Souverain, et doucement complice des événements les plus insignifiants, il parvenait à s’installer éternellement dans les instants les plus menacés, le faîte du désir comme le seuil de la rencontre.
Souverain, et doucement complice des événements les plus insignifiants, il parvenait à s’installer éternellement dans les instants les plus menacés, le faîte du désir comme le seuil de la rencontre.
On ignore ce que la littérature peut donner simplement parce qu’on ne lui demande jamais rien, soit par timidité, soit par indifférence, soit par mépris.
Le soleil se couche
Les paupières se posent
Manifestation de crapauds.
Tout ne se vaut pas, certes, mais tout vaut d’être considéré, car il serait bien plus dommageable d’ignorer ce qui méritait estime que de louer ce qui ne valait pas la peine.
Le jour exact s’est levé sur les ombres passées, dis-tu, bavard enflé à l’haleine électrique, quand ta nuit surchauffée étouffe tout et les rus hésitants sur les pentes songeuses et les chants sans raisons des oiseaux du désir.
La marche est un séjour qui honore quand elle prend soin des vents et des pleurs.
La foule, quand on est seul, rend la solitude odieuse.
Liberté ! liberté ! liberté ! mais cessez donc de l’appeler par ce nom qu’elle déteste, elle voudrait en changer. En attendant, elle ne répond qu’à son prénom.
Cherchez !
Explore le monde et nommes-en chaque ombre, si tu le peux, chaque tentative, chaque souffle, si tu le veux, et chaque voix, chaque matin.
Et si tu perds au tennis, n’accuse pas le filet d’être plus haut de ton côté.
Je sais
tu sens
tu cèdes
je serre
je cesse
tu sauves
tu songes
je sape.
Une sœur à sec qui suce les sels et sème ses cils [sic], c’est sale, certes, mais bon sang quelle scène !
Un sot qui suit le vent et sent la pluie, c’est sûr, ça sert à rien !
Un sage qui singe un sourd qui joue au singe, au secours, ça sent la fin !
Au lieu de dire ‘mauvaises herbes’, dites ‘nature en folie’, voire ‘fantaisie féconde’, alors vous verrez, votre jardin ne sera plus le même.
Il y avait chez lui comme une profonde inaptitude à l’imprévisible, et toujours, il cherchait à résorber l’aléa, annexer l’avenir et sécuriser l’impondérable.
Tous les voleurs ne s’envolent pas.
Tous les violeurs ne s’avisent pas.
Toutes les valeurs ne s’avalent pas.
Le « bon sauvage » n’est ni bon ni sauvage. Juste une belle image.
La vie n’a rien d’une sympathique partie de ping-pong en 21 points.
Le saut périlleux porte assez bien son nom ; ce n’est pas une raison pour commencer peureusement par le demi.
Les humains aujourd’hui ne sont pas plus perspicaces et moins solidaires, me semble-t-il, ou moins attentionnés et plus efficaces. Sont-ils mieux soignés mais moins cultivés − on le dit − moins élégants mais plus raffinés ? Voire. Ils seraient décomplexés, lucides et déniaisés ! Je ne sais.
Ils sont assurément plus nombreux.
Qui singe un sage en rage ira en cage. Dommage.
La passion pour la météo atteste une nostalgie de la fatalité : l’âge heureux où l’on n’était finalement ni responsable ni coupable.
J’ai habité l’été dernier une idée large et bien ventée.
J’y ai trouvé au marché bio un compliment sans prétention.
Je vais planter au fond du bois un chant soyeux qui aime l’ombre.
Civilisation, c’est comme Chang, Martin, Lopez ou Smith, si tu ne donnes pas le prénom, on ne sait pas qui c’est.