25 mai 2008
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02:31
Zut, on est déjà aujourd’hui et je n’ai encore rien écrit. Les sujets, graves ou légers, ne manquent pas pourtant. Non, ce qui manque, c’est vous.
Je n’ai pas dit que vous me manquiez, mais seulement que vous manquez. Vous, lecteurs, vous manquez, vous faites défaut, vous êtes absents, vous n’existez pas. Voilà la belle absurdité, je
m’adresse à un néant, pas même un silence ou une carence, j'écris pour un vide, une béance, je donne généreusement pour un trou noir.
Bien sûr, si vous existiez, vous diriez, « nous ne sommes pas absents, nous sommes ailleurs et bien présents ». Quelle prétention, quelle arrogance que ces petites nullités de rien du
tout qui se croient exister, ces absents qui prennent la parole et imitent les présents.
Allez, magnanime, je vous l’accorde, vous n’êtes pas rien, vous êtes des précaires de l’existence en sursis de néantisation, mais il ne tient qu’à moi de cesser d’écrire pour que vous vous
dissipiez comme un chuchotement sans écho, pas même un mauvais souvenir, une vapeur inodore, sans saveur ni talent, ridicule et minuscule.
Vous êtes mon rêve, un jour je me réveillerai.
Vous êtes mon délire, un jour je reviendrai à la raison.
Je vous aurai prévenu.
24 mai 2008
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02:28
Moins c’est bien
Mais c’est moins.
Point c’est rien
C’est pas bien.
Plein c’est pire
et c’est trop.
Peu c’est mieux
Et c’est bon.
23 mai 2008
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Le drame du minimaliste c’est qu’on remarque à peine quand il fait grève. La négociation devient alors difficile.
22 mai 2008
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02:50
Hier soir, au bar, j’ai rencontré N.
Après quelques vérifications d’usage – une traçabilité exemplaire, une empreinte écologique discrète et raffinée, (voilà qui dénote une posture psychopolitique louable, ai-je pensé), un génotype
fort séduisant, à l’originalité sans arrogance, quant à son IMC... à faire fantasmer le plus exigeant des nutritionnistes – après cela donc, je lui ai rapidement proposé un speed
wedding.
Elle m’a longuement considéré, silencieuse, m’offrant seulement un sourire indéfinissable qui mélangeait, contre toute attente, l’eau et le feu, puis elle s’est connectée, a débloqué son
transcodeur et m’a laissé télécharger sa page d’accueil.
Flocons de neige, étoiles scintillantes et, en Arial 32, clignotant romantiquement : just married !
Sensible et complice, mon transcodeur a buggué.
21 mai 2008
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02:37
Virtualiser l’accouplement, techniquer la fécondation, externaliser la grossesse, délocaliser l’éducation. La science progresse et nous émancipe toujours davantage.
Et dire qu’il y a quelques années à peine, homo sapiens sodomisait encore, en grognant comme un primitif indélicat, des femelles déjà usées à moins de trente ans.
20 mai 2008
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Ah ! si au moins j’étais pauvre, alors je vous apprendrais l’authenticité, l’ingéniosité, la solidarité, je vous initierais à la patience et la modestie, je vous montrerais le visage sublime
de l’essentiel et vous ferais entendre le chant divin du simple.
Mais voilà, je vous prie de bien vouloir m’excuser, je suis très riche.
19 mai 2008
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Un jour peut-être, nos petits-enfants ou arrière-petits-enfants découvriront que le Terre est ronde. Ils se moqueront alors bien de nous qui parlions encore au xxie siècle de développement durable.
18 mai 2008
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Fabriquer du sens, produire des métaphores, investir le possible, choisir l’entreprise… et reconquérir ces mots et ces choses que le marché a confisqués.
Laissons la création au ciel et ses nuages et le travail aux machines et leur folie indolore.
17 mai 2008
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Possible doit se protéger sur deux fronts : l’impossible et le nécessaire.
Et cela le rend bien sympathique, cela lui donne un côté rebelle généreux, inventeur imprévisible, imaginatif fougueux.
Et pourtant, nombreux sont les adeptes de l’impossible – fatigués et démissionnaires – et les sectaires du nécessaire – étroits et dogmatiques.
16 mai 2008
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L’avenir appartient à ceux qui l’ont volé : trafiquants de désirs, contrôleurs de rêves, évaluateurs de projets...
15 mai 2008
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On déçoit souvent de près (postillons et comédons) ; de loin, surtout post mortem, on a plus de succès.
14 mai 2008
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Demain est un autre jour.
Comme aujourd’hui.
13 mai 2008
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Il a le sourire généreux et la poignée de main rassurante. Dents en or et grosse chevalière.
12 mai 2008
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Pouvoir des chiffres ; pensée en friche.
11 mai 2008
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Qui ne sait rire ne sait vivre.
Qui sait pleurer sait exister.
10 mai 2008
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Tout est surdimensionné chez ce taureau – inévitable et définitif – qui déplace l’espace beaucoup plus qu’il ne s’y meut : il n’est jusqu’au temps qui semble lui-même contraint de
ralentir pour suivre le rythme du bovidé tout-puissant.
9 mai 2008
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Nous ne sommes pas responsables de toute la misère du monde ; mais nous sommes responsables devant tous les miséreux du monde.
8 mai 2008
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Hier soir, dans la grisaille bruyante de la nuit sociale, comme une anti-éclipse, comme un carré passion sur fond morose, comme un silence à l’abri du remuement, comme un jour de paix en pleine
tourmente, ton joli sourire, inexplicable, et que j’aimerais savoir invincible.
7 mai 2008
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Il est si petit et s’imagine si grand.
Peu importe le ridicule, mais la frustration, inévitable, sera douloureuse.
6 mai 2008
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Le Pouvoir nous achète et nous endort , nous faisant rêver de pouvoir d’achat.
Servilement, vénalement, nous abdiquons, impuissants.
5 mai 2008
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Donner libère, peut-être ; ce qui est sûr c’est que prendre oblige et leste.
La liberté est affaire de légèreté et de disponibilité.
4 mai 2008
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ZAC : Zone d’Abandon Concerté
ZEP : Zone de mise à l’Épreuve des Professeurs débutants.
ZUP : Zone Uniformisée pour Pauvres
ZUT : Zolie utopie transgressive
3 mai 2008
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Ça fait bling bling autour de lui quand il parle ; ça fait boum boum dans son cœur quand elle écoute.
L’amour est un peu comme la musique de Pierre Boulez : difficile à jouer, pas facile à entendre.
2 mai 2008
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La colère est un vilain défaut quand elle n’est pas exprimée.
1 mai 2008
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Hier soir, c’était musique classique : audition des jeunes élèves du Conservatoire. Au programme Vivaldi, Pachelbel, Mozart, ça fleurait bon son adoucissant de moeurs…
Eh bien non ! J’ai trouvé proprement honteux le comportement tout bonnement scandaleux de cette mère absolument indigne qui a pleuré en entendant son enfant massacrer Vivaldi. Certes, elle
avait raison, son enfant était nul, sa prestation insupportable : une offense au violon, une insulte au printemps, une violence à la musique. Soit, elle n’avait pas tort, son enfant était
vraiment nul, mais ce n’était pas une raison pour l’humilier davantage encore en prenant le parti de Vivaldi.