L’écriture est une course épuisante, technique et vaine, genre 3000 steeple plus que 400 m. Il faut savoir changer de rythme, tomber et se relever sans regarder ses genoux, accepter de suivre, se faire dépasser, être envié, oublié ou admiré, tourner en rond, accélérer, gagner ou rentrer seul, recommencer souvent et ne finir jamais, pleurer, inspirer fort, jouir, regarder loin devant et toujours prendre soin du sol.
Tout cela (entre autre et plus encore) n’en déplaise aux jeunes cons qui conchient les leçons, suintent le vécu et s’excitent à croire que vivre fait un livre.
N’en déplaise surtout aux vieux cons, clos et presbytes, qui se reconnaissent dans ces présumées leçons et s’énervent à répéter que vivre fausse un livre.
Enfin, je vous prie de bien vouloir, lectrice intriguée, lecteur indigné, excuser la malveillante fatuité et méprisante suffisance de cette saillie dogmatique et musculeuse, mais comprenez-moi bien, n’en déplaise aux théoriciens de l’écriture spontanée, ceci est un échauffement.
Je cours demain.