Je regarde par la fenêtre, observe tous ces arbres grotesques et agités, noueux et torturés et, sans mépris aucun, avec la stricte partialité du regard comptable, je constate la désespérante
monomanie chromatique de la nature.
Puis je compare avec ces jolies grues, fières et élancées, mobiles et élégantes, aux couleurs chaudes et chatoyantes, qui, non contentes d’être utiles et généreuses, prennent encore le temps
d’être belles et harmonieuses.
Tout à mon émotion, je m’interroge sur le sexe de ces stèles spirituelles, viriles et délicates à la fois, puissantes et légères pourtant.
Ô grues !, peuple de l’espoir, promesse de transcendance, je vous offre, honteux et d'en-bas, cet éloge ridicule, mais c’est une prière de louange, un hymne cosmique, une symphonie
universelle que vous méritiez.