Ceci n’est pas un spam
Je me suis mis au slam
Et la foule qui m’acclame…
Ceci n’est pas un spam
Je me suis mis au slam
Et la foule qui m’acclame…
Elle avait peint sur son mur gris une grande plage de sable blanc qu’une eau turquoise et lente léchait suavement. Des cocotiers ébouriffés semblaient attendre distraitement quelques naufragés innocents. Seules trois mouettes criardes animaient un peu ces horizons trop paisibles. De ridicules et inutiles petits crabes s’effrayaient de leur propre frayeur. Elle s’allongea sur sa natte en se disant que faire la sieste allait bien avec le décor. Finalement, ne parvenant à trouver le sommeil, elle se déshabilla et alla nager.
Il faut savoir greffer une faim, ferrer une grive et gravir une Ève.
À l’inverse, savoir graver une FIV, férir un rêve ou gaver une fève n’est d’aucune utilité dans la vie.
Quant à grever l'ire d'une vague frigide, ça ne veut rien dire du tout !
La langue s’appauvrit, dit-on, je ne sais. Et ne sais pas non plus si l’on peut vérifier la chose.
Ce qui m’apparaît incontestable en revanche c’est qu’elle perd en odeurs : la langue ne sent plus très fort. Je n’entends plus de mots qui sentent le varech ou la tourbe, la Boyard maïs ou le patchouli.
Fille au pair et femme de goût
Fou de guerre et crise de nerfs
Fente à l’air et fer à frise
Fête amère et fesses à terre
Face d’olive et Frère-la-tresse
Foire festive et fier-à-bras
Farce en braille et couilles de faon
Faille au cœur et purée de caille
Fouille au corps et vice de forme
Feuille de vigne et fric en vrac
Faut filler à Flic-en-Flac
Fallait pas gifler les flics.
J’ai une fuite à mon dico
Ça fient de la page des F.
− Encore une, je peux ?
− Oui mais faites-la brève et parlez court
− Ok alors faites la moule et pas la glaire.
Excès de vit
Tess
Garde ta pou
sseT
Ça peut servi
r.
Une chose le spectateur dominé consentant aveugle repu
une autre l’acteur imposteur narcissique impacteur boulimique
et puis la scène comme une terre qui invente les désirs vite éventés par-delà les décors
et puis les corps comme un texte qui recueille le temps d’un soir et raboute des fils cassables et emmêlés pour en faire une histoire − peut-être
et le jeu des verbes qui agissent et bondissent et crissent de joie de douleur de stupeur et crient du plaisir de crier bousculant les sujets dominés dominants adjectifs enkystés
et le temps qui sursaute sans ordre et sans reliques au rythme des actes au rythme des souffles
et le tourbillon des mots qui s’affolent en des danses imponctuées pour moquer les gabions à idées et tomber les écrans sans reflets.
Tout se tient là, dehors, entre deux horizons, au théâtre peuplé de la vie et du sens
et l’on se retient pourtant dans le castel étroit de nos carcasses.
Souvent je reste là, hypnotisé, porté par son rythme sans défaut, longtemps, longtemps. Il clignote, que dis-je, il bat, il palpite comme un cœur infaillible, encore, encore. Il est là, c’est certain, fidèle, disponible, d’une patience inépuisable, que j’écrive ou n’écrive pas, métronome indulgent, il vibre, il vit, interminablement, il attend, confiant, constant, si justement constant, sur la page blanche de mon écran, plus fort que la fatigue, il se moque de l’ennui et ignore la mort, comme un pouls perpétuel, réconfortant, toujours, toujours. Ne juge pas, ne corrige pas, ne condamne pas. N’abandonne pas. Bat seulement, bat et vibre sans vaciller, jamais, jamais. Toujours à m’accompagner, toujours dans mes mots, dans mes silences, dans mes blancs, dans mes bleus, plus fiable que le retour du matin, discret dans mes retraits, modeste dans mes réveils, d’accord pour tout, le plus vil et le plus grand, l’indigent, l’exubérant, il attend et pardonne. Il attend. N’abandonne jamais, mon curseur, me précède et me suit jusque dans les plus obscurs méandres de l’insensé, jusque dans les plus infertiles déserts de l’absence. Il bat. Il bat. Il bat.
Bricole ta langue.
… ainsi l’homme serait avide parce qu’il a des mains. N’est-ce pas plutôt parce qu’il est avide que ses mains lui servent moins à caresser et offrir qu’à saisir et emporter ?
Gageons qu’une otarie dotée de bras, mains et doigts n’en continuerait pas moins à grogner paresseusement et à gaspiller son temps à manger, dormir et faire du gras et/ou du toboggan sur la banquise restante. Il est vrai que la faire jongler avec un ballon serait alors beaucoup moins spectaculaire et n’amuserait plus les enfants accompagnés de leur papa divorcé le samedi après-midi, et qu’il faudrait lui imposer quelque autre défi, la faire marcher sur un fil les yeux bandés, par exemple, ou organiser un combat avec un poulpe géant urticant...
Mailler les trois brins du scoubidou : concept jaune, métaphore bleue, farce rouge.
Il y a les livres qui braillent, il y a ceux qui bâillent ; j’aime ceux qui vous baratinent puis vous laissent en plan.
− Le pays du réel, s’il vous plaît ?
− Connais pas, essayez page suivante.
Mi-inquiète mi-intriguée par son nouveau voisin d’étal, sombre et mal rasé, Pom demanda à Coco : « comment te pèles-tu ? ».
Vous me demandez où je vais chercher tout ça. Comprenez, je ne peux répondre : un détaillant ne donne jamais l’adresse de son grossiste.
On n’écrit jamais sur une feuille blanche, et la lucidité devrait nous faire craindre davantage le copiage que le blocage.
À faire retour au-dedans pour écrire, au mieux on ment, au pire on fait du bruit.
Ensemble, quand on parle, on est seul souvent ; et seul, quand on écrit, on se retrouve parfois.
L’écriture est une course épuisante, technique et vaine, genre 3000 steeple plus que 400 m. Il faut savoir changer de rythme, tomber et se relever sans regarder ses genoux, accepter de suivre, se faire dépasser, être envié, oublié ou admiré, tourner en rond, accélérer, gagner ou rentrer seul, recommencer souvent et ne finir jamais, pleurer, inspirer fort, jouir, regarder loin devant et toujours prendre soin du sol.
Tout cela (entre autre et plus encore) n’en déplaise aux jeunes cons qui conchient les leçons, suintent le vécu et s’excitent à croire que vivre fait un livre.
N’en déplaise surtout aux vieux cons, clos et presbytes, qui se reconnaissent dans ces présumées leçons et s’énervent à répéter que vivre fausse un livre.
Enfin, je vous prie de bien vouloir, lectrice intriguée, lecteur indigné, excuser la malveillante fatuité et méprisante suffisance de cette saillie dogmatique et musculeuse, mais comprenez-moi bien, n’en déplaise aux théoriciens de l’écriture spontanée, ceci est un échauffement.
Je cours demain.
Écrire court et vivre lentement.
Il y a ceux qui écrivent et ne sont pas lus, ceux qui n’écrivent pas et ne sont pas lus non plus, ceux qui ne lisent pas, n’écrivent pas et ne sont pas là ou ne sont plus, il y a ceux qui lisent, sont là mais ne crient pas, ceux qui créent, hélas, mais ne plaisent pas, ceux qui plient, s’empalent, s’empilent et s’épilent mais n’élisent plus, ne répondent pas et ne pondent plus, ne sondent plus, n’abondent pas, émondent peu et vagabondent, il y a ceux qui grondent ou glandent, il y a ceux qui disent please, ceux qui desease, qui tease, qui lease, qui lead, ceux qui dealent, ceux qui biglent, ceux qui bisent ce qui frise et visent ce qui ride, il y a ceux qui gisent à l’aise et baisent en l’air, ceux qui gîtent avides et vite, ceux qui grisent du haut, qui givrent du bas et bavent et bandent, envient aussi, enragent, engendrent, aggravent et entrent en gare, il y a ceux qui palment mais ne crèment pas, ceux qui se pâment et se crament, ceux qui s’épousent pour du beurre et se plument le cœur, ceux qui se bourrent le mou, se fourrent le cou, se curent le groin, se grattent les coins, il y a ceux qui s’aiment au soleil, s’évadent et s’éveillent, ceux qui crèvent et râlent, ceux qui calent sur le tard, ceux qui se laquent le dard, il y a ceux qui câlinent ou calcinent ou culminent ou fulminent ou ruminent ou burinent, il y a ceux qui riment et rament en prime, ceux qui briment les mâles et ruinent les femmes, ceux qui rendent l’âme mais dament le pion aux dames bâtées, aux ânes ratés, aux nazes blâmés, aux blêmes à terme, aux ternes en berne, aux Marthe, aux Berthe, aux Béninois, aux Balinais, aux Berlinoises, Bâlois, Bernoises, Brêmois, il y a ceux qui bêlent mais sans rature, il y a ceux qui vêlent sans troncature, il y a ceux qui font des crasses, ceux qui tracent les cons, ceux qui glacent les saints, ceux qui cassent et rouillent, ceux qui paissent, passent, poussent, pansent, pressent, posent, pèsent, pestent, ceux qui pèlent du bout, ceux qui peinent debout, ceux qui neuf d’atout, ceux qui doutent, qui boudent, qui broutent, qui floutent, ceux qui percent des trous, ceux qui perlent des pieds, qui parlent du nez, ceux qui pompent du blé, trompent, tractent, crampent, craquent, troquent, calquent, talquent et traquent les Turcs, les bus, l’Étrusque, les Bruce et tous les trucs en -ruce, il y a ceux qui crissent quand ils rient, ceux qui prient quand ils pissent, ceux qui bissent quand il pleut, qui pleurent quand il meuh et puis, il y a toi.
Un livre est bon s’il réfléchit, je veux dire, comme un miroir, mais un miroir au tain brouillé, comme un livre troué qui laisse voir le réel.
Que peux-tu toi qui ne sais ?
Que sens-tu toi qui ne vois ?
Que veux-tu toi qui ne crois ?
Il existe peut-être quelque part, à l’ombre d’un blog interlope, un poète plus audacieux que les autres qui aura su écrire sur les frites froides, les pilleurs d’enfance, les collectionneurs de cartes SIM, les crises d’hémorroïdes ou les histoires sans histoire.