Il n’y a bien que le progrès à progresser encore.
Il n’y a bien que le progrès à progresser encore.
Qu’ils préfèrent, aux tripes à la mode de Caen, leurs crottes de nez composites, et les baggies destroyed aux pantalons pincés en flanelle grise, passe encore, c’est affaire de goût et ils changeront. Mais qu’ils snobent Giovanni Pico della Mirandola e Concordia et se gaussent de leurs trouvailles faites sur Wikipædia, alors là non ! Ce n’est ni grunge, ni cool, ni funky, c’est bien plutôt insane, inepte et criminel. Il faut juger et punir. Et imposer Mirandola e Concordia.
La culture généreuse et l’esprit d’ouverture doivent prévaloir.
Avec sa robe grenat, elle est émouvante la nostalgie, mais elle est toujours un peu bouchonnée.
Ils est d’un genre incertain, elles est mieux formé.
À part EDF et le Crédit Agricole, plus personne n’envoie de lettres, se lamentait Lucienne en finissant sa tournée (chaque année plus longue, rapport à la réduction de personnel). On s’écrit plus, on se parle plus.
Remarque, c’est pas vrai de tout le monde, pensait-elle, se souvenant de Raymond rencontré l’été dernier aux Maldives, à l’hôtel Blue lagoon. Un gentil gars mais infoutu de faire du pédalo en rythme et qui l’avait saoulée pendant quinze jours à lui parler en latin du matin au soir. Heureusement qu’il allait se coucher à 20h45.
S’il est poli, vous est singulièrement attribué. Eux est sujet à débat − parfois objet, parfois sujet − mais eux s’accorde finalement bien.
Le niveau baisse, se lamentait le vieux professeur de latin tout en corrigeant les traductions du livre 2 du Natura rerum.
Probablement aucun rapport avec la montée des eaux, pensait-il, rêvant à Lucienne rencontrée l’été dernier aux Maldives, à l’hôtel Blue lagoon.
Tu n’est pas plus hors-sujet que je, mais nous est beaucoup moins indéfini qu’on.
Tiens l’horizon à bonne distance, il n’est pas d’ici.
Au commencement était la verve, bien plus tard vinrent les traductions de modes d’emploi sud-coréens.
Voici notre chant des possibles à nous.
Trois - quatre
Si ma tante en avait quatre, do ré do ré mi
Il aurait droit à deux places, si ré fa sol do
Si les moules avaient des dents, do ré fa do la
Les frites n’iraient plus dedans, ré fa sol si do
(Refrain)
Ah si j’avais un marteau, ah si oh oh oh
J’cognerais mon père ma mère, ah si hè hè hè
Mon frère ma sœur et ma soupe ah si hou hou hou
Alors je serais heureux, ah si euh euh euh.
Si Paris est en bouteille, do ré do ré mi
L’proctologue est surbooké, si ré fa sol do
Si l’apodose est trop naze, do ré fa do la
Doubl’ la dose sur la protase, ré fa sol si do
(Refrain (bis))
Tu as beau lever le menton et regarder haut, tes postillons chuteront lamentablement.
Le langage n’est pas une pince à choses, ni les mots des cartels dociles.
Demanda le maître de l’estrade : « Être ? »
Répondit le disciple du radiateur : « Absent »
Jaillit vite et visa juste : « Aïe ! ».
(Le manque une chose, la trace une autre)
Dis donc, tyran têtu, tu tiens à ton statut, toi. Tu feins la foi, l’effet, ma foi, est magnifique. C’est fou, tu mords le monde et mange l’immonde, c’est fort, la foule des mâles, des pâles, des veules, des nuls, des moules. Ta moue m’amuse, ma mie, mais tes mimiques de mère-mystique me minent et m’anémient. Tes tics sadiques à l’encaustique cassent pas des briques. Tu cries, tu craques et compliques tout avec tes crasses de gosse à fric et tes crises anosognosiques.
Et le sais-tu, toi, tout ce qu’il peut, ton sourire, quand il prend son élan et lentement s’enflamme ?
Le pain est dur et les matins
La soupe est tiède et les idées
Qui servira le café et les corser ?
Et si tu te reposes, que ce soit pour préparer ton voyage vers quelque nouveau Tibet intime.
Je sors mon carnet à spirale, mon crayon de bois, je n’ai jamais eu beaucoup de mémoire, et j’écris lentement :
« Lundi 2 avril. − Penser à noter raisons d’espérer ».
Fut un temps où, faute de temps, on ignorait la pensée.
Elle ennuie aujourd’hui, on l’oublie, pas de temps à perdre, vite.
Viendra peut-être le temps mort, où on l’interdira, mer calme et temps clair.
La parole a-t-elle son mot à dire quand on parle de langue ?
Les hommes s’activent, dieu qu’ils sont braves, ils arasent et comblent et dament et lissent. Un jour viendra où le monde sera beau comme une grande toile cirée, riante et familiale.
Espérons alors que l’on saura encore fabriquer les paniers en osier et le saucisson à l’ail, les weekends prolongés et le printemps qui vient, les heures de la sieste et les baisers rêvés.
Eh toi, le bavard, tu as trouvé la formule, mais tu as perdu les mots.
Si tu n’as que des amis, méfie-toi d’eux.
Si tu n’as que des ennemis, méfie-toi de toi.
On nous enferme dans des cases, on nous impose le même moule hurlaient à l’unisson, les Petits de chez Lu.