… d’abord tu poses trois points de suspension, ensuite tu prends ta respiration, puis tu pars, tu ne sais pas où ni pour combien de temps, ça va souvent assez vite, c’est bien de ne pas trop viser, pas trop revenir, pas regarder trop loin devant non plus, juste aller, porté par la syntaxe, guidé par les bruits, elle est bavarde la langue, toujours quelque chose à dire, il faut la laisser faire, des petites pensées, la laisser dire, des petits secrets, des petites bêtises, le sens, gros bonhomme, un peu rigide mais très habile, suit de loin et rattrape de temps en temps, puis se fait distancer, puis te dépasse, pour te guider, alors il faut piquer à droite, et deux fois à gauche, et le perdre et se perdre, bon et puis quand même, il faut penser à rentrer, et écrire, quelque chose de plus sérieux, parce que là, c’est sûr, tu risques d’agacer ou de décevoir…
Nota Bene : Ne pas oublier les points de suspension à la fin qui indiqueront, comme trois cônes de signalisation, que c’est du provisoire, qu’il faudra revenir, qu’on va construire du solide, que c’était un brouillon en chantier, qu’on peut beaucoup mieux, que ce n’est pas la peine de relire, qu’on n’y trouvera rien d’intéressant, que tout ça aura disparu la prochaine fois, oui il faudra revenir…