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C'est Peu Dire

  • : Les Restes du Banquet
  • : LA PHRASE DU JOUR. Une "minime" quotidienne, modestement absurde, délibérément aléatoire, conceptuellement festive. Depuis octobre 2007
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Et Moi

  • AR.NO.SI
  • Philosophe inquiet, poète infidèle, chercheur en écritures. 55° 27' E 20° 53' S

Un Reste À Retrouver

21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 02:58

Non content d’interrompre de belles histoires estivales et naissantes, il se plaît à annoncer d’interminables dépressions hivernales, l’automne. Pour se faire pardonner, il met son costume rouille et or et réenchante le monde le temps d’une saison.
Je pardonne.

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 02:16

Je sors de ma trousse ma pomme de terre, la taille sans haine en forme de stylo bleu et vous écris ce bon gros poème rustique et sympathique :

Sillonne mon fils, siphonne mon père,

la terre ne donne qu’après l’automne.

Mais au printemps, la mère criera,

et à l’été, j’ira danser.

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 02:52

Je regarde par la fenêtre, observe tous ces arbres grotesques et agités, noueux et torturés et, sans mépris aucun, avec la stricte partialité du regard comptable, je constate la désespérante monomanie chromatique de la nature.
Puis je compare avec ces jolies grues, fières et élancées, mobiles et élégantes, aux couleurs chaudes et chatoyantes, qui, non contentes d’être utiles et généreuses, prennent encore le temps d’être belles et harmonieuses.
Tout à mon émotion, je m’interroge sur le sexe de ces stèles spirituelles, viriles et délicates à la fois, puissantes et légères pourtant.
Ô grues !, peuple de l’espoir, promesse de transcendance, je vous offre, honteux et d'en-bas, cet  éloge ridicule, mais c’est une prière de louange, un hymne cosmique, une symphonie universelle que vous méritiez. 

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 02:56

« Where do you come from ? » demanda-t-il, séduit, à une jolie petite idée qu’il voyait pour la première fois.

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 02:05

À l’abri des modèles, ignorée des chasseurs, n’ayant souci que de son rire, bruyant et léger, elle tient tout ensemble, Madame Gonzales, comme une armature secrète, dans l’orbe de son agitation joyeuse.

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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 02:14

Ton gros orteil maladroit et attachant comme tes coudes intègres et patients qui dans le creux de ton genou complice et sans fard parce qu’il en est ainsi mais les mots pourront-ils dans le temps et selon les trous de ma langue qui sauraient les cris loin sous ton lit quelle est juste cette main pour alors se taire et te réciter la liste complète des régions de ta chair de l’endroit le plus sud jusqu’au toit jusqu’à toi

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 02:18

Pour toi j’irai voler le feu par-delà les hauteurs de l’improbable,
Pour toi j’irai pacifier les galaxies anarchiques du chaos primitif,
Pour toi j’irai instruire les monstres tapis dans la douleur des ignorances,
Pour toi j’irai dévergonder les instances majuscules du déclin archivé,
Pour toi j’irai consoler les océans souillés, méprisés et violés.

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 02:23

Aujourd’hui c’est vendredi, une nouvelle après-midi est sur le point de commencer, mais je ne saurais m’y aventurer sans quelques missions calibrées, je regarde mon agenda avec gourmandise, allégresse et excitation :
acheter produit vaisselle antidérapant ne pas oublier l’anniversaire du chien de la voisine elle y sera sensible et un os coûte toujours moins cher que l’intégrale Brassens (ne pas juger la voisine ne pas se croire supérieur à elle même si les raisons en seraient nombreuses) apprendre un nouveau mot nouveau (le dernier impedimenta était très beau mais est impossible à placer) penser à se coucher après s’être brossé les dents réfléchir aux statuts de l’association pour la promotion de la littérature minimale et absurde arroser les impôts payer les plantes passer à la pharmacie prendre les pilules commander un deuxième café non demander l’addition et puis non prendre une crème brûlée l’addition s’il vous plaît excusez-moi quel jour sommes-nous ? vendredi ? alors une crème brûlée oui ben c’est pas la peine de lever les yeux au ciel la crème c’est parce qu’on est vendredi c’est écrit là sur mon agenda justement demain c’est samedi voyons qu’est-ce que je vais faire vous n’auriez pas un stylo s’il vous plaît ? oui en plus de la crème brûlée non ça ne la remplace pas

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 02:20

Heureux qui comme Maurice porte le marcel à trous de Bali à Notre-dame-d’Allençon, de Cuba à Pellouailles-les-vignes.

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 02:15

Au bout de combien de temps des ruines deviennent-elles des œuvres d’art, superbes et majestueuses, pures et intemporelles, mystérieuses et séduisantes, lavées des rêves laborieux qui les ont précédées, des drames sordides qui les ont habitées, des larmes fidèles qui les ont regrettées ?

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 02:17

… d’abord tu poses trois points de suspension, ensuite tu prends ta respiration, puis tu pars, tu ne sais pas où ni pour combien de temps, ça va souvent assez vite, c’est bien de ne pas trop viser, pas trop revenir, pas regarder trop loin devant non plus, juste aller, porté par la syntaxe, guidé par les bruits, elle est bavarde la langue, toujours quelque chose à dire, il faut la laisser faire, des petites pensées, la laisser dire, des petits secrets, des petites bêtises, le sens, gros bonhomme, un peu rigide mais très habile, suit de loin et rattrape de temps en temps, puis se fait distancer, puis te dépasse, pour te guider, alors il faut piquer à droite, et deux fois à gauche, et le perdre et se perdre, bon et puis quand même, il faut penser à rentrer, et écrire, quelque chose de plus sérieux, parce que là, c’est sûr, tu risques d’agacer ou de décevoir…

Nota Bene : Ne pas oublier les points de suspension à la fin qui indiqueront, comme trois cônes de signalisation, que c’est du provisoire, qu’il faudra revenir, qu’on va construire du solide, que c’était un brouillon en chantier, qu’on peut beaucoup mieux, que ce n’est pas la peine de relire, qu’on n’y trouvera rien d’intéressant, que tout ça aura disparu la prochaine fois, oui il faudra revenir…

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 02:30

Fédérons nos errances
Explorons nos friches
Et sourions nos peurs

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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 02:32

Les restes du banquet ? c’est quand les philosophes baissent la garde, quand les poètes baisent la garce, quand les Grands biaisent les angles, quand les anges fêtent la bière, quand les Fiers chantent la terre, quand les [grosses] Têtes frangent les tresses, quand les fesses frôlent les vestes, quand les restes sur la banquette

PS : pour les malheureux qui, en troisième, ont fait techno (souvenez-vous : la coupe du critérium, la tour Eiffel en allumettes, l’utilisation du pied à coulisse…) et pas latin, je rappelle que le mot français banquet est la traduction du latin symposium, copié directement sur le grec sumposion qui dérive de sumpotès, compagnon liquide avec qui [sun-] l’on partage un verre [-pinein, boire]. (Notez encore – après j’arrête, car il faut, pour ceux qui, en troisième, ont fait techno et pas latin, des activités courtes, variées et ludiques – que le compagnon, compère solide, est celui avec qui [cum-] l’on mange le pain [-panis], quant au compère – c’est fini, regardez, encore trois lignes à peine – il ne va pas sans sa commère, encore que par les temps qui courent et les mœurs qui cavalent, il ne reste plus que quelques psychanalystes obtus pour croire encore à la triangularité familiale).

Santé !

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 02:13

Il est sept heures, tu te lèves, tu te laves, un café en silence, pas faim, il pleut un peu, tu y penses encore, enfin, penser, non, pas de la pensée ça, ça gronde là dans ton ventre, sourd, sans répit, tous ces mots aussi dans ta tête, l’histoire qui se répète, ça grouille, chaque fois une fin différente, aurais pu, est sept heures dix, regardes par la fenêtre, trop tôt pour descendre, trop tôt, trop tard, comme ta vie, un mauvais train, jamais à l’heure, sept heures seize, faudra mettre une pendule à aiguilles, c’est mieux, descends dans le bruit les odeurs la ville, pas le métro ce matin, tant pis pour la pluie, marches vite, pas l’heure encore des sourires, pas l’heure encore des touristes, marchent vite, comme toi, regardent pas, 7h32, 15 degré, 18/06/2008, c’est écrit, ça va mieux, t’arrêtes pour un deuxième café, le journal, le loto, pas très drôle ta vie, cette histoire, pas très doué, jamais gagné, huit heures moins dix, passe pas vite, c’est mieux la pendule à aiguilles du café, passe pas vite, le temps, jamais gagné

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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 02:13

Qu’est-ce qui se joue dans l’écriture ? la peur du bruit, l’oubli des chairs ?
J’hésite, je vois bien l’insignifiance de ces ridicules chiffons de mots, ridicules et prétentieux, et ne peux pourtant chasser l’intuition discrète que s’y logent quelques réserves de force.
Bien sûr l’absence est coupable, mais je me demande aussi parfois si l’urgence n’appelle pas secrètement l’attente ?

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 02:09

elle dit qu’elle a peur elle dit     elle hésite et     en plus c’est pas grave elle     c’est pas comme     devrait être heureuse    la mort la vie c’est     elle dit son mariage    elle dit qu’elle sait pas     elle sait     elle sait qu’elle dira oui     l’amour elle sait pas     se moque     dira pas non     elle dit qu’elle a peur d’avoir peur     n’attend rien     elle sait bien elle se doute     il a un beau sourire     comprend pas     il est gentil     devrait pas     elle devine elle le     il voit pas    il oui     elle dit qu’elle essaiera    pas très douée    ça ira il     peut-être    mais il non     dira oui     elle dit rien n’est grave     pas méchante mais     t’es bizarre disait sa mère     non dira oui cette fois     partira avec son petit mari     bizarre ? alors lui non     elle rit     dira oui     lui non     oui

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 02:28

Moins c’est bien
Mais c’est moins.
Point c’est rien
C’est pas bien.
Plein c’est pire
et c’est trop.
Peu c’est mieux
Et c’est bon.

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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 02:39

Tout est surdimensionné chez ce taureau – inévitable et définitif – qui déplace l’espace beaucoup plus qu’il ne s’y meut : il n’est jusqu’au temps qui semble lui-même contraint de ralentir pour suivre le rythme du bovidé tout-puissant.

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 02:26

Ô Grenelle Malfaisant
On Gesticule et Manipule
Obscurs Gouvernements Monarchiques
Obligés de Gros Marchands
Oublieux des Gens du Monde
Obscène Gangster Monsanto
Ordonnateur du Gaspillage Mortifère
On Gruge et Ment
OutraGeuseMent
Osons Grandir Modestement

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 02:27

Je parle de fougue et d’attente, de flamme et d’usure, je parle d’érection, de brûlure, de puissance, je parle du feu et de l’abandon, du printemps et de l’absence, je parle de nostalgie, de cendre, de silence.

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 02:03

Un esprit sain dans un corps beau
Une ville en rose pour des gens bons
Une terre fleurie pour une vie d’ange
Un homme moderne et une femme in
Un ciel unique un pays-monde

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 02:17

                                       ta main dans mon cou                        mon cou sur le toit
                                                                      le toit au-delà                    le la de ton rire
         ton rire dans mes yeux                                                      mes yeux sur le monde
                            le monde à vau l’eau              le monde avili             le monde avachi
                                                ta main dans la mienne                      ta main sur le temps
       le temps d’une histoire           le temps d’un combat             le temps d’un espoir
                                    l’espoir de la paix              la paix déchirée          la paix interdite
                                                                  l’espoir des partages   l’espoir des voyages
naïvement  joyeusement    l’espoir des partages   naïvement       joyeusement

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 02:31
S’allonger pour rêver
s’asseoir pour boire
se lever pour danser
et marcher pour penser

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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 02:45

Le temps s’étend, s’enroule et s’arrête, il s’arrête et reprend, comme un coureur débutant, part trop vite, se fatigue, trébuche et se blesse, vise la ligne et oublie ses pieds, puis ralentit, apprend, essaie, corrige, comme un brouillon, jusqu’à l’usure, et repart, poumons pleins, allégé d’imprenables paysages, guéri de l’attente, au désir réconcilié, le temps,

Rien ne convient plus mal au temps que la mesure.

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 04:56

Le poète tâche de se tenir dans la pénombre du sens.

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