quand l’on frotte des silex. Ça peut aveugler et faire mal aux pouces, mais ça chauffe le cœur toujours...
Comme un liquide docile, nos pensées adoptent volontiers la forme du contenant ambiant – cubique, basique et massif, le plus souvent.
Les avis des plus éminents scientifiques divergent sur ce qu’il convient de faire. Demain, les faits valideront les prévisions de certains et la science sera sauve. La voyance fonctionne exactement selon le même scénario.
Ces œuvres d’art sublimes et généreuses prennent davantage de force encore sur le fond absurde et dérisoire de l’histoire humaine.
Gemme. G, M, M, lettres que j’aime, lettres précieuses de terre et de feu pour un terme qui scintille. Tiens, j’ai le même M de braise qui brille dans ‘l’être que j’aime’. (Heu... et eux, les deux E ?)
Le vivant, ce génie de l’imprévisible, cet art du désordre, infatigable et libre, le vivant que l’on s’acharne à ranger, tailler, assécher.
Je ne pense pas être l’invité modèle car je me déplace toujours en bande. Je ne me sépare jamais de mes fantômes et mes rêves, mes morts et mes silences ; ça fait beaucoup et me rend parfois peu disponible.
– Je me sens bien avec toi, c’est fluide et enfin, je ne suis plus obligé d’être moi-même. – Tu veux dire plutôt que tu peux enfin être toi-même quand tu es avec moi ! – Non quelle horreur, je peux enfin jouer l’amoureux.
Comme le zèbre n’est pas un âne à rayures, le mensonge n’est pas une vérité exotique.
La science de la réponse a peu à voir avec l’art de la question.
La pensée en cadence : signe de décadence avancée.
Les histoires d’amour finissent mal en général, chantaient les Rita Mitsouko. Mais il y a aussi celles qui durent, surmontant tous les obstacles. Je pense à la très belle histoire (c’était du côté de Marennes, il y a quelques années) entre une huitre...
Terrain vague, salon classique, paysage romantique, espace intime, rue gouailleuse, place pudique, chambre à soi, ville invisible, champ d'été. La langue est le lieu de tous les lieux.
Une œuvre d’art est une obsession devenue obstination.
Où sont les limites de la libertée d’expression ?
Construisons des cachettes pour y accueillir, s’il le souhaite, l’invisible.
Non sans paradoxe, la pensée n’est féconde qu’à se retirer.
Et pense à penser !
L’inventaire du visible est à peine entamé et déjà l’invisible semble plat, pâle et pauvre.
La liberté engendre aussi l’inconstance et l’opportunisme.
Animal, mon ami, comment te dire, toi qui ne parles, comment te faire comprendre, toi qui ne penses, que j’ai honte aujourd’hui d’être l'animal doué de parole et de pensée.
Aimez-vous, les autres en profiteront.
Si les philosophes fréquentent des artistes, c’est moins pour l’amour de l’art que pour se sentir relativement équilibrés.