des mots infidèles pour des pensées pérégrines pour des chants enivrés pour des oreilles incertaines
des mots infidèles pour des pensées pérégrines pour des chants enivrés pour des oreilles incertaines
Quelque chose demeure encore peut-être – ou peut-être pas – qui se tient et se contient, souterrain à peine, à la patience sans fatigue, endormi dans quelque geste sûr, tapi au creux des mots, quelque chose demeure encore peut-être, plus puissant que l’atome, qui attend, plus lent que le temps, plus simple qu’un sourire, plus juste qu’un matin, encore peut-être – ou peut-être pas – quelque chose se retient qui viendra, sans effraction, comme un vent apaisé.
Un jour mon prince viendra, un jour il me dira :
faut-il être naïve, attendre si longtemps,
craintive et cœur battant, des mots d’amour troublants,
je suis un mauvais rêve et sans trêve je feins,
Éteins vite la télé, lève-toi, marche et deviens.
Range ta plume, ancêtre ruiné, rien n’en sort plus que quelque inoffensif crachat bilieux.
Rejoins-nous ce soir, viens réapprendre à danser, aimer et oublier. Demain tes poèmes auront la légèreté du départ, le souffle du désir et la vigueur de l’innocence.
Attends docilement que l’inspiration te libère d’une aliénante quotidienneté fade et indigente.
Bien évidemment, elle ne viendra pas, mais tu auras au moins appris à te tenir tranquille et silencieux et tu nous auras épargné ton onanisme spirituel et tes turpitudes ineptes.
Se tenir là, juste au seuil du silence, parce que parler c’est souvent échouer et se taire toujours renoncer.
L’hiver qui rentre, virginal, lent et apaisé, rend encore plus comique et dérisoire cette bruyante agitation humaine.
La mer, comme un visage.
Elle peut tous les secrets, toutes les colères, tous les sourires.
Rouge excès ; bleu mineur ; jaune majuscule. Le reste n’est que littérature.