De l’intelligence, je ne sais, de la culture, peut-être, mais c’est de la souplesse surtout dont le penseur a besoin qui risque toujours le lumbago ou le cliché.
Interpréter, c’est renvoyer la balle. La pensée est un jeu et le gardien lui-même ne doit rien garder.
– C’est insupportable, cette pensée commune ! – Insupportable.
[Spoiler alert] La philosophie est une vieille femme, oui, mais qui aime être bousculée et adore qu’on l’emmène voir ailleurs si elle y est.
Il y a une double difficulté avec la liberté d’expression. L’expression d’abord, que l’on confond avec l’émission de bruits : le monde n’a jamais été aussi bavard et criard. La liberté ensuite que l’on confond avec les caprices d’égos toujours-déjà o...
Tu est un mystère fascinant et une source permanente de préoccupation. Serait-ce là le signe d’un altruisme foncier ? Il est vrai, cependant, que la question qui nous taraude est ce tu pense de moi ?
Les mots figent les pensées, bien sûr, et durcissent les sentiments qui ne sont que des ombres molles et fugaces.
Dire toujours ce que l’on pense ? Dites, vous n’y pensez pas ; le monde ne tient que parce que l’on se retient.
Je pense donc je suis, soit, mais penses-tu si tu suis ?
Face à l’odieux, le rigide, le haineux, le mortifère, je suis pour la liberté de ne pas écouter.
Qu’elle anticipe ou tire les leçons, la pensée n’est jamais à l’heure. Seule l’action est ponctuelle.
Si tu crois que je ne vois pas que tu penses que je ne sais pas que tu aimes que je regarde quand tu as le dos tourné, alors retourne en cuisine.
L’or a ses chercheurs, la vérité aussi. Les deux déçoivent d’abord quand on les trouve car ils sont bruts, impurs et ne brillent pas ; il faut les travailler, les mettre en forme et en valeur. Alors, on devient riche, puissant et séduisant.
La Lune court après la Terre qui s’en moque et court après le soleil qui s'en moque et ne pense qu’à lui. Aurions-nous sous les yeux une métaphore des relations amoureuses ?
Ce qui me rend la science aimable, c’est qu’elle accroisse l'ampleur de notre ignorance.
Si ma pensée avait un visage, il serait – mais cela a-t-il un sens ? – souriant et soucieux à la fois.
Nos mensonges sont le plus souvent mal interprétés sans que cela suffise à rétablir la vérité.
Pour croire en une vérité sans pays et sans âge, il faut n’avoir pas voyagé, n’avoir pas vieilli.
Savoir, c’est ne plus croire, penser, ne plus savoir et croire, ne plus penser.
Tous les mammifères dégagent les lèvres et montrent leurs dents pour effrayer l’ennemi sauf l’être humain qui le fait pour sourire. Allez, une fois n’est pas coutume, saluons cette belle récupération et l’art humain du détournement.
L’amour, c’est comme la bicyclette, ça ne s’oublie pas. C’est juste que quand ça déraille, c’est plus difficile à réparer sur les nouveaux modèles.
L’ambiguïté, c’est ce jeu dans la pensée qui interdit l’arrêt sur idées.
Oui, qu’est-ce que l’amour ? La réponse est pourtant claire et nette, aimer c’est… Non mais arrêtez de lire par-dessus mon épaule, cherchez vous-même, et si vous séchez, allez voir du côté de Lacan ou Florent Pagny.
Les vérités, comme les fiancés ou les soufflés, doivent être ponctuelles.
Pèlerin. Il erre sans chagrin, le pèlerin du doute, et, sans regret, sa pensée pérégrine au gré des vents lointains. Sur les chemins incertains, il appelle chaque fleur et chaque pierre et chaque oiseau, le pèlerin sans destin, et chaque maison et chaque...