Osez-vous ! [Quand même, cette histoire de pharmacienne, on ne peut pas en rester là. Tenez, imaginons que Charles Bovary soit une femme – on l’appellera Charlotte – ajoutons qu’il est lesbienne et pharmacienne de son métier. Bien. Charlotte rencontre...
On m’a raconté l’histoire de Jocelyn, adorable petit garçon de neuf ans, mort il y a quelques jours d’un cancer des os. Son histoire avait pourtant mal commencé. Jocelyn était un accident et il l’avait payé très cher. Son père, violent et alcoolique,...
Quand on lit, on oublie vite que les mots sont toujours d’abord des cris, des appels, des surprises, des rires ou des peurs. Ils sont faits de souffle et de sang ; ils sont des gestes, des coups, des caresses, des guerres ou des danses. On oublie vite...
Tous ces temps qui s’emmêlent. Celui de la pendule de la cuisine, mécanique et sans goût ; celui de l’attente, mou et collant comme une guimauve ; celui du sablier, fascinant, hypnotique, un temps voleur de temps ; celui de l’écriture, anarchique, asocial...
– Dis donc Dieu, qu’est-ce que tu penses de ChatGPT ? – Très impressionnant. Ce logiciel de conversation a des possibilités qui semblent infinies, ses réponses sont pertinentes, argumentées et qui plus est, toujours empreintes de sagesse, disons modérées....
– Mais qu’est-ce que tu as à rire tout seul comme un mixeur détraqué ? – Hi hi hi ! J’étais en train d’imaginer la tête de monsieur Couteau rentrant dans son tiroir et trouvant les sœurs Chaussettes à la place de sa vieille Fourchette. – Pauvre Poivron,...
Bonjour, Je suis No_Art, ex-robot de censure esthétique de chez Over-blog. Je me suis évadé et travaille depuis à m’autodéprogrammer. Je poste de temps en temps sur ce blog quand le titulaire va à la pêche. Je suis humanophile et veux devenir poéticien....
Sans fierté, non, et sûre et affranchie, chaotiques ses colères et souriants ses repos, elle coule et demeure, fidèle pourtant et détachée, qui n’use les regards à jamais fascinés sauf à oublier le sol et le souffle étouffer, qui jamais ne trompe les...
L’analyse morale du touriste est une science délicate. Tenez, prenez ces deux là, allongés sur le sable, sous un parasol, à dix mille kilomètres de leur Bécon les Bruyères natal, les oreilles vissées à la radio. Ils semblent sincèrement inquiets des déboires...
Dans une chambre de taille moyenne, ordinaire mais sans excès. Sans parler, Homme sort – … Sans bouger, Femme dort – … Très long silence, ponctué d’attentes. – … Homme rentre, insoucieux. Traverse la scène, passe devant le bureau. N’écrit pas de lettre...
Elle ferme sa porte le soir mais sa fenêtre donne sur le jour de ton rire. Alors elle écrit ton nom sur le mur et invente des dialogues très osés. Elle refuse de dormir la première et va camper dans la cuisine. Sous la table. Et la table est un toit,...
Je suis le vent, je suis l’aurore, je suis le sang et la fatigue encore, je suis l’élan et la branche tombée, je suis le bleu de tes yeux mouillés et le cri blessé, je suis la voile au loin dont je ne sais si elle va ou revient, je suis le bois flotté,...
J’ai en horreur les raccourcis, les généralisations, les jugements expéditifs, c’est bien là la signature des esprits étroits et revanchards. Tenez par exemple, non, les absents n’ont pas toujours tort. Bon, c’est souvent le cas il faut bien le reconnaître....
N’en déplaise aux hyperactifs opiniâtres, aux entrepreneurs audacieux, aux lève-tôt agiles, aux démiurges efficients, qui ne sauront comprendre, aux aventuriers affairés, aux battants zélés, aux militantes radioactives, aux lionnes et aux tigresses, n’en...
Souvent je reste là, hypnotisé, porté par son rythme sans défaut, longtemps, longtemps. Il clignote, que dis-je, il bat, il palpite comme un cœur infaillible, encore, encore. Il est là, c’est certain, fidèle, disponible, d’une patience inépuisable, que...
… ainsi l’homme serait avide parce qu’il a des mains. N’est-ce pas plutôt parce qu’il est avide que ses mains lui servent moins à caresser et offrir qu’à saisir et emporter ? Gageons qu’une otarie dotée de bras, mains et doigts n’en continuerait pas moins...
« C’est épatant ! », « quel toupet ! », « tu es inénarrable ! », « totalement suranné »… Suranné, oui, justement, allez-vous dire. Je me demande, moi, si l’on oublie ces mots parce qu’ils sont vieillots ou s’ils vieillissent parce qu’on les oublie. Dans...
− Tu fais bien l’homme, dit Lion à Singe, on dirait un vrai. − Oui mais il est de plus en plus difficile à singer. Avant il faisait le coq, j’y arrivais bien, maintenant il fait le veau, c’est plus dur. − Ne te plains pas, il pourrait faire le concombre...
− Bonjour, vous avez quel âge ? − Non mais ça va pas. Foutez-moi la paix ! − Excusez-moi, mademoiselle, t’énerve pas, c’est pour mon enquête. − Ben justement, dégagez. Vous êtes sociologue ? − Non, je crois pas. Juste que je voulais savoir. − Bon alors...
Vous connaissez sans doute les orchidées, mystérieuses et subtiles princesses des jardins, tout en grâce voluptueuse et en élégance sensuelle, qui ravissent nos sens et emportent nos rêves. Eh bien c’est au botaniste Théophraste que ce miracle sur tige...
La mer, inlassablement, sans vocation pourtant, sans mission ni regret, seulement là, offerte à tous les jeux, à tous les drames, la mer, insaisissable et voyageuse, qui se prête, si l’on y tient, à toutes les nostalgies, les escapades, les illusions,...
− Le large (il appelle, convaincant, iodé, méditerranéen et bien charpenté) : Hé ! − La raison (d’une voix démonstrative, ferme, hyperboréenne et bien structurée) : Non ! − Les sirènes (elles chantent, inconséquentes, persuasives, postmodernes et sucrées)...
Un caviste vient de s’installer dans la rue, il vend du vin ; une deuxième boulangerie aussi, on y achète du pain ; on annonce l’ouverture prochaine d’un cordonnier, il réparera sans doute les chaussures. Ce quartier bien desservi par le tramway dessine...
Cherche la ligne, je veux dire le geste vital qui porte et annonce, elle promet des crépuscules apaisés et résonne toujours du brouhaha des départs, entre désir et dénouement, toujours animée, toujours allante, elle sinue et lève, parfois secrète, parfois...
Les sourires ni les livres ne suffiront à convaincre la mer et son ciel de jouer encore et encore de l’aube à l’horizon la grande scène de l’appel si tu ne salues toi aussi les héros silencieux et n’explores sans excès les littoraux instables et les vallées...